Locoal-Mendon

Histoire de Locoal-Mendon

Locoal-Mendon est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 3 507 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous les formes Locus Sancti Guitali en 1037; Sanctus Gudualus en 1387. Du breton lok qui signifie « ermitage » et de saint Goal, Gwal, Gurval, Gutual ou encore Gault, un ermite breton qui aurait vécu une partie de sa vie dans la lagune d’Étel, puis dans la forêt de Camors. Mendon vient des mots breton men qui signifie « pierre » et don qui signifie « profond ».

Selon N-Y Tonnerre, Mendon est un toponyme gaulois formé par le suffixe -dunum et ayant subi une évolution romane. Saint Goal ou Gudwal ou Gurval, né en Grande-Bretagne, aurait passé presque toute sa vie en Bretagne armoricaine où il aurait fondé le monastère de Locoal. Des hameaux comme Moustoir, Minihi, Locqueltas et Lapaul gardent dans leurs noms le souvenir d’anciens petits monastères ou ermitages.

Félix Gaillard décrit en 1892 les deux dolmens de Mané-er-Loh. Locoal serait issu d’un démembrement de la paroisse de Plouhinec et Mendon d’un démembrement de celle de Ploemel. Selon Amédée Guillotin de Corson, saint Goal, qui aurait été le successeur de saint Malo comme évêque d’Aleth, avant de se démettre de cette charge pour vivre un temps en ermite dans des bois aux alentours de la ville actuelle de Guer, se serait réfugié ensuite dans une île de la lagune d’Étel qui prit le nom de « Loc-Goual » (« ermitage de Goal »). Après avoir créé en ce lieu un monastère qui aurait compté 188 religieux, il se serait retiré dans la forêt de Camors où il aurait fondé un nouveau couvent appelé « Locoal-des-Bois », où il serait mort le 6 juin 628. Son corps aurait été transporté et inhumé dans l’île de Locoal (son tombeau fut retrouvé en 1878 dans l’église paroissiale de Locoal par le recteur de Locoal), avant d’être transporté (en passant par Pithiviers où ils auraient laissé un os du saint, devenu le saint patron de l’église d’Yèvre-le-Châtel sous le nom de saint Gaud ou saint Gault) en Belgique dans l’église de l’abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin (près de Gand) par des moines bretons lorsque les moines de Locoal furent chassés par les Normands. Lors des raids vikings, ses reliques auraient été transportées en Flandre avec celles d’autres saints bretons. Après sa destruction par les Vikings, le monastère de Locoal fut restauré par le vikings converti Gurki et donné à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon en 1037. Les chartes du cartulaire de Redon citent le monastère de Locoal et ses dépendances.

Ils prélevaient la dîme à la onzième gerbe. Jean-Baptiste Ogée écrit qu’en 1440 la paroisse de Mendon comptait comme maisons nobles « le Moustoir-Mendon, à Jean Calvez; Coethelin, au Doyen du Champ; Ker-riou, à Jean de Kermadiou; Menihy, à Olivier Le Venoy; Ker-louret, à Louis Redoret ». Locoal aurait abrité un établissement des Templiers, lesquels auraient été remplacés après la suppression de leur Ordre par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Depuis au moins le, mais probablement bien avant, les recteurs de Mendon étaient doyens et percevaient les revenus du doyenné de Pontbelz (anciennement Pou-Belz.), dont le siège se trouvait dans l’île de Riec’h (qui dépend de la commune de Belz) jusqu’au avant d’être transféré au bourg de Mendon. Ce doyenné comprenait 18 paroisses ou vicariat perpétuels. La paroisse de Locoal s’était divisée en au moins 4 frairies: celles de l’île de Saint-Goal, du Plec, du Minihy (qui dépendaient de la sénéchaussée d’Auray) et celle de Sainte-Hélène (dite aussi d’Hennebont, car elle dépendait de la sénéchaussée d’Hennebont). Pendant les Guerres de la Ligue, les Espagnols auraient occupé la presqu’île de Pleuc: quelques traces de leur passage, notamment des restes de fortification sur la plage et un champ, dénommé Liorh-er-Spagnol où 5 soldats espagnols auraient été enterrés. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi la paroisse de Locoal en 1778: Le même auteur décrit ainsi la paroisse de Mendon à la même date: a Constitution civile du clergé en 1791; il prit un passeport pour l’Espagne, mais resta caché dans le pays.

En 1795, à la suite du débarquement de Quiberon, une armée chouanne forte en tout d’au moins, commandée par le comte de Puisaye prit Auray; une colonne dirigée par Tinténiac occupa Landévant et une autre, forte de hommes, placée sous les ordres du comte de Vauban, stationna à Locoal-Mendon, avant d’être attaquée le 30 juin 1795 par les troupes républicaines commandées par le général Hoche. Georges Cadoudal disposait en 1796 d’une cache près de la pointe de La Forest dans l' »Île du Bonheur » (surnom alors donné à l’île de Locoal). « Sur un talus, de grandes pierres de taille en marquent l’entrée. À l’intérieur, subsiste un petit espace dans lequel on imagine des chouans tapis, préparant une embuscade. On comprend aussi comment cette cache était indétectable » et les marais, presqu’îles et îles permettaient de fuir aisément le cas échéant. C’était le poste de commandement de son quartier général; « les terres environnantes contenaient des cachettes voûtées pratiquées bien antérieurement par des contrebandiers dans l’épaisseur de larges talus » et des bateaux étaient toujours prêts pour assurer si besoin sa retraite vers Sainte-Hélène, Plouhinec, Belz ou Nostang. Dans Souvenirs de Vendée, le vicomte Walsh décrit ainsi Locoal:

Il décrit aussi une messe de Noël célébrée à Locoal en présence de Georges Cadoudal et de son état-major: « Parmi les paysans, et prosternés comme eux, on voyait Scépeaux, Dandigné, du Boisguy, de Chalus, Lemercier, Hubert et une multitude de braves. (.) Mais si tous les patauds et les bleus avaient osé venir troubler la solennité, tous ces chrétiens auraient subitement laissé là les hymnes de l’église pour faire retentir à nouveau leur cri de guerre accoutumé: « En avant! Maurice Montégut a décrit dans son roman Les épées de fer, publié en 1903 dans le journal Le Temps les raisons pour lesquelles Locoal est devenu et a pu rester un centre de chouannerie pendant longtemps: « Du côté de Locoal les troupes républicaines ne s’aventuraient jamais, ayant tout à y perdre et rien à y gagner. Il ne méritait même pas la répression; le jeu n’en valait pas la chandelle; on laissait les hameaux disséminés entre Auray et la mer s’encrasser à leur guise, ne leur demandant que le silence et l’immobilité. À ce prix, ils pouvaient garder leur bon dieu, leurs curés et crier:. Le même auteur a décrit l’arrivée et l’action des troupes républicaines lors de leur arrivée quelque temps plus tard à Locoal. Il écrit notamment: « Je vous signale [.] le hameau de Locoal comme un centre de révolte et d’insurrection persistante.

Les hommes ont gardé leurs armes, leurs munitions. Ils courent les campagnes et massacrent les républicains isolés. (.) Locoal est un centre de rébellion, un repaire de brigandage, un refuge de superstitions et d’aristocratie. Il faut nettoyer cette caverne, enfumer ces loups! C’est en 1804 que Napoléon Bonaparte décide la suppression de la commune de Locoal (effective en 1806), rattachée à celle de Mendon, en tentant de faire oublier le nom de Locoal en fusionnant cette commune avec celle de Mendon. Mais il n’avait pas pris en compte un élément essentiel dans le cas d’un regroupement de communes: l’ordre alphabétique prévaut et la commune fusionnée fut donc dénommée Locoal-Mendon. Fusionnées de force, les deux localités s’ignorèrent longtemps: les habitants de Mendon, en majorité favorables à la République, fréquentaient ceux de Landaul et de Ploemel, ceux de Locoal, de tradition royaliste, côtoyaient ceux de Sainte-Hélène. Il a fallu attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que ces frictions s’atténuent: par exemple le nom choisi en 1969 pour le bagad alors créé, Ronsed-Mor symbolise l’union entre le cheval (donc les paysans de Mendon) et la mer (les marins de Locoal).

La Restauration récompensa ses loyaux partisans, notamment par l’attribution de pensions ou de secours aux anciens militaires de l’Armée royale de l’Ouest parmi lesquels se trouvaient des hommes de Locoal-Mendon (par exemple Jean-Marie Cougoulat), chouan dans la division Cadoudal) que la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI en 1823, et la duchesse de Berry en 1828 vinrent visiter. La tradition d’insoumission aux autorités perdure, comme l’illustre pendant la monarchie de Juillet l’attaque de deux gendarmes à cheval qui conduisaient à Vannes un réfractaire de Locoal-Mendon le 1 juillet 1837 par une bonne vingtaine d’individus armés. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Locoal-Mendon en 1843: totale hectares dont (.) terres labourables ha, prés et pâturages 266 ha, bois 69 ha, vergers et jardins 50 ha, landes et incultes ha, étangs 5 ha (.). Moulins du Boscan, Vieux, du Minihy, à vent. La commune de Locoal-Mendon est entourée presque de tous côtés par des marais que la rivière d’Intel [Étel] met en communication avec l’Océan; c’est un pays peu salubre, malgré le voisinage de la mer. Une vieille route qui allait de Lorient à Vannes traverse cette commune.

Géologie: constitution granitique. L’école-mairie du bourg de Locoal-Mendon est édifiée en 1844, sur les plans de l’architecte Lussault, par un entrepreneur d’Hennebont, Jean-François Lévrard. En 1873 le journaliste Alfred d’Aunay décrit l’étang (ou lac) de Saint-Jean et les activités piscicoles et ostréicoles qu’on y développe alors: Une épidémie de dysenterie fit 55 malades (dont 14 moururent) à Locoal-Mendon en 1876. Le docteur Alfred Fouquet explique la propagation de la maladie par les conditions de vie déplorables des habitants de la région qui « ne prennent absolument aucun soin, soit de leur propreté, soit de celle de leurs maisons. Ils jettent les selles des malades devant leur porte et parfois les vident dans la maison même, au milieu des cochons et des poulets, au milieu desquels ils grouillent. (.) Ils se refusent d’ailleurs à prendre aucun médicament ». lors de la création de la Société anonyme des huîtrières du Morbihan ». La Société des huîtrières du Morbihan, créée en 1873, fut déclarée en faillite le 24 janvier 1879; plusieurs de ses responsables furent condamnés par la justice en 1882.

Le 11 août 1887, le maire, ainsi que l’adjoint spécial de la section de Locoal, furent suspendus de leurs fonctions par le préfet du Morbihan pour avoir fait inhumer à trois heures du matin, dans un coin du cimetière dit « coin des réprouvés », et malgré l’opposition de la famille, le corps d’un habitant décédé sans avoir demandé les secours de la religion et refusé sa réinhumation conformément aux prescriptions légales malgré la demande du préfet Le 25 septembre 1888 l’abbé Jérôme Kersaho, recteur de Locoal, âgé de 90 ans, fêta son jubilé pastoral: prêtre depuis 64 ans, il était à cette date à la tête de la paroisse de Locoal depuis 50 ans.  » du 31 juillet 1910 annonçant le pardon de la Saint-Éloi à Locoal-Mendon. En 1903 l’école congréganiste de filles de Locoal-Mendon fut laïcisée en vertu de la Loi sur les Associations de 1901, en raison du mauvais état de l’école existante. En 1912, les enfants de la presqu’île du Plec fréquentant l’école de Locoal obtinrent la gratuité au bac du passage du Plec. La lutte entre cléricaux et anticléricaux à Locoal-Mendon est évoquée par le journal La Calotte qui raconte que vers 1910 l’instituteur laïque de la commune fit un procès (qu’il gagna) à quelques personnes dévotes qui auraient tendu des draps un jour de Fête-Dieu sous ses fenêtres en dépit de ses protestations. Une école mixte fut construite à Locoal en 1912 Un décret du Président de la République en date du 14 juin 1911 attribue, à défaut de bureau de bienfaisance, les biens ayant appartenu à la fabrique de Locoal-Mendon et actuellement placés sous séquestre à la commune de Locoal-Mendon.

Le monument aux morts de Locoal-Mendon porte les noms de 106 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 5 sont décédés en Belgique et 6 sont morts dans les Balkans (2 en Serbie, 2 dans l’actuelle Macédoine du Nord, 1 en Turquie et 1 en Albanie); les autres sont morts sur le sol français. Ce monument aux morts fut inauguré le 8 octobre 1922 par Alphonse Rio, sous-secrétaire d’État à la Marine marchande En 1926 les trois écoles laïques de Locoal-Mendon (une de garçons et deux de filles) accueillaient seulement en tout 8 élèves encadrés par un instituteur et deux institutrices car la plupart des élèves fréquentaient les écoles privées religieuses. Une chapelle dédiée à saint Pol de Léon, puis à la Trinité, se trouvait dans le hameau de Lapaul; elle a été démolie en 1936. En février 1941 le conseil municipal de Locoal-Mendon, à l’unanimité de ses membres, vota une adresse de confiance au maréchal Pétain, lui exprimant notamment sa « pleine et entière confiance et lui exprime sa fierté de servir sous la direction d’un tel chef ». De nombreuses municipalités de France firent de même à l’époque. Le 5 août 1944, 10 planeurs en provenance d’Angleterre, atterrissaient sur la commune. Ils transportaient 10 jeeps et 30 parachutistes français du Special Air Service, c’était l’élément motorisé du de chasseurs parachutistes du commandant Pierre Bourgoin.

Ces jeeps participèrent à la libération du Morbihan. Un pilote de planeur anglais se tua à l’atterrissage. Le monument aux morts de Locoal-Mendon porte les noms de 12 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. L’un était originaire de Locoal, l’autre de Mendon.

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Population

3.507 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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