Longwy
Histoire de Longwy
Longwy est une commune de 15 191 habitants située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est, à proximité immédiate de la frontière luxembourgeoise et belge. Avant la conquête romaine, le site de Longwy et le Pays-Haut appartiennent vraisemblablement au territoire des Leuques, peuple celte établi entre les vallées de la Meuse et de la Moselle, dont la capitale se trouvait à Nasium, l’actuelle Naix-aux-Forges près de Bar-le-Duc. Le territoire leuque couvrait le sud de l’actuelle Meuse et le nord de la Meurthe-et-Moselle, jusqu’aux abords de Longwy, où il jouxtait celui des Trévires, dont le centre se trouvait autour de Trèves et du Luxembourg, et celui des Médiomatriques. Longwy se situait ainsi à un point de contact entre trois sphères celtiques majeures de la Gaule belge. Les fouilles et prospections menées autour de la cité et à Mont-Saint-Martin ont livré des tessons de céramique gauloise de l’âge du Fer final, des outils en fer et des fragments d’amphores italiques attestant des échanges commerciaux, ainsi que des nécropoles celto-romaines sur les hauteurs de la Chiers. Morfontaine présente quant à elle les vestiges probables d’un oppidum protohistorique sur le plateau dominant la vallée, signalé par le Service régional d’archéologie de Nancy bien qu’il n’ait pas été fouillé intégralement.
Ces indices montrent que le site était habité avant la conquête romaine, sans doute pour sa position stratégique: un promontoire dominant la vallée de la Chiers, au contact des voies de circulation celtiques reliant Reims, Durocortorum, à Trèves, Augusta Treverorum. Après la guerre des Gaules, entre 58 et 51 avant notre ère, le territoire leuque est intégré à la Gaule belge et entre dans la sphère culturelle gallo-romaine. Longwy, bien qu’à la marge, conserve une occupation continue avec l’implantation de villae rusticae sur les plateaux, la proximité de la voie romaine Reims-Trèves passant par Longuyon et Mont-Saint-Martin, et la présence de petits habitats gallo-romains à Réhon, Herserange et Saulnes, qui se maintiennent jusqu’à la fin de l’Empire. Selon l’Histoire de Verdun de M. Clouet, la fondation de Longwy est attribuée au duc Martin, seigneur austrasien assassiné par Ébroïn en 680.
Pendant la guerre de la première coalition, la ville assiégée se rend au duc de Brunswick sous la pression d’une population craignant les conséquences d’un bombardement. La garnison capitule après plusieurs semaines, et la ville est gravement endommagée. Cet épisode provoque la colère de la Convention nationale, qui ordonne la démolition partielle des remparts et la condamnation à mort du commandant Louis-François Lavergne-Champlorier. Après la victoire française à Valmy, la ville est reprise et de nouveau fortifiée. En 1798, la manufacture de faïence fondée dans une ancienne caserne se spécialise dans les émaux cloisonnés, qui feront la renommée artistique de Longwy au XIXe siècle. Sous Napoléon Ier, la forteresse est réparée et redevient un poste stratégique face au département des Forêts; une nouvelle poudrière et un hôpital militaire y sont ajoutés. La ville connaît alors une relative prospérité grâce à la présence des troupes et aux échanges avec l’ancien duché de Luxembourg voisin. La situation change avec la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815. Les armées alliées britanniques, prussiennes, autrichiennes et russes envahissent la France lors de la guerre de la septième coalition. Les troupes prussiennes du maréchal Blücher pénètrent en Champagne-Ardenne et en Lorraine, tandis qu’un corps allié commandé par le prince de Hesse-Hombourg, au service du roi de Prusse, reçoit l’ordre de réduire les places fortes encore tenues par les garnisons napoléoniennes, notamment Longwy, Thionville et Montmédy. Bien que la capitulation de Paris ait déjà été signée, ces garnisons refusent initialement de se rendre et attendent les ordres officiels du gouvernement provisoire. La place de Longwy est alors défendue par une petite garnison commandée par le chef de bataillon Noirot.
Patrimoine religieux
La citadelle de Longwy fait partie des fortifications de Vauban inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. La porte de France, la maison de l’Intendance, le puits de siège, l’hôtel de ville ainsi que de nombreux bastions et ouvrages sont classés au titre des monuments historiques. Les fortifications ont été construites de 1679 à 1690, la première pierre étant posée en 1680 sous l’angle du bastion 1, dit du Faubourg. À partir de 1789, le système défensif est perfectionné, mais les travaux sont inachevés au moment du siège de 1792, avec la construction d’un cavalier dans l’ouvrage à corne. Une redoute est édifiée sur le site de l’ancien château entre 1789 et 1792 pour commander la vallée de la Moulaine et les plateaux de Mexy et de Pulventeux. Le passage de la porte de France est prolongé en 1822, et des travaux de renforcement, en arrière de la demi-lune 7 et de la première porte de France, sont effectués en 1827. La porte de France est restaurée en 1856, un escalier est installé dans la gorge de la demi-lune 7 après 1870-1871, et une casemate est ajoutée en 1883. Une redoute du vieux château est améliorée en 1884, tandis qu’une autre, dite de Romain ou du bel arbre, est construite la même année sur le vieux chemin de Romain. La lunette 32, dite de Bourgogne, est détruite en 1827, et la porte de Bourgogne en 1914, avec éboulement des courtines voisines et percement d’une route dans le bastion du Bourg entre 1920 et 1926. Les parties non classées sont démolies entre 1921 et 1926 puis en 1953-1954 pour permettre l’extension de la ville, et l’ouvrage à corne ainsi que la lunette 35 du fort de Bitche sont détruits en 1958.