Louviers

Histoire de Louviers

Louviers est une commune de 18 350 habitants située dans le département de l’Eure, en région Normandie, sur le cours de l’Eure. Le toponyme est attesté de très bonne heure, sous la forme Locos veteres dans les annales de Saint-Bertin, puis Loviers vers 980 dans une charte de Richard Sans Peur, Lotvers en 1025, Lonviers et Loviers en 1195 dans une charte de Richard Cœur de Lion, Lowiers et Louvers en 1197, Locvies à la fin du même siècle, Locus Veris en 1208 ou encore Loviers le Franc en 1441 dans des lettres patentes de Charles VII. Les hypothèses étymologiques anciennes, qui tiraient le nom de Locus veteris « lieu ancien » ou de Locus veris « lieu du printemps », ne sont pas retenues par les linguistes: la forme Lotvers est difficilement compatible avec ces dérivations, et la terminaison -iers n’a pas pu provenir du suffixe -aria, qui aurait donné -ière en français. La filiation la plus crédible rapproche Louviers d’autres formations en -viers attestées au nord de la France, comme Reviers en Normandie, Grand-Laviers en Picardie ou Verviers en Belgique.

Les vestiges archéologiques découverts sur le territoire communal témoignent d’une occupation humaine continue: pierres taillées du Paléolithique, fragments d’une défense de mammouth, menhir de la Basse Crémonville, tombeau néolithique, armes, vases et outils de pierre ou de bronze sont aujourd’hui conservés au musée municipal. La période gauloise n’a laissé qu’une sépulture celtique mise au jour en 1863 contre le mur de l’église Notre-Dame, et quelques pièces de monnaie. Le Louviers gallo-romain est mieux documenté: le berceau de la cité se trouvait probablement sur la colline du Châtel, avant qu’une agglomération secondaire ne se développe à l’emplacement du centre actuel, le long d’un axe routier nord-sud parallèle à l’Eure. Une activité métallurgique continue depuis la fin de l’âge du Fer marquait la limite nord de l’agglomération, et une nécropole a été repérée rue des Pompiers et des Mûriers. Sous les Mérovingiens, la ville comptait au moins deux cimetières.

L’histoire écrite débute réellement au IXe siècle. Le roi de Francie occidentale arrange en 856 les fiançailles de son fils, futur souverain, avec une fille du roi breton Erispoë, qui lui concède le duché du Mans; cet arrangement, mal accueilli par les vassaux bretons, contribuera au mécontentement qui aboutit à la mort d’Erispoë l’année suivante. En 965, le duc de Normandie cède « les églises de Louviers et Pinterville, les pêcheries des moulins de Louviers et quarante sols de rente sur ces moulins » à l’abbaye Saint-Taurin nouvellement fondée à Évreux: c’est la première mention de Louviers dans un acte officiel. Cette donation est confirmée en 1026. Les moulins du roi brûlent en 1184 puis sont reconstruits, et Richard Cœur de Lion confirme la charte de ses prédécesseurs en 1195. L’année suivante, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion signent à Louviers la trêve qui ratifie la paix d’Issoudun. En 1197, Richard remet la ville à l’archevêque de Rouen Gautier de Coutances, en échange d’Andeli, afin de pouvoir édifier Château-Gaillard; à partir de cette date et jusqu’à la Révolution, les archevêques de Rouen porteront le titre de comtes de Louviers. L’église Notre-Dame est édifiée durant les premières années du XIIIe siècle; dès 1240, son chœur, sa nef et son transept surmonté d’une tour-lanterne sont achevés. La prospérité de la ville croît jusqu’au milieu du XIVe siècle grâce à l’industrie drapière, et la population dépasse peut-être les dix mille habitants. Cette richesse permet la construction d’un manoir épiscopal sur le Châtel et de demeures en pierre pour les maîtres drapiers. La ville est prise et pillée en 1356 puis occupée pendant quatre ans, jusqu’à ce que le Prince Noir ratifie en 1360, au nom de son père, le traité libérant Jean II le Bon. En 1364, les Lovériens obtiennent l’autorisation de fortifier les remparts. De 1379 à 1385, l’église est réparée, ses voûtes sont surélevées et son clocher reçoit une flèche de cinquante mètres qui sera admirée pendant trois siècles. Cette industrie drapière, qui structure l’économie urbaine, alimente également la commande artistique et les fondations religieuses, tandis que la condition de comté ecclésiastique tenu par les archevêques de Rouen confère à Louviers un statut particulier dans la province normande.

Patrimoine religieux

Le patrimoine bâti lovérien a fortement souffert des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs édifices ont néanmoins subsisté, dont un hôtel particulier où Napoléon III séjourna brièvement, et l’église Notre-Dame conserve son caractère gothique malgré les épreuves traversées par la cité. L’édifice, dont les parties essentielles, chœur, nef et transept surmonté d’une tour-lanterne, étaient achevées dès 1240, demeure le principal témoin de la prospérité médiévale de Louviers, alimentée par le commerce du drap et par la position de la cité sur l’Eure. Le rattachement de la ville et de ses moulins à l’abbaye Saint-Taurin d’Évreux en 965, puis la possession des comtés par les archevêques de Rouen à partir de 1197, ont durablement orienté la vie ecclésiastique locale et conditionné les liens entre la paroisse, l’épiscopat et le pouvoir royal.

Informations Clés

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Population

18.350 habitants

Région

Normandie

Département

Eure
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