Louvigné-de-Bais
Histoire de Louvigné-de-Bais
Louvigné-de-Bais est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 1 887 habitants. Louvigné: Attesté sous les formes en 1158, Lovigneium en 1170, Lupiniacum prope Baiscum en 1516, Loupvigné. Louvigné est issu du gallo-romain Lupinius et du suffixe acum (« domaine de »), altéré ultérieurement en gné. Bais: Attesté sous la forme Bediscum en 889.
Bais vient semble-t-il d’un dérivé du mot abbaye, du gaulois bedo- (fosse) ou betu- (bouleau), et suffixe ligure –iscum.
Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1160, Étienne, évêque de Rennes, donne aux moines de l’abbaye de Marmoutier la présentation de l’église de Louvigné, et la moitié des revenus de cette église, excepté ce qui revenait des confessions et des baptêmes. Cette donation fut confirmée en 1158 par Josse, archevêque de Tours, en 1171 et 1181 par Étienne et Philippe, évêques de Rennes, et en 1185 par le pape Luce III. « Le 2 juillet 1490, la duchesse Anne de Bretagne donna commission à Gilles de Coëtlogon,seigneur de Mejusseaume, et son chambellan, de faire couler les eaux des étangs qui environnaient le château de Saudecourt, dont les Français voulaient s’emparer, parce qu’ils avaient dessein de faire un camp dans les environs; mais, par le moyen de cet écoulement, il ne fut pas possible à l’ennemi d’en approcher ». Saudecourt était un château qui était la principale seigneurie de la paroisse: en 1477 le duc de Bretagne permit au seigneur de Saudecourt de rétablir « sa justice patibulaire, carrée et gibet à quatre pots ». Cette seigneurie disposait donc des droits de haute, moyenne et basse justice, dont dépendait alors un certain nombre de métairies et de moulins en Louvigné, Bais, Piré, Chaumeré et Domagné. Des lettres patentes en date du 14 février 1548 précisent que le seigneur de Saudecourt est « seigneur fondateur de l’église de Louvigné», ce que le seigneur de Fouesnel, qui le contestait, est contraint de reconnaître le 24 février 1657. À partir de 1495 (cette année-là, André de Poix, seigneur de Saint-Romand et de Lié, épousa Jeanne Le Vayer, dame de Fouesnel), la famille de Poix posséda la seigneurie de Fouesnel; successivement Michel de Poix (marié avec Renée du Hallay, puis Catherine du Han), Christophe de Poix (qui épousa vers 1560 Michelle Le Sénéchal, dame de La Valette), René de Poix, Renaud de Poix (mort à Fouesnel en 1669), Gilles de Poix (aussi seigneur de la Massais, en Guichen) en furent les seigneurs, avant que la seigneurie ne passe en 1704 aux mains de René-François de Visdelou, seigneur de Bienassis et conseiller au Parlement de Bretagne, en raison de son mariage en 1704 avec Marguerite-Isis de Poix, fille de Gilles de Poix. Le seigneur de Fouesnel avait sa propre chapelle dans l’église de Louvigné, dans laquelle se trouvait l’autel du Rosaire et un enfeu dans lequel furent inhumés Renaud de Poix en 1669 et son épouse Marie d’Espinose en 1693.
Les seigneurs de la Touche disposaient aussi d’un enfeu dans l’église de Louvigné, dans lequel on déposa les corps de René Busnel, seigneur de la Touche, en 1726, et de son épouse Anne de L’Espinay en 1749 a décrit dans un long article la paroisse et l’église de Louvigné-de-Bais entre 1536 et 1563. En 1589, des habitants de 53 paroisses de la baronnie de Vitré participèrent, au côté des troupes du duc de Mercœur, au siège de Vitré, alors une place-forte calviniste. Parmi eux, Guillaume Layer, marchand de toiles à Louvigné-de-Bais. En mars 1604, Henri IV accordait à Charles d’Épinay (le marquisat d’Épinay se trouvait en Champeaux) des lettres patentes portant union de la terres de Saudecourt en Louvigné-de-Bais, à son marquisat. Vers 1680, le duc de La Trémoille, ou plus probablement son fils Louis Maurice de La Trémoille, vend le fief de Chaumeré, qui dépendait de la terre de Saudecourt, à Christophe de Rosnyvinen, seigneur de Piré. Un chemin des saulniers (emprunté par les faux-sauniers pratiquant la contrebande du sel entre la Bretagne et le Maine, pays de gabelle, passe à la limite des communes de Veneffles (désormais annexée par la commune de Châteaugiron) et d’Ossé avec celles de Chaumeré (désormais annexée par la commune de Domagné) et Saint-Aubin-du-Pavail, puis, après avoir traversé Domagné, passe à la limite de celle de Cornillé avec celles de Torcé et Louvigné-de-Bais avant de rejoindre, via Étrelles et Argentré-du-Plessis, Le Pertre. Ce chemin des saulniers est d’origine ancienne, c’est probablement une ancienne voie romaine; son tracé se lit encore très bien sur une carte, empruntant successivement de l’ouest vers l’est des tronçons des routes départementales D 93, D 104, D 35, à nouveau D 104 et enfin D 33. Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, l’église était desservie par des prêtres séculiers et non plus par des bénédictins.
Le recteur percevait le tiers des dîmes, la fabrique un tiers, le dernier tiers étant versé aux bénédictins de Vitré, qui dépendait de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes. Le territoire est un pays plat et couvert de bois et buissons, où l’on trouve des terres bien cultivées et abondantes en grains. (.) Fouesnel, haute, moyenne et basse justice à M. de Piré; la Touche, moyenne et basse justice, à M. Hyacinthe Porteu de la Morandière, procureur fiscal de la baronnie de Vitré, fut l’un des signataires du cahier de doléances rédigé dans la sacristie de Louvigné-de-Bais en 1789. Charles-Anne Gobil de Villeray, recteur de Louvigné-de-Bais depuis 1757, prêta serment de fidélité à la Constitution civile du clergé en 1791, devenant donc prêtre assermenté, mais se rétracta en 1796. Pierre Bouthemy, chapelain de Fouesnel (en Louvigné-de-Bais), recteur de La Valette en 1783, de Piré en 1787, fut prêtre insermenté en 1791, incarcéré à la prison Saint-Melaine de Rennes en 1792, s’exila à Jersey, puis fut nommé en 1803 recteur de Vergéal. La population de la commune était, paraît-il, favorable aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur.
La principale fête révolutionnaire est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795. À la suite de la prise de pouvoir de, ce serment a disparu en 1802 et sur les ordres du Consulat, fut remplacé par un serment de fidélité à la Constitution. Jean-Baptiste Dubourdieu, nommé recteur de Louvigné-de-Bais en 1804, avait auparavant émigré en Espagne en 1792. Il fut nommé chapelain des Ursulines de Vitré en 1819 et mourut en 1849. Un soldat originaire de Louvigné-de-Bais, Guy Raymond Baron, est décédé des suites de ses blessures sur le champ de bataille de Blida le 26 novembre 1830 dans le cadre de la conquête de l’Algérie par la France. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Louvigné-de-Bais en 1843 Isidore Bourgine engagé volontaire en 1855, lieutenant en 1870, prisonnier de guerre en Allemagne, capitaine en 1879, fut décoré de la Légion d’honneur en 1881. La chapelle du couvent des Filles de la Sagesse fut bénite le 29 juin 1870 par le recteur M.
Gilliéron décrivit le patois (le gallo) parlé à Louvigné-de-Bais en 1887. En 1902, Louvigné-de-Bais recherchait un médecin-pharmacien grâce à une petite annonce parue dans le journal L’Ouest-Éclair, avançant notamment comme arguments l’absence de médecin dans les communes limitrophes, la ligne de tramway allant de Rennes à La Guerche, alors en construction (il fut mis en service en juin 1904) et le fait que la commune était un « pays riche ». Le détour de trajet de la ligne de tramway afin de la faire passer par Louvigné-de-Bais, au prix d’un allongement de parcours par rapport au trajet direct Rennes-La Guerche, suscita une polémique, mais fut obtenu. Ernest Perrel, fils d’un ancien maire de Louvigné-de-Bais, cultivateur à la Croix-Méance, fut tué par un voyageur inconnu à qui il refusait l’hospitalité le 28 avril 1906. Le dimanche 24 septembre 1911 furent inaugurés l’école publique et la mairie de Louvigné-de-Bais. Le monument aux morts de Louvigné-de-Bais porte les noms de 52 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; si la plupart sont décédés sur le sol français (par exemple Gabriel Venisse et son frère Joseph Venisse, Ernest Douin et son frère Théophile Douin, Marie Joseph Batais et son frère Pierre Batais, Jean-Marie Neveu, etc.), quelques-uns (par exemple Augustin Baganier, François Davenel, Edmond Mazéas) sont décédés en Belgique dès l’année 1914; Henri Halleux est décédé en Macédoine dans le cadre de l’expédition de Salonique en 1917. Isidore Taupin a été décoré de la croix de guerre. En 1923, l’école publique de filles était fréquentée par trois élèves alors que l’école privée catholique de filles en avait 62 d’inscrites.
Le patronage catholique « Jeanne d’Arc » fut très actif pendant l’Entre-deux-guerres, faisant pratiquer notamment à ses membres théâtre et gymnastique et disposant d’une fanfare. Une amicale laïque existait également. Une fête locale était alors organisée chaque année au mois de septembre (des photos de celle organisée en 1931 ont été publiées dans le journal L’Ouest-Éclair), celle de 1937 étant particulièrement réussie si l’on en croit le même journal. En 1929, une vive polémique éclate entre un journaliste du journal L’Ouest-Éclair, Paul Loury, qui a critiqué vivement dans un article de son journal le maire de Louvigné-de-Bais, François Poirier, et ce dernier qui obtint un droit de réponse dans ledit journal. La nouvelle auto-pompe des pompiers de Louvigné-de-Bais fut inaugurée le dimanche 26 octobre 1930; surnommée « Maryvonne », elle devint vite célèbre dans la région. Des accidents survenaient périodiquement dans la carrière de Louvigné-de-Bais, qui était déjà en exploitation, par exemple en 1932. En 1933, le chemin de grande communication est bitumé dans la traversée de Louvigné-de-Bais, ainsi que la route nationale 777 entre Louvigné-de-Bais et Piré-sur-Seiche. Les religieuses de l’ordre des Filles de la Sagesse, qui tenaient un hospice à Louvigné-de-Bais depuis environ 200 ans, quittèrent la commune en 1933.
Une nouvelle école privée catholique de garçons, l’école Saint-Paterne, fut inaugurée le 22 septembre 1934 en présence de Mignen, archevêque de Rennes. Francis Porteu de la Morandière (fils d’Armand Porteu de la Morandière, qui fut député et préfet, et frère d’André Porteu de la Morandière, qui fut lui aussi député), capitaine et décoré de la Légion d’honneur et de la croix de guerre, décéda à Louvigné-de-Bais le 3 février 1933. Le domaine de la Morandière, contenant « château, dépendances importantes, trois fermes y attenant, diverses pièces de terre, carrière en exploitation, moulin, étang », fut mis en vente en 1934. Il est acheté par la famille Amyot d’Inville en 1936. Le monument aux morts de Louvigné-de-Bais porte les noms de 5 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi eux les trois frères Gérald, Hubert et Jacques Amyot d’Inville ainsi que A. Lebreton, décédé en 1941 en Allemagne et V. Roussigné, décédé en 1940, dans le couvent des Filles de la Sagesse. Le 9, l’aspirant Jean Bosq, de la 2e division blindée du général Leclerc, a été tué au lieu-dit la Doubrie.
Une stèle, à l’origine située sur la commune de Louvigné-de-Bais, mais actuellement située sur la commune de Cornillé a été érigée en souvenir. Il a été enterré dans le carré militaire du cimetière de Vitré.
Patrimoine religieux
La commune compte deux monuments historiques