Luc-sur-Mer
Histoire de Luc-sur-Mer
Luc-sur-Mer est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 3 268 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Lu en 1077 (charte de Saint-Étienne), Luques en 1675 (carte de Petite). Ce toponyme serait issu de l’ancien français, « bois », attesté sous la forme luz, terme issu du latin lucus, « bois sacré ».
Luc-sur-Mer a connu une occupation humaine dès le Néolithique, ainsi qu’en atteste le mobilier trouvé dans les deux premières décennies du par Edmond Hue, ancien maire de la commune et fondateur de la Société Préhistorique Française, dans le cadre de ses recherches le long du vallon du ruisseau du Luc: couteaux, lames, grattoirs, percuteurs et pierres de jet. De petite taille et très retouchés, ces outils préhistoriques témoignent, selon leur inventeur, de la rareté de la matière première (silex) sur le bord de mer. Il est vraisemblable que Luc fut un centre important d’occupation à l’époque romaine et Edmond Hue a mis au jour en 1905 un four à briques sur une coupe de la falaise à l’est de la Brèche du Corps de Garde. Une nécropole mérovingienne a été découverte en, rue du Parc, comportant plusieurs sarcophages de pierre Aux, Luc est une commune habitée par des cultivateurs et par des marins-pêcheurs et leurs matelots, ainsi qu’en témoigne la Monographie communale rédigée par l’instituteur de Luc-sur-Mer dans la dernière décennie. Réputée pour la fertilité de ses sols légèrement siliceux, que les engrais maritimes récoltés sur le rivage viennent enrichir, la commune pratique la culture maraichère et compte agricoles à la fin.
Les propriétés, très morcelées, sont de petite taille, atteignant à peine pour les plus importantes. Au milieu du, l’activité de la pêche bat son plein, avec près de se livrant à la pêche au maquereau et au hareng. Les opérations de saurissage et de salaison qui en découlent occupent plus de. À cette période d’apogée, Luc compte d’environ qui emploient d’équipage pour le trafic avec le port du Havre, principal débouché de la pêche lutine. Le fut créée à Luc une manufacture de dentelles, placée sous la direction de deux institutrices, que devaient fréquenter toutes les filles de la commune pour y apprendre à lire, à écrire et à filer de la dentelle. En 1836, la commune compte et fileuses.
Au recensement de 1901, les dentellières et fileuses ont disparu. Durant le, Luc a participé à la défense côtière du Calvados. S’y trouvait en effet une redoute, dénommée le Fort de la Vigie, qui sera détruite en 1884. Cette redoute repoussa les assauts des Anglais de 1807 à 1815 mais fut impuissante face aux Prussiens qui réussirent à débarquer le et ne reprirent la mer qu’en. Bien que située sur un terrain plat bien aéré, la commune sera ravagée par deux fois par le choléra, en 1832 et en 1849. Le village, à dominante agricole, se développe dans les terres à l’écart du littoral (actuel vieux Luc), à l’exception du hameau du Petit Enfer.
À partir des années 1840, la mode des bains de mer se développe, ce qui fait de Luc la doyenne des stations balnéaires de la Côte de Nacre. Toutefois, Luc était fréquenté par l’aristocratie parisienne, les artistes et les familles anglaises dès 1820, qui le préférait à Dieppe, réservée aux bourgeois. Ce serait à George Brummel que Luc doit son premier établissement de bains chauds et de varech frais, fondé en 1859, en annexe au premier casino. La station balnéaire avait alors pour slogan À partir de 1875, Luc est connecté au réseau de chemin de fer par la ligne de Caen à la mer, qui part de la gare Saint-Martin au centre de Caen. Cette ligne est fermée au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Le matin du, un douanier découvre sur les rivages de la côte de Nacre, à l’endroit dit la « Brèche du Moulin », une baleine (rorqual commun) de quarante tonnes et longue de dix-neuf mètres, qui s’était échouée pendant la nuit, sans doute victime d’une collision avec un navire. Dépecée et transportée à Caen, étudiée par le professeur Yves Delage, son squelette ne reviendra qu’en 1937 à la commune, qui le place sous un abri construit dans le parc municipal. La plage de Luc fait partie de Sword Beach, mais les récifs côtiers gênant le débarquement, l’essentiel des troupes affectées à Sword débarquera vers la Brèche d’Hermanville. En 1945, avec l’arrivée massive de Caennais sinistrés, la commune voit sa population doubler.