Luzarches

Histoire de Luzarches

Luzarches est une commune de Val-d’Oise, en Île-de-France, qui compte 4 867 habitants. Luzarches est l’unique commune de ce nom en France. Le toponyme a évolué ainsi: en 680, Luzarca en 692.

Luzarches fut un bourg d’une certaine importance, tirant sa prospérité du passage de la grande route Paris – Amiens. Dès la deuxième moitié du XIXe siècle toutefois, l’avènement du chemin de fer changea la donne; les routes perdant leur importance pour le transport longue distance. Luzarches n’obtint le raccordement au réseau ferroviaire qu’en date du 1, moyennant une antenne en impasse, sans desserte efficace vers Paris. De ce fait, la commune ne fut pas choisie comme lieu de résidence par les nombreux Parisiens et habitants de la petite banlieue s’installant progressivement à la campagne. Luzarches a donc connu un développement mesuré et a ainsi préservé son caractère de bourg rural. La densité des monuments mégalithiques dans les environs de Luzarches, telle que l’on pouvait encore la constater dans la première moitié du XIXe siècle, permet de conclure que la population y était non négligeable au Néolithique. Les témoignages de cette culture ont ensuite disparu de la commune de Luzarches. Pendant l’âge du bronze (soit de à 700 av.

J.-C.), le site de Luzarches fut également peuplé, comme nous le savons par une cachette de fondeur de bronze découverte par hasard vers 1850. Le second âge du fer voit l’avènement celtique avec la civilisation de la Tène. Les Parisii, peuple gaulois, s’installent dans le nord-est de l’actuel Val-d’Oise. On suppose qu’au moins un oppidum fut érigé à Luzarches. Pour l’époque du règne de Jules César, nous avons la certitude que le site du bourg actuel de Luzarches fut peuplé. Un camp militaire ou castrum fut établi sur la butte de Saint-Côme, dont les anciennes limites furent encore visibles vers le milieu du XIXe siècle. En 1863, plusieurs tombes romaines y ont été découvertes, avec des débris de plusieurs objets permettant une datation du de notre ère. En 1980, quatre villae furent découvertes autour de Luzarches, dont une, située à Hérivaux, a été systématiquement fouillée: les résultats témoignent de la prospérité des habitants.

À l’époque mérovingienne, Luzarches fut apparemment l’une des nombreuses possessions royales, et lors de leur passage, les rois y rendaient la justice. Un acte de du établi à cette occasion mentionne pour la première fois Lusarca explicitement. Il reste incertain si Lusarca désignait un lieu-dit ou un village. Des fouilles près du hameau de Thimécourt en mettant au jour un ensemble de cent quarante tombes mérovingiennes appuient l’hypothèse de l’existence d’un village, qui reste toutefois incertaine jusqu’à la mention de l’église en 775. Pratiquement aucun élément de l’histoire de Luzarches n’est connu de la fin du jusqu’au milieu du, quand, en 1054, le comté de Clermont est érigé. Le premier comte de Clermont se nommait Renaud (Raredus) et fut le premier seigneur de Luzarches dont l’identité nous est connue. Le chœur de l’église actuelle date de cette période. En 1140, Ascelin, seigneur de Marly, fonde l’abbaye d’Hérivaux, qui allait devenir une paroisse indépendante au siècle suivant et n’avait que peu de liens avec Luzarches.

Alice, « dame de Luzarches », signe un acte en 1177 qui parle d’un tonlieu à Luzarches, premier indice de l’existence d’un marché. Le seigneur de Beaumont fait construire la collégiale dans l’enceinte de son château d’En-Haut, sur la butte Saint-Côme et améliore les fortifications du château. C’est la famille des Bouteiller qui fait vraisemblablement construire le « château d’En-Bas », ou « château de la Motte », et qui fut achevé au plus tard en 1220. Il est possible que Luzarches bénéficie du régime communal, que le comte de Beaumont avait établi dans sa ville de Beaumont-sur-Oise. La justice concernant les nobles se rendait au château d’En-Bas, et celle pour les autres personnes au château d’En-Haut. Luzarches fut équipé d’un Hôtel-dieu et d’une léproserie. En 1251, la famille de Clermont s’éteint. Barthélemy de Beaumont est le premier seigneur du lieu à s’appeler de Luzarches, en 1288.

La famille des Bouteiller disparaît de Luzarches quand les héritiers d’Ansel le Bouteiller (1309) vendent leurs parts, vers 1310. En ce début du, des abus de droits féodaux deviennent fréquents. Puis, Luzarches est dévastée pendant la guerre de Cent Ans, vers 1347 et 1358. Un Jean de Beaumont sera le dernier représentant de cette famille sur place, et il vend sa moitié de la seigneurie à Louis, futur duc d’Orléans en 1391. Son fils Charles d’Orléans est emprisonné en Angleterre à la suite de la bataille d’Azincourt, en 1415. Libéré en 1440, il donne à sa sœur Marguerite ses possessions de Luzarches, et sa fille les apportera en dot lors de son mariage avec le prince d’Orange vers le milieu. C’est ainsi que cette importante famille devient présente à Luzarches. Comme un acte de 1385 le précise, des marchés ont lieu tous les mardis et vendredis, et des foires deux fois par an.

Dans cette période d’interruption de la guerre de Cent ans, sous l’impression des dommages subis, Luzarches est apparemment équipé de remparts, avec quatre portes: porte des Viviers (vers Paris), porte de Creil, porte de Meaux et porte Vivien. Des personnages importants font étape à Luzarches lors de leurs voyages entre Paris et le nord de la France, tel que le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, au moins cinq fois entre 1392 et 1399. Luzarches reste globalement une cité prospère à la fin du, qui tirent toujours une large partie de ses revenus du commerce. Le fossé est grand entre les bourgeois et marchands d’une part, et la majorité de la population, vivant en pauvreté, d’autre part. Par contre, le milieu du siècle suivant est caractérisé par la misère; la population est décimée et les champs restent souvent en friche. Luzarches est devenue pauvre et dépeuplé, les habitants ne peuvent plus tenir profit du commerce qui se déroule par la grande route, ni payer les rentes et taxes. En 1492, Marc de Cenesme, d’une famille de banquiers originaire de Lucques, devient le nouveau seigneur du château de la Motte. Huit ans plus tard, il achète également la seigneurie du château d’En-Haut, et devient ainsi l’unique seigneur du bourg de Luzarches; quatre cents ans de partage entre deux voire trois seigneurs prennent fin.

vers 1780: l’on reconnaît la position des différents hameaux, châteaux et fermes seigneuriales situés sur le territoire de l’actuelle commune, ainsi que la maladrerie Saint-Lazare. Vers 1510, Luzarches s’est rattrapé des suites de la guerre de Cent ans et compte environ, c’est de nouveau une ville florissante. Jean de Cenesme devient chevalier et commissaire général de l’artillerie. Il fait rebâtir le portail de l’église, dans le style de la Renaissance, et reconstruire le château de la Motte qui devient le château principal. Vers la fin du siècle, le château d’En-Haut est partiellement détruit pendant les guerres de religion et transformé en ferme. Jusqu’à la Révolution française, deux propriétaires se partagent la seigneurie à parts égales, la seigneurie restant officiellement indivise comme du temps des Cenesme. Les transferts des propriétés s’opèrent d’abord uniquement par voie d’héritage. Puis les deux parts sont vendues au Grand Condé en 1646, respectivement à Édouard-Jean Molé, seigneur de Champlâtreux et maître des requêtes, en 1654.

Tous les seigneurs de Luzarches jusqu’en 1789 seront des Bourbon-Condé et des Molé. Mais la paix est perturbée plusieurs fois à partir du milieu du siècle, avec cantonnement de soldats dans la ville; un seigneur de Luzarches est par ailleurs en personne l’un des principaux acteurs de la fronde entre 1648 et 1653, il s’agit du Grand Condé. Peu avant la Révolution, la superficie de la paroisse de Luzarches de lors qui correspond à peu près à la commune actuelle (21,18. À la Révolution, Luzarches est sujet aux mêmes phénomènes de société que la plupart des autres localités, et des arrestations ont lieu. Luzarches devient chef-lieu de canton du district de Gonesse, puis de l’arrondissement de Pontoise, dans le département de Seine-et-Oise. L’église paroissiale est exemptée de la vente comme bien national, servant de temple de la Raison. À l’aube du XIXe siècle, Luzarches est l’un des chefs-lieux de canton les plus populeux du département de Seine-et-Oise, disposant d’un certain nombre d’équipements caractéristiques d’une ville, et restant un lieu de foires. L’industrie naissante est présente sous la forme d’une filature de coton et d’une manufacture de toile.

L’eau potable et l’éducation sont les préoccupations du moment. Seule la fontaine de Roquemont, en dehors de la ville, livre de l’eau de bonne qualité. Les habitants qui vivent éloignés de cette fontaine sont sujets à des maladies car consommant de l’eau impure. Mais l’adduction de l’eau vers un certain nombre de bornes-fontaines n’est obtenue qu’autour de 1900. Dans un premier temps, l’école des garçons se tient au presbytère, et l’école des filles au sein de l’hôpital. La construction d’une première maison d’école est entamée en 1839, rue Bonnet. L’abbé Soret fonde un orphelinat en 1851, financé par les moyens personnels du curé et par des dons. L’éclairage public est instauré progressivement, avec parcimonie, à partir de 1860.

Un nouvel hôpital est inauguré rue Bonnet en 1865-66. La création d’une petite bibliothèque en 1872 dans l’école de 1839, gérée par un instituteur, était la conséquence du constat qu’arrivés à l’âge de 20-25 ans, la plupart des adultes ayant quitté l’école à douze ans avait déjà désappris ce qu’on leur avait appris. Outre les deux manufactures déjà mentionnées, l’industrialisation n’a jamais vraiment touché Luzarches. Beaucoup de Luzarchois étaient journaliers ou artisans, vivant des fournitures pour l’agriculture et du bâtiment. Des métiers caractéristiques des villes étaient également représentés, indices de la présence d’une classe aisée dans la commune: boulanger, pâtissier, boucher, tailleur, marchand d’épices etc. Les petites industries domestiques présentes à Luzarches furent la vannerie et la dentellerie; un jardin public sera aménagé plus tard près de l’église. Durant le siège de Paris en 1870-1871, Luzarches est occupée par les troupes prussiennes. Dans la nuit 18 au 19 novembre 1870 le ballon monté Général-Uhrich s’envole de nuit de la gare du Nord et termine sa course, au petit matin à Luzarches, après avoir parcouru en de vol.

Environ quatre semaines après avoir éclaté, la Première Guerre mondiale atteint le nord de l’Île-de-France le 1 septembre 1914. Une stèle commémore cet événement. Pour soigner les blessés de guerre, l’Association des Dames Françaises ouvre un hôpital en haut de la rue Saint-Côme, entretenant des rapports étroits avec le « Scottish Women’s Hospital » à Royaumont. Le 9 mars 1916, cet hôpital est transféré au château de Chauvigny, sur la commune de Luzarches, dénommé alors hôpital auxiliaire 507. Des combats aériens ont parfois lieu au-dessus de Luzarches, notamment début 1918. Au total, soixante-trois soldats luzarchois sont morts pour la France, dont le souvenir est honoré par le monument aux morts. En 1926, le premier lotissement est créé à Luzarches. Trois ans plus tard, la construction de l’école des filles, envisagée initialement pour 1914, est enfin entamée; elle sert actuellement de maison des associations.

Les années 1930 sont une période de stagnation économique pour Luzarches, qui perd un huitième de sa population. La phase active de la Seconde Guerre mondiale commence dans l’arrondissement par le bombardement de Pontoise, le 11 mai 1940. Des batteries et projecteurs de la DCA (Défense contre les aéronefs) sont installés au hameau de la Biche, sur la commune de Luzarches, puis à d’autres endroits. Les Allemands attaquent par la voie de l’air uniquement. Depuis le front de l’est, les troupes françaises battent rapidement en retraite et ne sont stationnées à Luzarches que pendant deux jours, l’avancée des troupes ennemies ne cessant de continuer. Ensuite, ce fut l’exode d’une grande partie de la population devant l’invasion allemande, à partir du 11 mai; cependant, avec l’encombrement des routes, il fut difficile d’avancer et entre-temps, les Allemands arrivaient aussi à la ligne de la Loire, et la plupart des fugitifs rentrèrent chez eux. Ce fut le début de l’occupation, s’installant entre le 17 et 25 juin. Un groupe de résistants FFI s’organise à Luzarches, constitué de quinze hommes et de trois femmes, affiliés par la suite à Libération-Nord.

Ce groupe se rallie ultérieurement au maquis de Ronquerolles de Philippe Viannay. Son chef local, Édouard Laval, est arrêté le juin 1944, relevé par Jean-William Lapierre. Mais le 19 juin, le réseau est éventé par l’ennemi; dix-sept résistants sont arrêtés dont onze fusillés à L’Isle-Adam. Les rescapés parviennent à réformer un réseau par la suite. Dans les années 1950, Luzarches ne possède toujours pas d’établissement d’enseignement secondaire. Pour la rentrée scolaire de 1959, des classes de cinquième et de sixième sont ouvertes provisoirement. La construction du groupe scolaire rue des Selliers débute simultanément, pour une ouverture en 1961. Dans un premier temps, cet actuel collège accueille également l’école primaire des garçons, l’ancienne école des garçons rue Bonnet devenant école maternelle des filles.

Deux ans plus tard, une première classe de lycée est ouverte. Entre 1964 et 1970, trente-cinq classes sont progressivement ouvertes dans des pavillons préfabriqués. Cette solution provisoire perdure longtemps; un premier bâtiment solide du début des années 1970 n’accueille que peu de classes, et le lycée définitif n’ouvre qu’entre 1980 et 1986. Avec l’augmentation du nombre de ses habitants dans la période de 1970 à 1999, la commune se dote de nouveaux équipements, dont notamment une station d’épuration, d’une maison de retraite en remplacement de l’hospice, d’une halte-garderie avec crèche, d’une salle polyvalente, d’une maison des associations (dans l’école des filles d’avant-guerre), et d’une bibliothèque.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

4.867 habitants

Région

Île-de-France

Département

Val-d'Oise
(95)

Trouver une église à Luzarches

Recherche
No data was found