Malestroit
Histoire de Malestroit
Malestroit est une commune du Morbihan, dans la région Bretagne, qui compte 2 509 habitants. Son nom est attesté sous les formes Malestrictum, Malertritus en 1127, Malestret en 1331, Maletroit en 1464, Malestroict en 1477 et Malestroit en 1481. Le nom apparaît en 1131 sous la forme du latin médiéval Malestrictum et signifie « mauvais défilé », allusion topographique à la configuration accidentée du site. En gallo, langue d’oïl locale, le nom de la localité a été rapporté par Henri-François Buffet sous la forme Maltreu dans son ouvrage de 1954, et également sous les formes Maltrë, Maltrae ou Malestroec. En breton, le nom de la localité est mentionné sous la forme Malastreg, attestée de 1910 à 1985, dans un article de Loeiz Herrieu consacré au breton vannetais et publié dans la revue Dihunamb en 1910. La forme Malastred est attestée à partir de 1975: il s’agit de la forme bretonne normalisée donnée par l’ICB puis par l’Office Public de la Langue Bretonne. La commune appartient au diocèse de Vannes.
Les menhirs du Bois Solon, alignement de 23 pierres dont deux faisaient plusieurs mètres de haut, détruit lors de la mise en culture du champ, remontaient à environ 5 000 ans avant Jésus-Christ. Malestroit est issue d’un démembrement des paroisses de Pleucadeuc pour sa partie sud et de Missiriac en 1129 pour sa partie nord, La Madeleine, date à laquelle la chapelle romane de la léproserie de la Magdeleine, fondée probablement en 987, est donnée par Payen Ier de Malestroit à l’abbaye de Marmoutier qui en fait un prieuré. C’était une étape sur l’un des chemins de Compostelle, ce qui souligne l’importance de la cité dans le réseau jacquaire breton.
La cité de Malestroit, inscrite dans le lobe d’un méandre de l’Oust, est née au Moyen Âge à proximité d’une motte castrale édifiée en 1024 par le prince Judhaël près des Motteys, lieu-dit La Hataie de nos jours, au niveau du gué afin de contrôler la navigation fluviale. Elle se développa ensuite à partir d’un château fort bâti sur un îlot d’un des deux bras de la rivière, contrôlant la voie de passage de la Saudraye. Le bourg de Malestroit se développe à partir du Moyen Âge autour de l’église Saint-Gilles, alors de style roman, édifiée à la place d’une chapelle elle-même construite à l’emplacement d’une ancienne fontaine sacrée de l’époque celtique, devenue fontaine cultuelle à l’époque chrétienne et lieu de dévotion sous le nom de fontaine du Lion d’Or. Cette superposition d’un édifice chrétien sur un site cultuel antérieur illustre le processus de christianisation des lieux saints païens en Bretagne médiévale.
L’ancienne paroisse-mère de Missiriac avait le même recteur que Malestroit en 1432 et devint une simple trève de Malestroit, statut qu’elle conserva jusqu’à la Révolution. Un site internet présente une généalogie complète et détaillée des seigneurs de Malestroit. Le premier seigneur de Malestroit connu est Judhaël (ou Juhaël), qui vivait au début du Moyen Âge. Une trêve de Malestroit fut signée au cours de la première guerre de Succession de Bretagne. Payen IV est tué en 1347 lors de la bataille de La Roche-Derrien; il ne laisse comme héritière que sa sœur Jeanne de Malestroit, épouse de Hervé de Châteaugiron. Leur fils Jean de Châteaugiron dit de Malestroit, mort en 1374, seigneur d’Oudon, a pour héritier son fils Jean de Malestroit, capitaine général en 1364, qui meurt en Italie en 1382.
La fille et héritière de ce dernier, Jeanne II morte en 1429, épousa un membre de la lignée cadette de la famille de Malestroit; Jean II de Malestroit, seigneur de Beaumont, mort en 1415 ou 1416, dont une fille, Jeanne III de Malestroit, épousa à son tour Jean II Raguenel, vicomte de la Bellière. Le duc Pierre II de Bretagne érigea en baronnie la seigneurie de Malestroit en faveur de Jean de Châteaugiron, sire de Malestroit et de Largoët. En 1463, on ferma les murs de cette ville, qui était souvent exposée aux insultes de l’ennemi, c’est-à-dire qu’on l’entoura de remparts afin qu’elle puisse résister à des ennemis. Les fourches patibulaires de la baronnie de Malestroit se trouvaient sur la ligne de crête située près de la limite entre Malestroit et Pleucadeuc, mais en Pleucadeuc, à 400 mètres environ de la chapelle des Quatre-Évangélistes; une grande pièce de terre y porte le nom de « la Justice ».
En 1407, le duc de Bretagne Jean V réunit les barons et seigneurs de Bretagne à Malestroit pour délibérer des affaires du duché de Bretagne, et notamment de l’attitude de Marguerite de Clisson, qui intriguait pour placer l’un de ses fils à la tête du duché et soutint le roi Henri IV. La ville fut prise en 1589 par le duc de Mercœur, lors des Guerres de la Ligue (la milice de la ville perdit une douzaine d’hommes), lequel fit raser une partie des fortifications. Celles-ci furent réparées, mais le duc de Mercœur assiégea à nouveau la ville. Les assiégés parvinrent à repousser les assauts des Ligueurs, mais le capitaine de ville Julien de Quistinic fut tué; l’assaillant se retira, comme l’écrit la chronique, avec ses Espagnols, son canon et sa honte. Les combats auraient fait environ 300 morts, témoignant de la dureté du conflit dans cette partie du Morbihan.
Patrimoine religieux
La commune compte onze monuments historiques. L’église Saint-Gilles, dont le porche contient la sculpture d’un bœuf en grandeur demi-nature, fait référence à une légende relative à la construction de l’édifice: un brave paysan conduisant des pierres sur un chariot attelé de deux bœufs eut par accident son chariot renversé, perdit l’une de ses roues et l’un de ses bœufs; en cet embarras, l’homme invoqua l’aide de saint Hervé et soudain le bœuf restant releva le chariot chargé de pierres et le traîna jusqu’à l’église sur une seule roue. On peut aussi y voir le symbole de l’évangéliste saint Luc. Sur la route de Ploërmel, la chapelle de la Madeleine, décorée pour les occasions par l’association des habitants et amis du quartier, est inscrite au titre des monuments historiques. La chapelle romane de la léproserie de la Magdeleine, fondée probablement en 987, donnée à l’abbaye de Marmoutier en 1129 et étape jacquaire vers Compostelle, conserve la mémoire d’une longue histoire hospitalière et pèlerine. La paroisse appartient au diocèse de Vannes.