Mayenne

Histoire de Mayenne

Mayenne est une commune de Mayenne, en Pays de la Loire, qui compte 12 900 habitants. Mayenne est attestée sous les formes Meduana au, puis Medena, Mehena au, Maesne en 1265 et Meenne en 1294. La forme évoluée Mayenne est mentionné pour la première fois. En effet, le nom est possiblement issu d’une racine celtique *mad, qui signifie « faire irruption, se répandre », identique au latin mad- dans madere « être mouillé, imbibé », auquel s’ajoute le suffixe gaulois -uenna (celui de Ard-uenna > Ardenne).

L’ensemble signifierait « (eau) qui déborde », rappelant les eaux de la Loire qui remontent la rivière en période de crue. Ce thème *mad- étant hypothétique en gaulois, une variante Medu- bien attestée comme élément d’anthroponymes, de théonymes, de noms de lieux et de rivières, dont Meduana > La Mayenne a été proposée. Le sens de *medu serait « hydromel », ce mot est par ailleurs identique au vieil irlandais mid, génitif meda, gallois medd et breton mez, tous signifiant « hydromel » et remontant au celtique commun *medu.

Mayenne est aussi le nom du département dans lequel se trouve la ville de Mayenne. Cette dernière partage la singularité d’avoir à la fois le nom de son département et celui de la rivière qui la traverse, particularité qu’elle partage avec Corrèze et Doubs.

La ville de Mayenne n’est apparue qu’au Moyen Âge, mais une voie romaine reliant Jublains à Vieux, près de Caen, passait dans le nord de la commune, au lieu-dit de Brives. À cet endroit, un gué permettait de traverser la Mayenne. Par ailleurs, à l’époque gauloise, le peuple des Aulerques Diablintes avait sa capitale à Moulay, au sud de la ville, où se trouvent les restes d’un grand oppidum. Moulay a été abandonné après la conquête romaine, et les Romains ont construit une nouvelle ville à Jublains, quelques kilomètres plus à l’est. Ainsi, le site de Mayenne s’est trouvé à partir de l’époque gauloise dans un périmètre concentrant d’importantes fonctions économiques et administratives. Des travaux d’approfondissement de la Mayenne effectués en 1863 ont permis de découvrir plus de datant en majorité. Ces pièces ont été trouvées au gué Saint-Léonard, soit à l’endroit où passait la voie Jublains-Vieux. Une grande partie de ces pièces a été déposée à la Bibliothèque nationale de France, tandis que certaines sont exposées au château, notamment une monnaie kouchane provenant du Pakistan.

L’éperon rocheux sur lequel se trouve le château de Mayenne a probablement été occupé pendant l’Antiquité tardive, car des fragments de poterie de cette époque y ont été découverts. Néanmoins, ils sont en trop faible quantité pour affirmer une occupation dense et durable. Pendant les invasions barbares, l’autorité romaine s’affaiblit et des révoltes éclatent régulièrement contre la pression fiscale. Jublains périclite et perd son statut de chef-lieu des Diablintes. Son territoire est rattaché à celui des Cénomans, dont la capitale et l’évêché était Le Mans. Cette réunion du Bas-Maine avec le Haut-Maine est le premier acte fondateur de la province du Maine. La ville de Jublains continue toutefois à être habitée, et la voie romaine qui la relie à Vieux est toujours empruntée. Cependant, le gué sur la Mayenne est une étape dangereuse pour les voyageurs, et le site de Brives, où se trouve le gué, est difficilement défendable.

la route est donc déviée deux kilomètres au sud, afin qu’elle passe devant le promontoire rocheux qui accueille le château de Mayenne. Une ville naît autour du château à la même époque. Elle profite du déclin de Jublains, qui est totalement désertée après 900. Un prieuré Saint-Martin est attesté dès 832 sur une charte de Louis le Débonnaire. Il aurait été détruit pendant un raid viking en 869. Son emplacement demeure toutefois incertain, et il n’existe aucune preuve pouvant certifier qu’il se trouvait au même endroit que l’actuelle église Saint-Martin. Cette dernière était bel et bien rattachée à un prieuré au Moyen Âge, mais elle n’a pas été construite avant le. Cette église, construite sur la rive gauche, face au château, est à l’origine de l’urbanisation de ce côté de la Mayenne.

Le roi Philippe-Auguste rattache le Maine au domaine royal en 1206, alors que la France s’oppose aux Plantagenêts qui possèdent notamment l’Angleterre, l’Anjou et l’Aquitaine. Le baron Juhel de Mayenne soutient le roi et renforce ainsi son pouvoir, mais il meurt sans héritiers en 1220. Son titre et son domaine passent à la maison d’Avaugour, puis à celle de Blois. Ses successeurs ont donc d’autres propriétés et résident rarement à Mayenne. Le château est néanmoins amélioré et embelli au cours. À la fin du Moyen Âge, le château perd définitivement sa fonction résidentielle. Il demeure toutefois une base militaire. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais occupent le château à deux reprises: une première fois de 1361 à 1364, puis de 1425 à 1448.

Après 1448, il est réaménagé pour résister aux nouvelles techniques militaires: une terrasse d’artillerie et la tour du boulevard sont construites, et des mâchicoulis et des canonnières sont ajoutés à plusieurs endroits., premier duc de Mayenne et chef militaire de la Ligue pendant les guerres de Religion. Le château et la ville de Mayenne passent à la maison de Lorraine à la fin. En 1544, le domaine passe du rang de baronnie à celui de marquisat, puis il devient un duché en 1573, les seigneurs de Mayenne sont donc désormais « ducs de Mayenne ». Ce changement survient sous Charles de Mayenne, le frère du duc de Guise, grand opposant aux Huguenots pendant les guerres de Religion. La ville de Mayenne fut gravement touchée par les guerres de Religion. Elle fut assiégée une première fois par les Ligueurs en 1574, qui échouèrent à la prendre. En 1589, elle reçut le nouveau roi Henri IV, et son séjour resta calme, si bien qu’il mit une garnison dans le château, mais pas dans la ville.

Elle fut néanmoins assiégée une seconde fois l’année suivante, et les Ligueurs réussirent à en prendre le contrôle. Ils furent rapidement chassés par les troupes royales, et la bataille fit des centaines de morts. Mayenne subit un nouveau siège pendant l’Épiphanie de 1592, et cette fois-ci, ce sont les Huguenots qui s’en emparèrent. Ils étaient conduits par le comte d’Essex, venu d’Angleterre pour aider les Protestants français. Mayenne, fort appauvri par la guerre, traverse une année dure, subissant tour à tour les ligueurs, les royaux et l’étranger, qui ne ménageaient personne et dont les excès étaient d’égale violence. Le 5 février 1592, François de Bourbon-Conti, prince de Conti est à Mayenne.

Les Catholiques assiègent la ville le 4 juin, et les Huguenots se rendent le 7. Le prince de Conti arrive à Mayenne le 20 juillet suivant, afin de reprendre la ville au compte du roi Henri. Le siège qu’il mène dure dix-sept jours. Les innombrables attaques qu’a connues Mayenne ont occasionné des pillages et d’importantes destructions. Charles de Mayenne, de son côté, a poursuivi les combats contre l’autorité royale jusqu’en 1595. Après la guerre, le château est démantelé, tout comme un grand nombre de forteresses françaises situées loin des frontières. En 1606, l’église des Capucins est construite.

En 1640, puis en 1649, une épidémie de peste touche la ville. Charles de Mayenne, qui possédait de très nombreux titres et résidait en Italie, connaissait de grandes difficultés financières qui l’obligèrent à vendre ses possessions françaises. Le duché de Mayenne fut acheté le 30 mai 1654 par le Cardinal Mazarin. La ville, pourtant reconstruite après les guerres de Religion, était dans un très mauvais état. Le cardinal fit créer plusieurs offices en 1656, afin de redresser la situation du duché, puis il fit venir Colbert afin qu’il réaménage la ville. Ce dernier écrivit à propos de Mayenne: « Ce pays est inaccessible aux carrosses; il ne peut y avoir ni promenade, ni parc, ni jardinage. Il n’y a aucun bâtiment et il ne peut y en avoir. La ville est très sale, très vilaine, le peuple méchant ».

Les royales étaient les toiles de meilleure qualité, ainsi que les plus chères. Les autres sortes de toile étaient d’une faible qualité, mais représentaient l’essentiel de la production. Les toiles de Mayenne étaient vendues en France, mais aussi à l’étranger. Ainsi, les non-battues n’étaient produites que pour le marché espagnol. La pontivy servait presque exclusivement à l’armée. Le 11 novembre 1789, l’Assemblée constituante ordonne aux députés des anciennes provinces françaises de se concerter, afin de mettre en place un réseau de nouveaux départements d’environ 324 lieues carrées, soit actuels. Des réunions se tiennent aussitôt dans l’hôtel du duc de Choiseul-Praslin, député de la noblesse de la sénéchaussée d’Angers. Une trentaine de députés des trois provinces composants la généralité de Tours (Anjou, Maine et Touraine) présents envisagent de rétrocéder des territoires au Poitou et de subdiviser le domaine restant en quatre départements, autour des capitales traditionnelles, Tours, Angers et le Mans, et autour de la ville de Laval, qui récupérerait des terres du Maine et de l’Anjou (sénéchaussée de Château-Gontier plus le pays de Craon).

À la suite de l’Assemblée constituante, le comté de Laval n’existe plus: Laval devient le chef-lieu d’un département, composé de l’ancien comté, du duché de Mayenne et d’une partie de l’Anjou. Le département de la Mayenne, à qui on assigna Laval pour chef-lieu, comprenait 7 districts, 29 cantons. La ville de Mayenne disputa longtemps à Laval l’avantage d’être le chef-lieu du département. Même après que fut publié le décret constitutif du département, les habitants de Mayenne ne se tinrent pas pour battus. Lorsque l’Assemblée envoya aux chefs-lieux les drapeaux aux couleurs nationales, ils arrêtèrent au passage et voulurent garder les étendards destinés à Laval., le prince de Talmont et Jean Chouan à Mayenne en 1793, huile sur toile de Lucien Nouël de Latouche, 1864, Historial de la Vendée.|alt=Peinture représentant La Rochejaquelein, debout, le prince de Talmont assis sur une chaise face à une table ou est présentée une carte et Jean Chouan, de dos, au milieu d’une foule d’hommes et des femmes sur une place de la ville. La Révolution est généralement bien accueillie parmi les habitants, et ceux-ci souhaitent que leur ville devienne préfecture de la Mayenne. Ils avancent notamment qu’elle se trouve au centre de l’antique territoire des Aulerques Diablintes, et qu’elle est beaucoup plus ancienne que Laval, qui est cependant choisie.

La ville connaît ensuite la Chouannerie, comme l’ensemble de l’ouest français. Pendant la Virée de Galerne, elle est prise une première fois par les Royalistes, sans combat, le 2 novembre 1793. Les Royalistes, qui tentent alors de rallier le littoral de la Manche pour recevoir du renfort, sont défaits plusieurs fois, et l’expédition est un échec. Une Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne est rapidement mise en place pour juger les ennemis de la république. Pourtant, la Chouannerie se poursuit en Mayenne, et la ville est à nouveau attaquée par les Royalistes le 13 février 1796. Les assaillants sont aidés par des habitants de la ville, et une bataille a lieu dans les rues. Elle se solde par la défaite des Royalistes. L’enclos des religieux capucins est cédé en 1818 à des religieuses visitandines de la communauté d’Alençon qui fondent une maison de leur ordre, à la demande du clergé et de la municipalité.

Au cours du, la ville s’est modernisée, notamment grâce au percement d’un boulevard traversant la ville d’est en ouest et à la construction de nouveaux ponts, en remplacement de l’unique pont médiéval. La ville fait aussi construire un théâtre et de nouveaux quais. La voie ferrée Laval-Caen est ouverte en 1866, soit dix ans après la ligne Paris-Laval. Néanmoins, comme dans le reste du département, l’industrialisation est lente, et le progrès économique est freiné par l’effondrement des prix du lin. La production de toiles décline donc, et les filatures commencent à importer du coton, sans pour autant investir dans de nouvelles machines. Les tisserands conservent longtemps les anciens modes de travail, et en 1855, la ville compte, travaillant souvent chez-eux. En cent ans, la population municipale augmente faiblement: en 1800, la ville compte, et en 1901. La ville perd même des habitants pendant les premières décennies du: elle ne compte plus que en 1931.

Au début du, la ville vit principalement de la production de toiles à matelas, de toiles de lin, de mouchoirs et de calicot. En dehors de la sous-préfecture, la ville posséde quelques institutions, comme un tribunal de première instance et de commerce, et une chambre de l’industrie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville est marquée par un important bombardement de la RAF. Ce dernier vise le chemin de fer, mais il détruit une bonne part du faubourg Saint-Martin, et endommage sévèrement l’hôpital. Pendant les douze minutes avant du matin, le, la population subit l’inexactitude de cette attaque, car le largage des tracts, incitant celle-ci à évacuer la ville, rate aussi sa cible. Environ sont tués dans cette tragédie, dont 110 à l’hôpital, y compris médecins, infirmiers, aides soignantes et d’autres, absents sur le mémorial ci-contre. La libération de la ville occasionne par ailleurs une importante bataille dans les rues, qui dure du 6 au 13 août 1944. Tous les ponts sont dynamités, à l’exception de celui de la caisse d’Épargne.

Mac Racken, se sacrifie pour empêcher sa destruction. Ce pont permet ensuite aux Alliés de traverser la Mayenne. Il porte désormais le nom de pont Mac Racken. Après la guerre, la ville renouvele ses activités économiques. La croissance démographique est soutenue, et la ville passe de en 1946 à en 2010. En conséquence, l’étalement urbain est alors très prononcé.

Patrimoine religieux

Mayenne fait partie du Pays d’art et d’histoire Coëvrons-Mayenne, qui appartient au réseau des Villes et pays d’art et d’histoire, animé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, et qui rassemble les villes soucieuses de préserver et de promouvoir leur patrimoine. La plupart des éléments visibles datent du, notamment le logis et le donjon circulaire. L’apparence est d’ailleurs typique de cette époque du Moyen Âge: une enceinte flanquée de tours qui épouse la forme d’un promontoire rocheux, et une haute-cour confinée sur le sommet de ce promontoire. La guerre de Cent Ans, les guerres de Religion et les transformations successives ont grandement altéré l’édifice, et celui-ci ne présentait qu’un intérêt modeste avant 1993. Cette année-là, des travaux de rénovation sont entrepris, et ils permettent de découvrir des arcades en brique de l’époque carolingienne.

Cette découverte est majeure, car les édifices militaires carolingiens encore visibles sont extrêmement rares en Europe. D’importantes fouilles sont conduites de 1996 à 2000, puis le château est transformé en musée. Les vestiges carolingiens incluent un mur de courtine ainsi que les restes d’un grand bâtiment à étage et d’une tour carrée. Ces vestiges sont totalement imbriqués dans les constructions postérieures, et lors de l’aménagement du château en musée archéologique, l’architecte a pris soin de rendre visibles toutes les structures successives. Le château est en fait à la fois un musée et un objet d’exposition en lui-même.

Le musée possède en outre d’importantes collections archéologiques, regroupant aussi bien des artefacts découvert dans le château, que dans le reste du département. On peut notamment y voir des monnaies antiques et médiévales, des objets de la vie quotidienne au Moyen Âge (vaisselle, lampes à huile, outils, serrures, armes…), des sarcophages et des objets religieux. Les jeux de société médiévaux, incluant des pièces d’échecs et un tablier de trictrac, figurent parmi les pièces les mieux conservées au monde. Le centre-ville de Mayenne présente encore quelques caractéristiques médiévales, comme un parcellaire étroit, mais son visage actuel est apparu après deux grandes opérations d’urbanisme postérieures. La première a eu lieu au cours de la seconde moitié.

Le cardinal Mazarin, qui avait acheté le duché de Mayenne en 1654, puis effectué des échanges concernant la ville avec l’Abbaye de Fontaine-Daniel en 1658, a alors transformé la vieille ville, qui était sale et en mauvais état, en un endroit moderne et aéré. Pour ce faire, trois places furent dégagées sur les hauteurs de la rive droite. Elles furent détruites, puis l’espace fut agrandi pour devenir la place du Hercé, qui forme un rectangle. L’ancienne rue fut aussi élargie au nord, et devint la place de Cheverus, qui est un cours planté d’arbres. Enfin, en haut de la rue, la place Saint-Vincent fut aménagée en triangle.

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Population

12.900 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Mayenne
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