Méru

Histoire de Méru

Méru est une commune de Oise, en Hauts-de-France, qui compte 14 320 habitants. Les mentions anciennes de Méru sont: villa Matrius 626; Mairiu en 862; de Meruaco en 1094.
La ville se trouve sur le cours supérieur de l’Esches.

On a trouvé, sur le territoire communal, des pointes de silex préhistoriques (lances). Des différentes tribus qui occupaient les lieux, l’on peut retenir les Véliocasses dans la partie sud et ouest du canton de Méru et les Silvanectes qui occupaient la partie est. Après la conquête de Jules César, la région fait partie de la province de la Gaule belgique (en Gaule transalpine). Par ailleurs, les fouilles menées sur le site de la station d’épuration ont confirmé la présence d’habitats datés du Haut Empire gallo-romain. Au, sous Dioclétien, la contrée reste dans la seconde Belgique dont Reims était la métropole; Méru se trouve alors presque à cheval sur la voie romaine allant de Beauvais à Pontoise et Paris. Cette voie est connue sous le nom de chemin de la Reine Blanche.

Après la mort de Clovis, la région de Méru entre dans le royaume de Paris. En 626, la Villa Matrius (Méru) est donnée à l’abbaye royale de Saint-Denis. En 862, Charles le Chauve confirme la donation de « Mairiu ». Par la suite, le site de la villa Matrius ou « Domaine de la Mère » est christianisé sous le patronage de saint Lucien, célébré le, peut-être pour remplacer un culte des eaux à la « Déesse Mère », sur le ru de Méru. Toujours au, la région est ravagée par les Normands ce qui explique la présence de certains souterrains. Ensuite, la ville appartient aux comtes de Beaumont jusqu’en 1191, époque à laquelle elle obtient une charte de coutumes, premier pas vers la reconnaissance communale.

En 1331, lors du recensement de la population, l’on compte 180 feux (900 habitants environ) à Méru. À titre comparatif, Bornel en a 80 (400 habitants environ) et Lardières 50 (250 habitants environ). Lors des jacqueries, de 1358, Méru est brûlée et rasée. En 1521, Méru est reliée au domaine des Montmorency. En 1582, Méru est incorporée au bailliage de Beauvais créé par Henri III. Ensuite, des dernières années du et pendant la plus grande partie du, les princes de Conti et leurs descendants possèdent le bourg.

De leur château, il ne reste aujourd’hui qu’une tour dite la « Tour des Conti » que la ville et le district (aujourd’hui communauté de communes des Sablons) ont inscrit à leur programme de restauration. La ville de Méru reste le centre d’un important bassin industriel qui s’est développé à partir du avec l’introduction progressive d’un artisanat tabletier importé de Paris par le biais des nourrices revenant de Paris. La tabletterie, qui consiste en la fabrication d’objets divers (usuels, religieux, jeux, boîtes) au moyen de matières premières telles que le bois, l’os, la corne, l’ivoire, l’écaille ou encore la nacre, y fut d’abord pratiquée par les paysans de la région en manque de ressources durant les mois d’hiver. Au, cette activité s’industrialise et la production s’intensifie. La profession s’organise et différentes spécialisations émergent: confection de boutons, de dominos, d’éventails, etc. Le travail de la nacre prend de l’importance.

Rapidement, la ville de Méru s’illustre en tant que pôle de production sous le surnom de Capitale mondiale de la Nacre. Les débouchés sont nombreux, la clientèle internationale, la qualité du travail est appréciée bien au-delà des frontières de la France (Europe, Russie, États-Unis, anciennes colonies). Les échanges avec la capitale, où se trouvent la plupart des grossistes, sont très actifs. Les tabletiers méruviens viennent s’y procurer les matières premières qu’ils façonnent et y déposent les produits de leur fabrication. L’ouverture de la gare de Méru, en 1875, facilite ce commerce. En effet cette activité attire l’attention de négociants parisiens spécialisés dans le commerce de ces matières premières.

Parmi eux figure Albert Ochsé (1839‑1910), négociant spécialisé dans la nacre et l’ivoire, qui acquiert le 21 juin 1890 une propriété et des terrains à Méru, situés au lieu‑dit le Chemin d’Amblainville, sur la route de Pontoise. Ils sont ensuite revendus à sa mort à la Société civile immobilière de Thiers. À la fin du cependant, la tabletterie subit une récession économique qui amorce son déclin. Toutefois et malgré les tensions dont témoignent les grèves du début du, l’industrie du bouton connaît encore quelques décennies prospères avant de disparaître presque complètement du pays de Thelle. En 1905, la gare de Méru devient l’origine de la ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique de Méru à Labosse, une des lignes du réseau des chemins de fer départementaux de l’Oise. La ligne, exploitée par la ‘Compagnie du chemin de fer d’intérêt local de Méru à Labosse puis par la Compagnie générale de voies ferrées d’intérêt local (CGVFIL), ferme en 1934.

En 1909, une grande grève éclate dans le secteur de la boutonnerie. Le patronat réduit d’un tiers les salaires, « pour faire face à la concurrence ». La grève concerne dans la journée les quatre usines de la commune d’Andeville, mais tout le canton de Méru est rapidement concerné. Les premières négociations sont convoquées par le préfet pour le à Méru, mais ne débouchent sur rien, le patronat refusant de revenir en tout ou partie sur sa décision. Les maisons des patrons sont vandalisées, le une vingtaine de femmes sont blessées par la gendarmerie nationale. Le gouvernement Clemenceau envoie l’armée, commandée par le général Joffre.

Le soutien national se développe, et les dirigeants de la CGT viennent sur place, jusqu’à ce que les salaires soient rétablis au niveau de 1908. À Méru le, 3000 personnes participent au meeting, avant la fin de la grève le. De nouvelles industries ont pris le relais dans la zone industrielle ouverte au sud de Méru dans les années 1950. En 1963, la commune de Méru absorbe celle de Lardières. En 1969 lors du procès le tribunal de Beauvais condamne le PDG pour; il avait en particulier refusé l’application de mesures de sécurité réglementaires. La peine est d’un an de prison avec sursis et francs d’amende.

Les années 1980-1990 voient le début d’un essor démographique sans précédent pour la commune de Méru, puisqu’elle double sa population entre 1975 et 2017 grâce à une immigration extra-européenne qui modifie la composition et la répartition des communautés présentes dans la commune. La commune est classée en, avec notamment le quartier prioritaire de La Nacre – Saint Exupéry ( habitants), par le ministère de l’Intérieur en 2012.

Patrimoine religieux

Méru compte deux monuments historiques sur son territoire

Informations Clés

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Population

14.320 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Oise
(60)

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