Mettray
Histoire de Mettray
Mettray est une commune d’Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire, qui compte environ 2 062 habitants. Son nom apparaît dans les archives sous les formes Metrium au XIe siècle et Metrayum ou Mettré au XIIIe siècle, l’orthographe Mettray ne se fixant qu’au cours du XIXe siècle. La commune formait un fief relevant de la Motte-Sonzay, puis des seigneurs de Maillé. Le bourg s’est essentiellement développé à partir du Moyen Âge, et depuis l’Ancien Régime, le territoire de Mettray englobait également le bourg de La Membrolle ainsi que les terres avoisinantes.
Les vestiges les plus anciens sont des mégalithes néolithiques situés près de la frontière nord de la commune, dont le dolmen de la Grotte aux Fées — un ensemble de trois tables de pierre auquel s’attache la légende de créatures féminines ayant bâti l’édifice en une nuit. De la période romaine, il ne reste que peu de traces, sinon que le bourg se trouvait sur la voie romaine reliant Tours (Caesarodunum) au Mans (Vindunum), passant légèrement à l’est du bourg.
Du Moyen Âge subsiste l’église Saint-Symphorien, presque entièrement reconstruite dans la seconde moitié du XIXe siècle après un incendie en 1847. L’ancien logis seigneurial du XVe siècle, situé rue du Manoir, avec son corps de logis flanqué de deux tours cylindriques et d’une tour d’escalier polygonale, a servi de première mairie à partir de 1793 avant d’être racheté et restauré au début des années 1980.
Mettray est surtout connue pour sa colonie agricole et pénitentiaire, la Paternelle, fondée en 1840 comme solution à l’incarcération des mineurs détenus jusqu’alors dans les mêmes conditions que les adultes. Cette institution accueillit des enfants placés volontairement ou incarcérés jusqu’à sa fermeture en 1937, parmi lesquels Jean Genet et Alexandre Saint-Yves d’Alveydre. Son modèle, novateur pour l’époque, reposait sur le travail et la pratique de la religion catholique — avec messe hebdomadaire et prières quotidiennes —, mais des dérives militaristes conduisirent à une campagne de presse qualifiant l’établissement de « bagne d’enfants ».
Patrimoine religieux
Le chevet de l’église Saint-Symphorien est éclairé par une verrière ancienne anonyme classée monument historique en 1900. Elle représente la présentation des seigneurs de Mettray à la Vierge Marie et l’Enfant Jésus par saint Pierre et saint Michel, avec un médaillon d’un Christ en Majesté au sommet datant de la fin du XIIIe siècle. Les autres verrières, dues aux maîtres verriers tourangeaux Fournier et Lobin, forment un ensemble homogène réalisé au cours du dernier quart du XIXe siècle.