Mimizan

Histoire de Mimizan

Mimizan est une commune de Landes, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 7 364 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes [ecclesia Sanctae Mariae de] Mimisan en 1009 (charte); Mimisano ou Mimisani (sans date). Il s’agit d’un nom de domaine rural gallo-romain en -anum, suffixe latin de propriété répandu dans le midi de la France et qui explique la plupart des terminaisons en -an. Il est précédé du nom de personne latin Mimisius, dérivé de *Mimus que l’on retrouverait quant à lui dans Mimeure (Côte-d’Or).

Mimisius est assez rare dans les inscriptions latines, mais il est bien attesté. Remarque: la graphie conservatrice Mimisan cache l’évolution de la prononciation locale en « Memisan », puis « Mamisan ».

Jusqu’au, Mimizan est un des ports maritimes les plus actifs de la côte Atlantique, avant que l’avancée des sables ne modifie la physionomie du littoral entraînant un recul du trait de côte. La plupart des habitants vivent du système agro-pastoral dans les Landes de Gascogne jusqu’au remplacé peu à peu par le gemmage puis par la papeterie, mais également de la pêche à la pinasse jusqu’au milieu. À partir de 1880, station balnéaire se développe avec l’essor du tourisme et la création de la Côte d’Argent. Plusieurs tumulus funéraires ont été localisés autour de Mimizan. Ces nécropoles protohistoriques sont généralement constituées d’un ensemble de tumuli espacés de quelques dizaines de mètres. La fouille de l’une entre elles à Louroun a révélé deux tombes à incinérations. Lors du rite funéraire, le corps est brûlé sur un bûcher, les os calcinés sont soigneusement recueillis et placés après lavage dans une urne funéraire en terre cuite. Des offrandes (parures, objets, denrées) sont également brûlées avec le corps.

L’urne est ensuite placée dans un tumulus en terre. Dans l’Antiquité, la tribu des Cocosates peuple le pays de Born. Plusieurs historiens ont longtemps situé à Mimizan l’antique relais routier de Segosa, sur la voie romaine littorale. Nous savons aujourd’hui que ce village gallo-romain était sur le site voisin de Saint-Paul-en-Born, comme l’attestent des fouilles. Le conseil général des Landes l’a officialisé en y implantant un parcours pédagogique. Avant le, le secteur qui sera plus tard occupé par le clocher porche de Mimizan est l’un des ports maritimes les plus actifs de la côte Atlantique. Il s’agit d’un port naturel né d’une échancrure de la côte servant d’abri aux petites embarcations de l’époque, dans un secteur où la navigation est dangereuse en raison des rouleaux de l’océan. Il est peu à peu comblé par l’avancée des sables et le centre de gravité du bourg doit être déplacé à partir.

Vers 1010, des moines détachés de l’abbaye de Saint-Sever s’établissent à Mimizan et fondent un prieuré, qui devient le centre d’une sauveté, lieu d’asile sacré créé par l’Église pour la protection des faibles. La délimitation de cette sauveté est matérialisée par des bornes monumentales (bornes de sauveté), entre sept et neuf selon les sources, en forme de pyramides. Aujourd’hui, seules cinq subsistent et sont inscrites aux monuments historiques et quatre sont encore visibles. Cette sauveté centrée sur le prieuré préfigure les limites de la future commune de Mimizan-Bourg. Mimizan entre dans le patrimoine de la Maison d’Albret par l’intermédiaire de Mathe d’Albret. Au début de la guerre de Cent Ans, à la fin de 1337 ou au début de 1338, Mathe d’Albret conclut un accord avec le roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine. Elle lui cède la garde de ses seigneuries de Gensac, Miremont (lieu probablement situé dans la seigneurie de Gensac), Castelmoron et Montcuq (commune de Pomport) pour la durée de la guerre, en s’en réservant l’usufruit. Elle lui donne les seigneuries de Bergerac (qu’en fait elle ne possède pas) et de Montignac.

Elle reçoit en échange les seigneuries de Montendre, Condat (manoir dans la commune actuelle de Libourne), Labouheyre, le pays de Brassenx, la prévôté de Born et de Mimizan, en possession perpétuelle. Cet accord est particulièrement profitable à Bernard Ezi d’Albret, qui, à la mort de sa sœur Mathe est son héritier et récupère ainsi des terres proches de sa seigneurie de Labrit, comme Mimizan. Dès le Moyen Âge, la ville devient une étape sur la voie littorale du chemin de Saint-Jacques. La taille et la magnificence de l’ancienne église, dont seul subsiste le clocher porche, montrent l’importance du lieu à cette époque. Le grand clocher, abattu par un orage en 1790, était visible depuis la mer et servait de phare ou d’amer, repère côtier pour faciliter la navigation en mer. De cette époque date le vieux dicton gascon du:
Dans une délibération du 22 floréal an XI du calendrier républicain (12 mai 1803), le conseil municipal exprime sa crainte de voir le village « sur le point d’être enseveli par les sables des dunes qui se forment autour du bourg ». Il saisit l’État pour lui demander de « faire fixer les dunes qui se précipitent d’une manière effrayante dans l’étang de Mimizan et font refluer les eaux sur les terres de l’intérieur et dans le canal appelé Courant.

Le sable submergerait alors à la fois les villages de Mimizan, Aureilhan, Saint-Paul et Sainte-Eulalie ». Le cordon dunaire est à partir de là aménagé, d’abord sous la responsabilité de l’administration des Ponts-et-Chaussées puis des Eaux et Forêts, par la pose de planches contre lesquelles les sables s’accumulent et sont stabilisés par l’enracinement d’oyats. Le chemin de fer arrive à Mimizan-Bourg le 21 juillet 1889. Le tourisme balnéaire fait son apparition sur le littoral aquitain dès la fin du et notamment à Biarritz, où les bains de mer deviennent à la mode à partir de 1784. Avec la construction de la villa Eugénie en 1855, la station devient le lieu de rendez-vous de l’aristocratie européenne du Second Empire. La découverte des bienfaits de l’air iodé sur la santé des tuberculeux et le développement du chemin de fer vont constituer autant d’atouts favorisant le développement de la balnéothérapie. Ainsi, en 1823, un établissement de bains de mer ouvre dans ce qui deviendra quelques années plus tard la ville d’Arcachon. La station aménagera à partir des années 1860 le quartier de la Ville d’Hiver, destinée à accueillir une clientèle bourgeoise aisée.

Profitant de sa situation géographique entre ses deux voisines, Mimizan envisage elle aussi de s’ouvrir au tourisme balnéaire mais doit avant tout maîtriser le Courant, qui dérive naturellement vers le sud. C’est donc côté Nord que sont réalisés les tout premiers aménagements, avant que deux digues encadrant la dernière section du cours d’eau soient réalisées entre 1871 et 1873. « Mimizan-les-Bains » comme on dit alors connaît un essor à partir des années 1880, renforcé par l’arrivée du train (d’abord au Bourg en 1889, puis à la Plage 18 ans plus tard). Côté Plage, hôtels, commerces et résidences secondaires commencent à sortir de terre au nord du Courant. La station est peu à peu fréquentée par les propriétaires fonciers des environs, reconnaissables pour la plupart à leur pantalon en flanelle rouge. La chapelle à la mer est érigée à partir de 1896, et monsieur Ducasse, dit « le Tchoc », est le premier surveillant de la baignade, à compter de 1899. La chambre d’industrie climatique de Mimizan est créée. Ses membres, hôteliers, logeurs, commerçants et saisonniers ont pour rôle de développer la station.

Le classement de la ville en station balnéaire est demandé la même année. Le syndicat d’initiative est créé en 1921 en remplacement du Syndicat des Grands Lacs de la Côte d’Argent. L’établissement de bains de mer en bois est détruit en 1922 par une violente tempête. Il est remplacé par un établissement d’hydrothérapie établie au bord du courant et inaugurée le. Un raz-de-marée en démolit l’aile gauche. Dans les années 1930, la commune poursuit l’aménagement du côté Nord, avec l’acquisition de terrains pour y réaliser la place publique et le marché couvert, qui ouvre en 1931. Le 2 décembre 1976, une tempête sur le golfe de Gascogne entraîne, à quelques heures d’intervalle, l’échouement sur la plage de Lespecier du cargo grec Virgo en provenance de Bayonne, puis du pétrolier grec Appolonian Wave, 700 mètres plus au sud. L’intervention des hélicoptères de la base aérienne de Cazaux est nécessaire pour secourir l’équipage.

Le sinistre ne provoque aucune marée noire, la cale du pétrolier étant vide, pour aboutir au pied de la dune du Sud Plusieurs haltes et arrêts ponctuent le chemin La mise en service du tronçon entre Mimizan-Bourg et Mimizan-Plage démarre le. Le pont métallique est construit la même année, permettant d’accéder à partir de 1908 à la gare de Mimizan-les-Bains et favorisant le développement du trafic voyageurs. Des trains d’excursion s’ajoutent en 1934-1935. Un autorail assure notamment un service direct avec Mont-de-Marsan les dimanches d’été. Le marque la fin du transport de voyageurs. Des services routiers de remplacement sont assurés sur certains trajets par la RDTL.

pendant l’occupation allemande. C’est également le cas de la maison sise 27, rue de Bel-Air. Après l’armistice du 22 juin 1940, l’armée d’occupation allemande arrive à Mimizan, le 28 juin 1940. Le premier contingent pénétrant dans la commune est chargé de maintenir l’ordre et de préparer l’arrivée du reste des troupes. Il est constitué de militaires d’expérience appartenant à la 7e armée (Allemagne)|, ayant mené victorieusement la bataille de France. Des motards en side-cars ouvrent le cortège, vêtus d’un long imperméable couleur vert de gris, le visage noir de poussière, les yeux protégés par d’épaisses lunettes et la tête par un casque frappé d’une tête de mort. Le militaire occupant la place du passager dans le side-car braque sa mitrailleuse sur toute cible susceptible de représenter un danger. Des camions suivent, chargés de fantassins armés d’un fusil entre les jambes.

Les voitures des officiers ferment la marche. Ces derniers vont à la rencontre du maire de la commune, qui les reçoit à la mairie avec quelques conseillers. L’interprète communique les ordres de l’occupant concernant la mise à disposition de bâtiments, terrains et logements. La Kommandantur s’installe ainsi dans une grande et belle demeure en forme de U à 100 mètres à l’Est du clocher-porche. L’intendance, la cantine et le dépôt de provisions occupent la grande maison carrée plus au sud sur la même parcelle longeant la rue de l’Abbaye qui servait jadis de dortoir aux moines du prieuré. De l’autre côté de la rue se trouvent la mairie, le tribunal et une prison. Les officiers supérieurs et leurs ordonnances sont logés au château de Woolsack, les officiers subalternes dans des villégiatures comme la villa La Parisienne. Le commandant est logé au 17, avenue du Parc-d’Hiver, gardée par de nombreux militaires, le chemin entre le pont des Trounques et cette maison étant quant à lui entièrement miné.

Les sous-officiers sont hébergés chez l’habitant. Au total, 82 maisons habitées et 12 maisons libres sont réquisitionnées, la plupart à Mimizan-Plage. Le reste de la troupe occupe l’école de Mimizan-Bourg. Mimizan est le point de départ de l’Opération Joséphine B: dans la nuit du 11 au 12 mai 1941, un commando parachutiste de la 1 Compagnie d’Infanterie de l’Air touche terre près de l’Oustalet, à proximité de l’actuel aérodrome de Mimizan. Il est composé de l’adjudant Jean Forman, du sergent-chef André Varnier et du sergent Raymond Cabard, qui rejoignent à partir de là Pessac pour y commettre une action de sabotage contre la centrale électrique de Haut-Lévêque, alimentant les positions stratégiques de Bordeaux et des environs, notamment la base aérienne de Mérignac et la base sous-marine de Bordeaux. En décembre 1941, le haut commandement allemand décide de renforcer le dispositif de défense du littoral. La construction des premiers blockhaus à Mimizan est accélérée après le débarquement de Dieppe en août 1942. Les travaux sont exécutés par environ 80 prisonniers de guerre russes séjournant dans la colonie du Pylône et par des prisonniers des troupes coloniales françaises capturés après la défaite de mai-juin 1940, détenus au stalag 195 puis cantonnés entre la rue des Trois-Pignes et l’avenue de la Plage.

Les prisonniers de guerre sont également chargés de travaux forestiers et d’aménager les pistes et routes en béton permettant à l’occupant de circuler sur les dunes. Des restes de soutes à munition/abris sont encore visibles aujourdhui dans cette zone, en arrière de la dune. Le camp militaire de la Kriegsmarine accueille entre 400 et 500 jeunes recrues et les forme à l’utilisation des instruments de détection et aux armes anti-aériennes. Il accueille aussi des soldats placés en repos après les âpres combats sur le Front de l’Est. Le retrait des troupes allemandes de Mimizan s’échelonne sur trois semaines, du 4 au 24 août 1944. Le commandant de la place de Mimizan est le premier à partir, dès le 4 août 1944. À cette occasion, ses officiers lui offrent un repas d’adieu et un défilé en ville, au cours duquel le commandant parade sur un phaéton, entouré de 12 officiers à cheval. Dès le lendemain, la plupart des marins et artilleurs de la côte lui emboîtent le pas, dans l’ordre et la discipline.

Le 16 août, un ordre de réquisition de tous les deux-roues est lancé pour pallier le manque de moyens de transport des troupes restantes. La retraite commence à tourner à la débâcle. Le 17 août, l’arrière-garde fait sauter les blockhaus, dépôts de munitions, camions et la génératrice fournie par la papeterie. Les derniers soldats allemands quittent définitivement Mimizan-Plage et gagnent Mimizan-Bourg, toujours dans l’ordre et en chantant, même si le cœur n’y est plus. Sur la place de l’Église, deux cars réquisitionnés chargent tous ceux qui parviennent à trouver une place. Les tout derniers soldats, désœuvrés et découragés, quittent Mimizan-Bourg le 24 août 1944. Au bilan, on relève peu d’actes de guerre à Mimizan. Le mur de l’Atlantique dans le sud-ouest de la France, en raison de son éloignement de l’Angleterre, ne représente pas un enjeu stratégique du système défensif allemand et les militaires présents dans la commune sont majoritairement de vieux réservistes, des soldats étrangers, des troupes à l’entraînement ou des blessés en convalescence.

Un attentat a bien lieu contre une sentinelle le 8 février 1943. Il ne sera pas suivi de représailles. Le seul fait de guerre est un avion allemand participant à un exercice de tirs antiaériens au-dessus de la plage en mars 1944 et surpris par un appareil anglais qui l’abat au-dessus de la forêt après une courte poursuite. Si les faits de guerre sont restés quasi inexistants à Mimizan, on dénombre toutefois de nombreux décès de soldats allemands, soit par suicide (une dizaine) mais beaucoup plus par noyade, les militaires se laissant piéger par les courants de baïne dont ils ignorent l’existence et les mécanismes. Après leur départ, les occupants laissent Mimizan-Plage dans un triste état: les villas édifiées tout au long du cordon dunaire du Nord et du Sud ont été rasées pour permettre la construction des blockhaus et rendre Mimizan visible depuis les naviresde guerre au large (elles seront reconstruites grâce aux dommages de guerre versées par l’Allemagne vaincue), les plages et la forêt sont minées, encombrées de rangées de barbelés, de pieux surnommés « asperges de Rommel », de blockhaus. Le cordon dunaire malmené souffre du manque d’entretien. Après le 8 mai 1945, l’ancien camp militaire allemand de la Kriegsmarine à Mimizan sert de camp d’internement de prisonniers de guerre allemands, affectés aux opérations sensibles de déminage et de déblaiement. La station se remet ainsi peu à peu.

En 1947, ce même camp est investi par le Centre de Formation Militaire de la Marine Nationale, chargé de l’entraînement de commandos devant aller combattre à la guerre d’Indochine. L’arrivée de ce centre de formation revitalise Mimizan pour un temps, jusqu’à son départ vers le nouveau centre de Hourtin, le 16 octobre 1950. Après le départ de la Marine Nationale, l’ancien camp militaire est transformé en terrain de camping, qui prend le nom de Marina. La démolition des blockhaus, tombés sur la plage au fil du temps, intervient entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 à la dynamite et au bulldozer.

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Population

7.364 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Landes
(40)

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