Mions

Histoire de Mions

Mions se situe dans le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes, et compte environ 13 707 habitants. La commune est implantée dans le sud-ouest de la plaine du Velin, à une altitude proche de 210 mètres, au sein de l’agglomération lyonnaise. Le toponyme Mions est rattaché au gaulois medlo- ou mello-, désignant une colline, et au radical indo-européen *dhun-, qui associe relief et habitat défendu, à l’origine de la racine celtique *dhuno. Cette racine a d’abord signifié « clôture » ou « zone enclose », puis a donné le gaulois dūnum, qui désigne une citadelle ou une enceinte fortifiée et, par métonymie, une colline ou un mont, la plupart des citadelles étant bâties sur des hauteurs.

L’urbanisation de la commune s’est développée à l’ouest d’une butte qui abritait l’ancien château, situé à 253 mètres d’altitude. Cette butte se prolonge vers l’est sur quatre kilomètres jusqu’à la commune voisine de Toussieu et culmine au château d’eau, à 268 mètres. Cette topographie reflète l’organisation générale du pays du Velin. La forme de plaine est un héritage du Miocène, période de l’ère tertiaire pendant laquelle des sédiments venus des Alpes en formation se sont accumulés au fond d’une mer; ces dépôts, appelés molasse, sont une sorte de grès à ciment calcaire, aujourd’hui enfouis sous quelques dizaines de mètres de couverture. La couche superficielle, plus récente, correspond à un épisode de la fin de la dernière glaciation. Il y a une dizaine de milliers d’années, le glacier würmien, descendu de la chaîne des Alpes, avait sa langue terminale à Grenay, à une dizaine de kilomètres à l’est. Lors de sa fusion, les eaux ont formé un vaste delta vers l’ouest et déposé des alluvions fluvioglaciaires par de larges chenaux, mettant en relief des buttes comme celle de Mions-Toussieu.

L’étymologie est de peu de secours pour identifier les premières traces de présence humaine sur le territoire. En patronnant l’ouvrage paru en 2007 sous le titre « Mions, de Metono à la ville actuelle », la municipalité a opté pour une origine celtique. Dans la langue de la peuplade gauloise des Allobroges, dont le territoire englobait cette région, les mots met et dunum signifieraient respectivement « colline » et « enceinte fortifiée ». Il faut toutefois attendre le XIIe siècle pour trouver la mention du nom de Mions dans un acte officiel. C’est en 1170 que le pape Alexandre III justifie la prétention de l’abbaye lyonnaise de Saint-Just à détenir l’obéance de Méons. Cette forme de seigneurie ecclésiastique était commune à plusieurs localités voisines, comme Bron, Décines, Solaize ou Saint-Laurent de Mure. Toutefois, l’autorité effective semble avoir toujours été détenue par des familles laïques, dont le premier représentant connu, Narchimant de Méons, vivait en 1193. Cette famille conservera le titre seigneurial jusqu’au décès en 1420 de son dernier héritier mâle, mais son rôle resta limité, car elle était vassale du chevalier de Saint-Symphorien d’Ozon, qui détenait lui-même ses pouvoirs du comte de Savoie. En 1348, Mions, comme l’ensemble du Dauphiné, est intégré au royaume de France.

La liste des lignées seigneuriales qui se succèdent jusqu’à la Révolution est longue. Le secteur oriental de la commune ne mérita pleinement son appellation de château qu’à partir de 1738, lorsqu’il devint la propriété de Barthélemy Jean-Claude Pupil, premier président de la cour des monnaies, lieutenant général civil et criminel en la sénéchaussée de Lyon. Celui-ci y fit construire un ensemble de bâtiments dignes de ce nom, dans le style du XVIIIe siècle, sur un domaine s’étendant sur plus de mille bicherées, soit environ 130 hectares. Vivant plus souvent dans son hôtel particulier de la place Bellecour à Lyon ou à Paris qu’à Mions, il fut surnommé par la population le « milord de Mions », surnom qui rendait compte aussi bien de son opulence que de son train de vie tenu pour fastueux par les habitants. Son fils Barthélemy Léonard, opposant résolu à la Révolution, émigra en 1790 et mourut à Venise en 1809. Ses biens furent vendus comme biens nationaux. Le château fut entièrement détruit par un incendie en 1799, à la suite d’une imprudence, et seuls subsistent aujourd’hui les anciens communs, partiellement habités. Cette destruction a privé la commune d’un témoin majeur de son passé seigneurial, mais l’organisation du territoire, marquée par la dualité entre le bourg ancien et la butte, en conserve la mémoire dans le parcellaire et la toponymie. La commune relève aujourd’hui de la métropole de Lyon et conserve, malgré son intégration dans la périphérie urbaine, l’empreinte de son passé agricole et seigneurial. Le site de l’ancien château, devenu un repère paysager identifié à la commune, conserve ainsi une fonction symbolique forte dans la mémoire locale, malgré la disparition de la plupart des bâtiments d’origine. La position de Mions, en bordure d’une butte aux pentes douces ouvertes sur la plaine du Velin, l’a longtemps placée à l’écart des grands axes de circulation lyonnais, ce qui explique le maintien d’une identité rurale jusqu’à l’urbanisation récente liée à la croissance de l’agglomération.

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Population

13.707 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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