Mirecourt
Histoire de Mirecourt
Mirecourt est une commune de Vosges, en Grand Est, qui compte 4 782 habitants. Anciennes mentions: In Murici curte (960); Murichort (1180); De Modoricicurte ; Mirecourt, Mirecort (1234); Murecourt (1264); Murecourt sur Madon (1279); Mericourt (1284); Myrecort (1286); Mercort (1297); Muricort ; Miricourt (1331); Mircourt (1332); Miricour (1392); Miricuria (1423); De Mirecuria (1427); Mercuria (1472); De Mercurio (1473); Myrecourt, Merecourt ; Prope Mircuriam (1538); Mirecour (1656). Les historiens ont voulu trouver quelque analogie entre le nom de Mirecourt et celui de Mercure; mais ils ne produisent à l’appui de leur opinion aucune citation, aucune tradition, ni aucun monument ancien. Une autre hypothèse parle de Muricus curtis: curtis signifie domaine rural et Muricus est le nom de son propriétaire.
Mirecourt est fondée au cours du premier millénaire, au carrefour des routes menant de Toul à Épinal et de Neufchâteau à Châtel-sur-Moselle, au franchissement du Madon. La première mention de Mirecourt date de 960, dans un acte de l’empereur Othon II stipulant qu’un dénommé Urson a fait don d’un important domaine situé in Murici Curte. Dans le courant du, elle fait partie du domaine seigneurial du comte-évêque de Toul, qui lui accorde des lettres de franchise en 1234. Un acte de 1284 (Ferry III) constate le rattachement de Mirecourt et de son territoire au duché de Lorraine. Mirecourt devient le chef-lieu de l’important bailliage de Vôge, mais est avant tout une cité de grand négoce. Au, les ducs de Lorraine y introduisent le savoir-faire des maîtres italiens dans la fabrication des violons, savoir-faire qui se perpétue jusqu’à nos jours.
Ainsi, un certain Dieudonné Montfort, faiseur de violons, est déjà actif à Mirecourt en 1602. En 1732, reconnaissant ce savoir-faire, le duc François III de Lorraine, futur empereur du Saint-Empire romain germanique, édicte une charte pour les. Il souhaite ainsi protéger cette corporation, et conserver ). En fait, il y eut trois loges maçonniques qui se succédèrent: les deux premières au titre distinctif de Saint-Jean le Parfait Désintéressement au, la troisième au titre de l’Harmonie. En 1766, à la mort de Stanislas Leszczynski, la Lorraine devient française, mais l’organisation administrative est maintenue. En 1776, Nicolas-Louis François de Neufchâteau achète l’office de lieutenant-général de bailliage.
La réforme administrative de 1789 fait de Mirecourt un chef-lieu de district du département des Vosges, puis un chef-lieu d’arrondissement; ce statut sera perdu en 1926, du fait de la réduction massive du nombre de sous-préfectures (mesures d’économie prises par Raymond Poincaré). Mirecourt pendant la Révolution (Charles Guyot). Mirecourt accueille une des toutes premières écoles normales d’instituteurs de France, fondée en 1828. À partir de 1870, un certain nombre de protestants venus d’Alsace s’installent à Mirecourt et dans ses environs et, en 1983, Pierre Maignial fonde la première église protestante sur Mirecourt. Fondée en 1890 à Mirecourt, la Banque Kolb est la filiale du Crédit du Nord dans le Nord-Est de la France. On fabrique aussi des instruments mécaniques (orgues de manège, serinettes…).
La ville de Mirecourt a eu une renommée mondiale par sa production d’instruments du quatuor et surtout par sa production d’archets. Soixante maisons de luthiers et d’archetiers, de petites entreprises et d’usines de décolletage sont recensées à travers trois siècles. Elle compte aussi une usine de production de violons de l’entreprise Couesnon. La majeure partie est en activité. L’activité d’archèterie chute avec l’arrivée des enregistrements sonores, dans la première moitié. En 1940, après l’Armistice, la Wehrmacht s’installe à Mirecourt.
L’hôpital psychiatrique de Ravenel, en construction, est transformé en camp de transit et d’internement, le Frontstalag 120. De nombreux soldats français y restent prisonniers en attendant leur transfert dans des camps de prisonniers d’Allemagne. Les prisonniers « indigènes » (originaires des colonies) y restent plus longtemps; le Frontstalag est fermé le. Ils seront envoyés dans d’autres camps en zone occupée. La ville est libérée le, par des éléments de l’armée américaine. Le site de Ravenel devient le 21st General Hospital de Washington qui fonctionnera jusqu’en 1946.
On fabrique encore de la Dentelle de Mirecourt, notamment à la maison de la dentelle. Une école de lutherie y a été créée en 1970 par Étienne Vatelot.