Moëlan-sur-Mer
Histoire de Moëlan-sur-Mer
Située dans le département du Finistère, en région Bretagne, Moëlan-sur-Mer compte 6 756 habitants. Le territoire communal porte les marques d’une occupation humaine très ancienne, attestée par un riche patrimoine mégalithique. Même si certains monuments préhistoriques évoqués par J.-M. Bachelot en 1847 ou décrits par Émile Cartailhac en 1875 ont disparu, il en subsiste plusieurs: trois allées couvertes, deux dolmens et six menhirs sont officiellement recensés et classés monuments historiques sur le territoire de la commune. Des objets en bronze, dont 21 haches à douille datant de l’âge du bronze, furent découverts à Mescléo dans un terrain en cours de défrichement. D’autres avaient été trouvées en 1902 dans d’autres endroits de la commune, et précédemment, en 1888, une vingtaine de bracelets en bronze furent découverts à Kerroux. Une cachette de fondeur contenant 80 haches à douille a même été mise au jour près d’un menhir situé le long de la route allant en direction de Clohars-Carnoët, à environ un kilomètre à l’est du bourg de Moëlan. Paul du Chatellier a également trouvé des monnaies romaines à proximité des allées couvertes de Kerandrèze, Kergoustance et Kermeur-Bihan.
Moëlan aurait fait partie, comme Clohars-Carnoët, Baye et la majeure partie de Quimperlé, de la ploue de Mellac — dont le suffixe -ac témoigne d’une origine gallo-romaine —, qui s’étendait sur plusieurs milliers d’hectares et était limitée par l’Océan Atlantique, la Laïta, l’Isole et le Belon. Moëlan est attestée comme paroisse dès le haut Moyen Âge et dépendait de l’ancien évêché de Cornouaille. Bernard de Moëlan, théologien, ancien chancelier de l’école cathédrale de Chartres, évêque de Cornouaille entre 1159 et 1167, est probablement né dans la commune. Au Moyen Âge, les Templiers installèrent une aumônerie à Brigneau et une maladrerie à Kerglien. L’abbaye de Landévennec possédait à Moëlan-sur-Mer des dépendances importantes, dont la seigneurie de Tréogan et le domaine de Plaçamen.
Au début du XIIIe siècle, le duc de Bretagne Jean Ier Le Roux (1217-1286) fit construire autour de son château de Carnoët, en Clohars-Carnoët, un « parc clos de bonnes murailles » où il élevait sangliers, cerfs et chevaux. Le mur, connu sous le nom de « Mur du Roi », ceignait un parc, dit « Parc au duc », qui incluait la totalité de l’actuelle forêt de Carnoët et s’étendait bien au-delà vers l’ouest jusqu’aux abords du bourg de Moëlan. Le duc fit construire deux pavillons de chasse, l’un aux Petites Salles et l’autre à Quilimar, ainsi que le Moulin du duc, tous situés à Moëlan. En 1400, Moëlan possédait les manoirs de la Petite Salle (au duc de Bretagne), de Guillimarch (au même prince), du Guild (à Hervé du Juch), de Coet-Raoul (à Guillaume de Kermaël), de Penancoët (à l’abbé de Quimperlé), de Kerlemou, de Villeneuve, de Cruguel, de Kerymerch, ainsi que le Kermeur et Kerambaellec. La famille de Kermogoar était seigneur de Kermogoar et de Keranmoal en la paroisse, et présente aux réformations et montres entre 1426 et 1532; Guillaume de Kermogoar fut tué au siège de Saint-James de Beuvron en 1426.
En 1494, un conflit opposa Marguerite de Hirgarz, veuve de Guillaume de Kermoguer et tutrice de son fils Pierre, à Yves de Guer, seigneur de La Porte-Neuve en Riec, au sujet des droits de prééminence dans l’église paroissiale, chose alors courante à cette époque. Les seigneurs de Kermoguer, en tant que fondateurs de l’église de Moëlan, avaient le droit d’y afficher leurs armes. Yves de Guer fit enlever puis mettre en pièces la ceinture et la lisière armoriée aux armes des Kermoguer que la dame de Kermoguer avait fait apposer à l’intérieur et à l’extérieur de l’église. La cour de Quimperlé concilia les parties en partageant l’église en deux. Pitre-Chevalier, dans son roman historique « Aliénor, prieure de Lok-Maria », évoque les « malheureuses familles de Trévoux et de Moëlan, décimées par les loups » à l’époque des guerres de la Ligue. Le célèbre prédicateur Julien Maunoir prêcha des missions à Moëlan en 1660 et vers 1681.
Patrimoine religieux
La commune compte dix monuments historiques. Une concession d’indulgences avait été accordée à une chapelle locale, comme en témoigne sur une pierre de l’aile sud une date de restauration, 1599, et l’inscription « Henry Corn Fabrique S. Roc 1599 ». La chapelle a été restaurée à nouveau en 1975. L’édifice est en forme de tau, comprenant une nef de cinq travées avec bas-côtés s’élargissant au niveau de la cinquième pour former les deux ailes alignées sur le chevet. On y trouve de nombreuses statues en bois polychrome: Notre-Dame de Bonne Nouvelle, Dieu le Père provenant d’une Trinité, une pietà, saint Christophe, saint Jean provenant d’une poutre de gloire, saint Jacques le Majeur, saint Cornély avec tiare, et deux saints évêques. Dans le chœur se trouvent les statues de saint Roch et de saint Philibert. Jadis, on y voyait également les statues de sainte Thumette, saint Cado et saint Melaine. Brigneau, Moëlan et Merrien sont les trois ports d’intérêt patrimonial de la commune. Une zone naturelle protégée, dite de Pont Dourdu, a été aménagée à l’emplacement de l’ancienne décharge municipale fermée en 1990, après réhabilitation du site en 2013.