Mondeville

Histoire de Mondeville

Mondeville est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 10 075 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Amundi villa en 990. Le toponyme est dû à l’anthroponyme scandinave Amundi adjoint de l’ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica.

La commune de Mondeville a fait l’objet de nombreuses fouilles. Le premier site d’occupation humaine sur le territoire actuel de Mondeville était un village que des fouilles ont mis au jour à la delle Saint-Martin (emplacement de l’actuelle ZI Henri-Spriet) à proximité d’un domaine rural situé sur le territoire de Cagny. Les premières traces d’occupation remontent au Néolithique, puis à l’âge du bronze: céramique du bronze final et foyer rudimentaire utilisé du Hallstatt au début de la Tène. Pendant l’Antiquité, une villa ou une petite agglomération rurale se développa sur le site. Il semble que les bâtiments étaient composés de mur de pisé ou à colombages reposant sur des murs de pierre; on suppose que les toits étaient recouverts de chaume, de roseau, de bruyère ou de bois. Plus proche du bord du plateau, un oppidum gaulois a également été découvert à l’emplacement de l’actuel lotissement à l’est du chemin de la Cavée (ancien lieu-dit de la Masse). Au, les invasions barbares provoquèrent l’abandon du village. Les maisons en pierre furent alors remplacées par des cabanes de 4 à construites totalement en bois et, semble-t-il, recouvertes de chaume ou de bois.

Ce petit groupement d’habitations était entouré par une clôture. Au, le sud de la commune actuelle fut défriché et le village connut un nouvel essor. Les morts étaient inhumés à l’intérieur et autour de cet édifice rectangulaire de qui fut agrandi. Au, ce village fut abandonné et l’église probablement détruite. La population migra vers Grentheville, dont l’église fut fondée à cette époque, et vers la vallée de l’Orne et du Biez. sur la carte de Cassini au milieu du avec le contour des communes actuelles. Le nom de Mondeville (Amundevilla en 989; Amundi villa en 990) apparaît pour la première fois dans les textes.

En 989, Richard de Normandie fit donation à l’abbaye de Fécamp de la cure située sur le domaine d’un ancien colon scandinave Amundi (Ámundi), comme l’indique l’étymologie du nom de lieu Mondeville. À partir de cette date, le domaine d’Amundivilla fut géré comme un fief ecclésiastique par la baronnie d’Argences; grâce au tonlieu et à la dîme, les bénédictins purent profiter des ressources que les villageois tiraient de la vallée fertile dans laquelle ils étaient implantés. Au, le territoire de la commune était alors divisé en six paroisses Le hameau de Clopée fut rattaché à la paroisse Saint-Martin de Colombelles de 1781 à 1849. Au, surtout après l’abandon de Saint-Martin au, le village se concentra au bord du plateau et dans les terres les moins inondables de la vallée. Plutôt qu’un village concentré autour d’un bourg, il s’agissait plutôt d’un chapelet de hameaux constitués de petites maisons à un étage aux murs de plaquettes et de moellons recouvertes d’un toit en ardoise, parfois en forme de bateau retourné, et de son affluent le Biez, ces maisonnettes s’alignaient sur des digues autour de terres asséchées devenues polders (organisation de type marschufendorf) Au -, plusieurs pavillons de chasse, appelée châteaux, furent construits sur ces terres très giboyeuses. Le plus important, le château de Bellemaist fut construit au dans un domaine de plus de entourés d’un mur dont la trace peut encore être suivie dans le centre de Mondeville.

La commune était traversée par quatre grandes voies de communication La commune était ainsi étape aux portes de Caen. En 1837, un service de paquebot à vapeur entre Caen et Le Havre fut créé et des escales furent prévues à Mondeville. Les diligences, notamment celles venant de Paris, passaient également à Mondeville. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les bords de l’Orne à Mondeville servent de lieu de villégiature aux Caennais. Les villageois tiraient principalement leurs revenus de l’agriculture. Plusieurs types de cultures étaient privilégiés en fonction de la qualité de la terre. Le maraîchage se développait au bord du Biez, la terre y étant particulièrement fertile grâce au limon déposé par les crues.

Les marais étant des biens communaux qui appartenaient aux « Messieurs de Fécamp », les fermiers devaient payer ces derniers en monnaie et en nature. Au – de multiples conflits éclatèrent entre les meuniers de Clopée qui n’entretenaient pas leur bief, et les maraîchers en amont dont les récoltes étaient compromises du fait de cette incurie. À la suite de cela, un syndicat des maraîchers fut créé en 1861. Chaque année, les prairies étaient « marquées à la perche » pour la livrée des foins, ce qui entraînait des différences d’année en année puisque l’aune de la perche était le pied d’un homme différent chaque année. Un droit de « deuxième herbe » permettaient également au villageois de les utiliser pour la pâture des veaux d’un an, des vaches et des bourriques après la récolte des foins de l’abbaye. Le même procédé fut utilisé aux Housseaux (actuelle ZAC Charlotte-Corday) du au ) et l’espérance de vie au début du était de. Pour venir en aide à la population, des œuvres charitables furent fondées. La maladrerie de Mondeville, située à proximité de la route de Rouen est attestée depuis 1541.

Gérée par les sœurs de la Charité, elle tirait ses revenus des fermages sur les terres qu’elle possédait sur le plateau. Quand elle fut démolie au début du, le revenu tiré de la vente des pierres de sa chapelle fut distribué aux pauvres. En 1643, le pape Urbain VIII reconnut la « Confrérie de Notre Dame du Pré » qui distribuait de la nourriture et de l’argent pour soigner les malades ou régler les frais d’inhumation des défunts sans ressource. À la Révolution, les biens fonciers et immobiliers de la confrérie furent confisqués au profit du bureau de bienfaisance. En temps normal, 10 % de la population mondevillaise bénéficiait de cette aide, mais au début du, ce chiffre monta jusqu’à 20 %. En 1855, la première gare de Caen fut provisoirement construite au sud de la route de Paris, à cheval sur la limite communale entre Caen et Mondeville. En 1858, l’actuelle gare fut inaugurée à Vaucelles et la gare de Mondeville fut abandonnée. Quatre hectares de prairies et de marais sont utilisés pour les infrastructures ferroviaires entre la gare et le port pour se rapprocher de cette nouvelle population.

Enfin en 1912, l’électricité fit son apparition. Mais ce fut au que Mondeville connut un grand essor démographique. Rompant avec son caractère rural, Mondeville se mua en ville industrielle. En 1909, August Thyssen acheta des terrains sur le plateau surplombant le village de Colombelles qui comptait alors moins de. Il fonda ensuite la Société des hauts-fourneaux de Caen et fit construire en 1913 une grande usine sidérurgique sur les terrains de Colombelles. La ligne de chemin de fer entre cette usine et les mines de Soumont-Saint-Quentin fut construite en partie à l’est de la commune. La Société des Hauts Fourneaux et Acieries, qui devint ensuite la Société métallurgique de Normandie, changea complètement le visage du sud-est de la périphérie de Caen. Pour loger les ouvriers, la cité ouvrière du Plateau, à cheval sur les communes de Mondeville, Giberville et Colombelles fut créée sur les hauteurs de Mondeville entre 1913 et 1930

En 1925, l’armée aménagea un complexe pyrotechnique, la Cartoucherie, dans le domaine du château de Valleuil. Non loin, au-dessus de la route de Rouen, la COFAZ (Compagnie française de l’azote) fit construire en 1931 une usine d’engrais (actuelle halle d’athlétisme Michel-d’Ornano). Dans le centre, une grande partie du domaine de Bellemaist fut loti à partir de 1928 pour former les Charmettes (ancienne cité Loucheur). La commune fut dotée d’une nouvelle poste en 1935 et d’une nouvelle église, dédiée à Marie-Madeleine Postel, en 1938. Le centre de la commune était définitivement établi dans le secteur compris entre la route de Rouen et la route de Cabourg. En 1944, la commune fut touchée par les bombardements. Les Mondevillais se réfugièrent dans les carrières de la rue des Roches. La cité du Plateau fut détruite et reconstruite à l’identique.

Après la Seconde Guerre mondiale, la commune perdit définitivement son caractère rural du fait de la déconcentration industrielle qui marqua l’ensemble de la Basse-Normandie. De grandes entreprises se sont implantées sur de vastes zones industrielles à cheval sur Mondeville, Grentheville et Cormelles-le-Royal comme Citroën (devenu PSA Peugeot Citroën), Valeo ou Robert Bosch GmbH. Le développement de l’activité portuaire du port de Caen-Ouistreham, le long du canal, effacèrent les dernières traces des guinguettes que l’on trouvait à la fin du et au début au bord de l’Orne; l’ouverture de la station d’épuration du Nouveau Monde le 2 décembre 1976 marqua définitivement la disparition du caractère rural de ces anciennes prairies. Pour permettre l’essor des activités industrielles et l’amélioration des conditions de la circulation automobile, d’importantes infrastructures routières furent construites sur le territoire de la commune. Depuis 1975, le boulevard périphérique de Caen enjambe le canal et l’Orne grâce au viaduc de Calix et traverse le centre-ville, ainsi que le bois du Biez, dernier vestige des taillis que l’on trouvait un peu partout sur la commune autrefois. L’autoroute de Normandie lui est connectée depuis la même époque. Ces infrastructures, favorisant le tout-automobile, permirent le développement de grandes zones commerciales qui font aujourd’hui la richesse de la commune. En février 1970, le premier hypermarché de l’agglomération caennaise, Supermonde, ouvrit ses portes au bord de la route nationale 13 le long de laquelle s’étirent depuis de grandes zones commerciales (Vallée Barrey et ZA Charles-de-Coulomb).

De nouveaux quartiers furent aménagés Désormais, il ne reste pratiquement plus de terrain agricole sur la commune et ceux qui demeurent sont concentrés à l’est à la limite avec Giberville. En 1993, la Société métallurgique de Normandie a fermé, provoquant un important marasme économique dans la région. En 1995, le centre commercial Supermonde fut transféré de l’autre côté de la RN 13 et devint le centre commercial régional Mondeville 2. En 1997, le bouclage du périphérique fut l’occasion de réaménager l’échangeur de la porte de Paris qui est désormais le plus complexe du système routier de l’agglomération. En octobre 2013, le centre commercial écologique Mondevillage ouvre ses portes à l’emplacement de l’ancien Supermonde, près de la ZA Charles-de-Coulomb.

Informations Clés

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Population

10.075 habitants

Région

Normandie

Département

Calvados
(14)

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