Montargis
Histoire de Montargis
Montargis est une commune de 15 061 habitants située dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, sur les bords du Loing et de plusieurs canaux. Le nom de la ville provient du bas latin Mons Aridiaci, formé de mons, « hauteur », et d’Aridiacus, dérivé du gentilice Aridius suivi du suffixe -acus: il signifie « la hauteur sise dans le domaine d’Aridius ». Aridius aboutit régulièrement à Aregius par la consonification du i. La forme française la plus ancienne, Montargi, dérive de Montem Aredjacum; le s final, parasite et muet, apparaît plus tard. Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, désigne le site sous le nom de Morita Regulo, d’après un petit roi local appelé Moritas. Plusieurs érudits ont souligné l’importance de la butte de Monte Regis dans la lutte du roi des Francs contre les Wisigoths ariens, lorsque celui-ci porta la frontière sud de son royaume jusqu’à la Loire. La cité a porté ponctuellement, mais de manière marginale, le nom de Montargis-le-Franc, en référence à la franchise accordée par Charles VII en 1430 et à ses armoiries. Surnommée parfois la « Venise du Gâtinais » en raison de ses canaux et de ses 131 ponts et passerelles, elle a temporairement adopté le nom de Mont-Coulounies pendant la Révolution française. Quatre hameaux français portent par ailleurs le nom de Montargis, dans les communes de Bretteville-du-Grand-Caux en Seine-Maritime, Javerdat en Haute-Vienne, Montauban dans le Tarn-et-Garonne et Savigné-l’Évêque dans la Sarthe.
Le territoire de Montargis se trouve à un carrefour ancien de la circulation entre la vallée de la Loire et le Bassin parisien. Sa situation sur la butte de Monte Regis lui a conféré un rôle stratégique dès la haute Antiquité, comme l’attestent les sources mentionnées par Jules César et reprises par les chroniqueurs médiévaux. La ville s’est ensuite développée à l’époque féodale autour de son château et de ses paroisses, avant de connaître l’essor commercial qui caractérise le Gâtinais aux XVe et XVIe siècles. La franchise accordée par Charles VII en 1430 témoigne de l’importance accordée par la couronne à cette cité de garnison sur la route de Paris vers le sud du royaume. Le réseau de canaux qui parcourt aujourd’hui Montargis et lui vaut son surnom gâtinais est le résultat de l’aménagement progressif des cours d’eau et de la jonction du canal de Briare, l’un des plus anciens canaux de navigation de France, avec le canal d’Orléans et le canal du Loing, qui se rejoignent dans le centre urbain. Cette densité d’ouvrages d’art en a fait l’un des sites de batellerie majeurs entre la Loire, la Seine et la Saône.
Patrimoine religieux
L’église de la Madeleine, communément appelée église Sainte-Madeleine et parfois église Sainte-Marie, présente des parties remontant aux XIIe, XIIIe et seconde moitié du XVIe siècle. Elle a été restaurée et complétée sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc à partir de 1863. L’édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêtés successifs, l’un portant sur l’ensemble à l’exception de la tour-clocher, l’autre sur la tour-clocher elle-même. La nef, construite à la fin du XIIe siècle, est le vestige de la première église paroissiale indépendante du château, probablement fondée par Philippe Auguste. Les chapelles du flanc gauche ont été ajoutées à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. Le chœur constitue la partie la plus aboutie de l’édifice: il est entrepris après l’incendie qui ravage presque toute la ville au XVIe siècle, et l’aide financière du roi parvient dès 1526. La voûte de la dernière chapelle à droite porte la date de 1545. Les troubles de 1562-1567 interrompent les travaux: la Madeleine est alors pillée par les huguenots. Les chapelles du flanc gauche sont voûtées en 1571 et 1572. Une fois l’étage des chapelles achevé, la construction des piliers est entreprise, le marché du premier d’entre eux étant signé à la fin du XVIe siècle. La voûte du déambulatoire derrière le maître-autel est datée de 1586. L’ensemble des travaux s’achève en 1608, année de la dédicace. Les voûtes du vaisseau central, en brique et en plâtre, datent de 1860; le vaisseau était sans doute resté couvert d’une charpente jusqu’à cette. La construction du chœur a été attribuée, sans preuve mais avec vraisemblance, à Jacques Androuet du Cerceau, célèbre architecte de Renée de France. Parmi les vitraux, l’un représente le combat du chien de Montargis dans son duel contre Macaire, l’assassin de son maître Aubry de Montdidier, scène emblématique de la mémoire locale; un autre, figurant la Cène, a été restauré en 1995. Une verrière de la nef représentant le Baptême du Christ provient de l’atelier Gaspard Gsell de Paris, signée GL pour Gsell Laurent, et porte la date de 1878. La continuité d’usage de ce lieu de culte, qui couvre près de huit siècles depuis sa fondation supposée par Philippe Auguste jusqu’aux campagnes de restauration menées par Viollet-le-Duc, fait de l’église Sainte-Madeleine l’un des édifices religieux majeurs du Loiret. Sa construction étalée sur plusieurs siècles, ses chapelles successives et ses voûtes de brique et de plâtre du XIXe siècle reflètent les évolutions liturgiques et architecturales que la cité de Montargis a connues, tour à tour cité de garnison, ville franche depuis 1430 et carrefour de batellerie au confluent des canaux de Briare, d’Orléans et du Loing.