Montataire
Histoire de Montataire
Montataire se situe dans le département de l’Oise, en région Hauts-de-France, et compte environ 13 701 habitants. La commune est établie sur un coteau dominant le Thérain, ruisseau qui se jette dans l’Oise face à Creil, à laquelle elle est étroitement liée. Le nom de la localité est attesté sous des formes nombreuses depuis le XIe siècle: monta tera en 1030, de monte tare vers 1106, in praeria Montistere et de monte thara dans la première moitié du XIIe siècle, ecclesiam de Monthatere en 1151, Montatere en 1152, mons Theroe en 1182. Cette accumulation de variantes médiévales témoigne d’une attestation continue du toponyme.
Le territoire de Montataire est habité au moins depuis le mésolithique, période moyenne de l’âge de pierre située entre le paléolithique et le néolithique. De l’époque gauloise, une torque d’or a été découverte sur la commune et figure aujourd’hui au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Cet objet en or, qui appartenait à un dignitaire gaulois, fut mis au jour par des ouvriers travaillant à la construction de la voie ferrée inaugurée par le baron de Condé en 1846. La tradition rapporte également que Jules César aurait séjourné avec ses troupes sur le territoire de Montataire. Des fouilles plus tardives ont permis la découverte d’un cimetière mérovingien regroupant 292 sépultures; des sarcophages sont encore visibles au-dessus de la fontaine du jubilé. Cette stratification archéologique, qui combine les traces gauloises, romaines et mérovingiennes, atteste l’occupation continue d’un site défensif et fluvial particulièrement avantageux dans la basse vallée de l’Oise.
Au Moyen Âge, Hugues de Clermont fait construire le château et l’église, qui seront remaniés à plusieurs reprises au cours des siècles suivants. Le château est ensuite fortifié et un mur d’enceinte est élevé autour de la ville pour la protéger des attaques. À partir du XVIe siècle, la famille de Madaillan acquiert le château, le reconstruit, bâtit les écuries puis l’embellit. Vers 1095, Pierre l’Ermite aurait séjourné à Montataire, dans une maison troglodytique, peu avant son départ pour la première croisade, à laquelle participait également Renaud de Montataire, qui fit fortifier le château et construire l’église. Une description de 1841, due à Julien de Gaulle dans la Nouvelle histoire de Paris, rapporte que c’est dans l’église de Montataire que l’ermite Pierre aurait prononcé ses premiers sermons en faveur de la croisade. Le Thérain baigne alors le pied de la montagne, sur laquelle est construit le château, dont la position dominait la vallée. Henri IV venait fréquemment y rendre visite aux Lesparre de Madaillan. Avant la Ligue, la ville était habitée par de nombreux protestants, et deux tombes de plomb des Madaillan se voyaient encore au château. En 1846, le baron de Condé achète le château, le restaure et en écrit l’histoire.
En 1358, la Jacquerie, révolte paysanne qui dura un mois, est menée par Guillaume Calle, qui établit son quartier général à Montataire. Ce soulèvement contre la noblesse devait gagner près de quinze départements actuels et se solda par la mort d’environ vingt mille paysans. Après la Révolution, les murs d’enceinte de la ville sont détruits. Si l’agriculture, l’élevage et le commerce caractérisent l’économie de Montataire, comme ailleurs en France, le XIXe siècle est celui d’une industrialisation rapide. La commune accueille des fabriques de boutons, de sabots, de chaussettes, de lunettes, de corsets, de cidre, ainsi qu’une papeterie. En 1792 est créée l’usine qui, rachetée par les frères Mertian, deviendra l’Usine des Forges, puis successivement la société des ponts et travaux en fer d’Henri Joret, Usinor, Sollac, et enfin Arcelor, formant l’une des principales unités sidérurgiques de la région. En 1828, on dénombre déjà à Montataire une usine de fer laminé, une manufacture de fonte, une papeterie, une scierie, une fabrique de boutons, deux moulins et plusieurs carrières. Cette accumulation d’établissements industriels a profondément transformé le tissu urbain de la commune et son rapport à la vallée du Thérain et à l’Oise. La position de Montataire sur les bords de ces deux cours d’eau, à proximité immédiate de Creil, l’a placée au centre du bassin industriel de l’Oise au XIXe et au XXe siècle, ce qui explique la densité du parcellaire ouvrier et l’ampleur des friches sidérurgiques aujourd’hui en reconversion.
Patrimoine religieux
Le patrimoine religieux de Montataire est dominé par l’église élevée par Renaud de Montataire au moment de la première croisade, au sommet du coteau, à proximité immédiate du château. La commune compte un monument historique inscrit sur son territoire. La fontaine du jubilé, surmontée par les sarcophages mérovingiens conservés sur place, témoigne de la longue continuité du fait religieux à Montataire, depuis les sépultures du haut Moyen Âge jusqu’aux édifices construits par les seigneurs locaux. La tradition selon laquelle Pierre l’Ermite aurait séjourné dans une maison troglodytique de la commune avant de prêcher la croisade s’inscrit dans cette mémoire religieuse particulièrement dense, même si elle relève davantage du récit que de la documentation historique stricte.