Montdidier (80)
Histoire de Montdidier
Montdidier est une commune du département de la Somme, en région Hauts-de-France, qui compte 6 009 habitants. Plusieurs formes du toponyme apparaissent dans les textes anciens: Montis Desiderii en 1079, Mondisderium en 1105, Mons Desiderium en 1115, Mondisderiense en 1147, puis Mons Desiderii et Mons Didier en 1180, Mondidier en 1188, Monsdidiers en 1195, Le Mont Didier en 1302 et enfin Montdidier en 1314. La ville est dénommée Montdidyi en picard. Le site est occupé au moins depuis l’époque gauloise. Selon une tradition, le nom de la ville viendrait de Didier, le roi des Lombards vaincu par Charlemagne en 774, et de son épouse Desiderada qui auraient été détenus dans un domaine dépendant de l’abbaye de Corbie, situé sur une éminence à l’endroit où s’édifia plus tard la ville.
L’église Notre-Dame fut construite à proximité du donjon afin que puissent y être vénérées des reliques des saints Lugle et Luglien. Un chapitre de treize chanoines réguliers augustins fut établi, mais le relâchement du service divin imposa une réforme. Celle-ci débuta en 1080, le prieuré devant être rattaché à l’ordre de Cluny avec l’assentiment du roi; toutefois, des difficultés surgirent et ce ne fut qu’en 1130 que le prieuré devint bénédictin avec le consentement de Raoul de Vermandois, comte de Montdidier. En 1060, le comte d’Amiens, de Valois et de Vexin, répudia sa seconde épouse Aliénor, héritière de Montdidier et de Péronne, pour épouser la veuve du roi de France Anne de Kiev. Ce mariage fit scandale, car la veuve d’un roi de France issue d’une famille régnante ne pouvait, selon le code de l’honneur, épouser un vassal; le couple fut excommunié en 1064. Raoul de Vexin fut inhumé à sa mort en 1074 dans le tombeau visible dans l’actuelle église Saint-Pierre. Son fils Simon de Vexin, lassé de guerroyer contre le roi, renonça après avoir rencontré le pape à la vie laïque et entra dans les ordres, transmettant à sa sœur Adélaïde de Valois les comtés de Valois et d’Amiens.
En 1184, les faubourgs de la ville furent incendiés sur ordre du roi de France lors de la querelle opposant Philippe Auguste à Philippe d’Alsace, comte de Flandre, à propos de la possession de l’Amiénois et du Vermandois. Cette querelle fut résolue par le traité de Boves en 1185 et par le traité de Péronne en 1200, qui confirmèrent à Philippe Auguste la possession définitive du comté d’Amiens ainsi que des places vermandoises de Roye et de Montdidier. En 1195, le roi octroya une charte communale aux habitants. Après la défaite de Poitiers de 1356, pendant la guerre de Cent Ans, Montdidier fut l’épicentre d’un épisode de la Grande Jacquerie qui secoua la Picardie, l’Artois, la Champagne, l’Île-de-France et la Normandie en 1358; sous la direction d’un certain Jean-le-Boulenger, les habitants pillèrent et incendièrent les châteaux et maisons appartenant à Raoul de Raineval, seigneur de Pierrepont-sur-Avre et grand panetier de France. En 1418, Montdidier, Roye et Péronne furent données en dot à Michelle de France, épouse de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Par le traité d’Arras de 1435, Montdidier et les autres villes de la Somme furent données au duc de Bourgogne. En 1472, la ville fut incendiée par les Bourguignons: le duc Charles le Téméraire, présent, n’aurait pas fait obstacle à cette exaction et aurait dit alors: « Tel fruit porte l’arbre de la guerre ». En 1516, le bailliage de Montdidier fut institué.
Patrimoine religieux
Malgré la quasi-destruction de la ville à la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs édifices religieux ont survécu ou été restaurés, auxquels s’ajoutent de nombreux bâtiments de la Reconstruction. L’église Saint-Pierre, gravement endommagée en 1918 et restaurée depuis, est de style gothique flamboyant. L’église du Saint-Sépulcre, également de style gothique flamboyant, fut édifiée de 1510 à 1519; gravement endommagée en 1918, elle a été restaurée en 1960 et conserve une mise au tombeau du XVIe siècle en pierre polychrome ainsi que des fonts baptismaux de la même époque. Un ensemble de six tapisseries de Bruxelles du milieu du XVIe siècle, œuvres du tapissier H. Reydams classées monuments historiques, est exposé dans la nef et représente l’histoire de Moïse et des Hébreux; les vitraux sont de Jacques Gruber. Subsistent également les ruines de l’église Saint-Martin détruites à la fin de la Première Guerre mondiale, dont le dallage primitif est supposé très ancien. Le Prieuré, autrefois Salle du Roy, rue Saint-Pierre, fut construit à l’emplacement du donjon médiéval; détruit pendant la Première Guerre mondiale, l’édifice fut reconstruit vers 1930 et avait fonction de palais de justice avant de devenir le centre des impôts en 1965. La statue d’Antoine Augustin Parmentier, dressée sur la place Parmentier entre l’hôtel de ville et l’église Saint-Pierre, est une œuvre en bronze d’Albert Roze inaugurée en 1931, qui remplace une première statue de Dominique Molknecht détruite lors d’un bombardement.