Monthermé
Histoire de Monthermé
Monthermé est une commune de Ardennes, en Grand Est, qui compte 2 170 habitants.
La plus ancienne mention écrite connue à ce jour date de 1141 dans le cartulaire de Laval Dieu. L’origine du nom de Monthermé, comme nous pouvons le lire en latin dans les anciennes chartes de l’abbaye de Laval Dieu est composé des mots mons et hermerius qui a pour origine un mot celtique hermes qui signifie « un lieu boisé qui n’appartient à personne ». Le mont hermes situé sur la rive gauche de la Meuse, ainsi nommé par les premiers habitants. Certains ont suggéré pour origine le Mont Ermel, nom emprunté au saint vénéré à Vireux. Mais le mot latin hermelius nous éloigne de hermerius qui se trouve dans tous les anciens écrits. Au, Ithier dit le Dévot, fonda plusieurs abbayes sur les terres qui lui appartenaient.
Ainsi, il fonda en 1128, à Monthermé l’abbaye de Laval Dieu destinée à des chanoines réguliers de l’ordre de Prémontré sous le vocable de saint Remi au lieu-dit la Bouche de Semoy. Laval Dieu vient du latin Vallis Dei, la Vallée de Dieu. C’est également de cette époque que sont datés les éléments les plus anciens de l’église Saint-Léger, paroisse du bourg. Monthermé, qui fait partie de la châtellenie de Château Regnault, entre successivement dans la maison de Flandre, la maison de Bourgogne, de Guise puis de Conti laquelle la cède à Louis XIII en 1629 sur laquelle repose la ligne principale de résistance prévue par le généralissime Maurice Gamelin; c’est le XLI. Armee-Korps (mot.) de Georg-Hans Reinhardt qui doit passer dans le secteur de Monthermé. L’isthme de Monthermé constitue un point faible dans la défense française du secteur, affecté au II/ demi-brigade de mitrailleurs coloniaux (II/ DBMC) du commandant Verdier: le haut commandement a en effet tenu à ce que la défense s’appuie le long du cours d’eau, refusant, comme le voudrait Verdier, d’abandonner l’isthme en ne défendant que sa base.
La défense de l’isthme (essentiellement (lieutenant Barbaste) du II/ DBMC et deux tourelles mitrailleuses blindés ne peuvent se couvrir les uns les autres. Le à, après le repli des éléments de cavalerie situés sur la rive droite, le pont de Monthermé est détruit par les Français, cependant ses superstructures métalliques émergent de la Meuse. Les Allemands de l’une des deux Panzer-Divisionen du XLI. Armee-Korps (mot.), la 6e Panzerdivision de Werner Kempf, arrivent sur la rive droite du fleuve à Monthermé le et ils investissent immédiatement les habitations de la rive droite. Après une préparation d’artillerie sur la presqu’île « qui ressemble maintenant à une chaudière », les fusiliers allemands du III./Schützen-Regiment 4 entament la traversée vers, en canots pneumatiques, de part et d’autre du pont détruit la veille. Les Allemands remarquent rapidement que les superstructures du pont, qui dépassent des eaux, peuvent permettre l’établissement d’une passerelle de fortune à l’abri des tirs français qui les gênaient jusque-là considérablement.
Devenus ainsi nombreux à être passés sur la rive gauche, les Allemands isolent et prennent à revers les positions françaises qui tombent les unes après les autres, les blocs étant orientés pour faire feu sur le fleuve, ils ne peuvent se défendre d’une attaque par la terre doivent être tombés. Il trouve la mort au cours de cette action qui échoue. Dans le même temps, les Allemands se sont dirigés vers la base de l’isthme, où se trouve la ligne intermédiaire, initialement défendue par la du II/ DBMC. Le 14 au matin, les combats reprennent sans résultats pour les Allemands mais les défenseurs sont également épuisés et à court de ravitaillement; les artilleurs envoyés en renfort se replient intempestivement et également le II/ RI dont « les hommes, les officiers même, refluent ». Manquant d’armes antichars et d’hommes ( de la ayant battu en retraite, la connaissant un destin similaire), la défense cède enfin, la Kampfgruppe Esebeck fonce alors vers Montcornet qu’elle atteint dans l’après-midi, faisant de très nombreux prisonniers. Le plan Dyle qui prévoyait de livrer la bataille décisive qui aurait dû stopper l’invasion allemande en Belgique ne sera ainsi jamais mis en œuvre.
Entre le 10 et le, les Ardennais sont évacués vers la Vendée et les Deux-Sèvres. Les autorités préfectorales avaient décrété que les habitants de Monthermé soient dirigés vers Saint-Jean-de-Monts, Fromentine, Notre-Dame-de-Monts, Beauvoir-sur-Mer et L’Île-d’Yeu. Les maquis se battaient dans la région dans le cadre de la Mission Citronelle, Judex empêchait avec ses hommes la destruction du pont de chemin de fer à la gare en.
Patrimoine religieux
La commune de Monthermé offre, par sa position géographique au confluent de la Meuse et de la Semoy et son implantation dans une boucle de la Meuse, un ensemble de points de vue permettant de voir la commune sous différents angles Certains de ces sites, comme celui de la Roche à, permet également au promeneur d’observer des affleurements de schistes dont certains bancs ardoisiers qui ont été exploités dans ce secteur. Depuis ce site, le visiteur pourra également voir cette curiosité géologique, formée de bancs de quartzite évoquant, selon la légende, le passage des quatre fils Aymon dans la région (site situé et à voir sur la commune de Bogny-sur-Meuse). À son origine, Monthermé compte deux bassins de population, établis autour de l’église Saint-Léger et de l’abbaye de Laval Dieu.
Les parties les plus anciennes, comprenant le mur nord de la nef, la croisée du transept et le croisillon nord sont datés de la fin. L’édifice fut en grande partie détruit en 1445 par une incursion d’une bande de pillards nommés les Écorcheurs à la solde d’un prince de Liège. Reconstruite, elle fut consacrée en 1452 par l’archevêque Jean II Jouvenel des Ursins.
L’édifice connut plusieurs modifications, notamment durant les Guerres de religion où il fut fortifié. À l’intérieur, on peut observer une cuve baptismale fin -début. Le maître-autel, en marbre, aurait été réalisé en 1783 par un artiste de Charleville-Mézières, François Feuillat. À voir également, les fresques.
L’édifice a été classé au titre des Monuments historiques en 1959. L’abbaye fut fondée en 1128, à la « Bouche de Semoy » au confluent de la Meuse et de la Semoy par Ithier (Whiter) dit le Dévot. L’église de la communauté de chanoines prémontrés fut détruite par un incendie volontaire durant la nuit du 16.