Montmorot
Histoire de Montmorot
Montmorot est une commune de Jura, en Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 3 154 habitants.
Le territoire de Montmorot présente des traces d’occupation humaine très anciennes. Des outils lithiques découverts notamment au hameau du Grand Sugny attestent d’une présence humaine remontant au Paléolithique. Ces découvertes ont été étudiées par l’archéologue Louis-Abel Girardot, qui a attribué les premières occupations du site à des groupes néandertaliens remontant à environ 145 000 ans avant notre ère. Après la dernière glaciation, l’installation de populations d’Homo sapiens s’intensifie et les sites d’habitat se multiplient, notamment durant la période magdalénienne (environ 14 500 à 12 500 av. Des fouilles réalisées au « camp du château » de Montmorot, ainsi qu’aux Salines, ont permis de mettre au jour de nombreux objets: céramiques, outils en pierre, artefacts en os ou en bois de cervidé, ainsi que diverses parures. Ces découvertes témoignent d’une occupation continue du territoire entre le Néolithique moyen (vers 4000 av.
J.-C.) et la fin de la Protohistoire. Les vestiges archéologiques attestent également d’une présence humaine durant les âges des métaux. Les haches en pierre verte sont relativement fréquentes dans la région. En revanche, les objets appartenant à l’âge du cuivre (chalcolithique), qui débute vers 3500 av. J.-C., demeurent rares dans le Jura. À partir de l’âge du bronze (environ 1800 à 700 av.
J.-C.), les traces d’occupation deviennent plus nombreuses. On retrouve notamment des haches en bronze, d’origine probablement locale, mais certaines pièces présentent des caractéristiques évoquant les productions métallurgiques de régions plus éloignées comme la Bretagne ou la Normandie, ce qui témoigne de réseaux d’échanges à longue distance ont mis en évidence une occupation remontant au début de l’âge du Fer, correspondant à la période celtique. Les sondages stratigraphiques ont révélé un habitat installé sur un sol aménagé ainsi que des fragments de céramiques caractéristiques de cette période. La découverte de fibules serpentiformes à disque d’arrêt, attribuées à l’horizon 7a de la typologie de Parzinger, permet de situer le début de l’occupation du site au début du VIᵉ siècle av. Ces vestiges témoignent de l’existence d’un établissement protohistorique implanté sur la butte dominant la cuvette de Lons-le-Saunier, dans une région qui appartenait alors au territoire de la tribu gauloise des Séquanes. Durant la période de La Tène (environ 450 à 25 av.
J.-C.), qui correspond à l’apogée de la civilisation celtique, la région s’insère dans les réseaux d’échanges gaulois. Après la conquête romaine, la région est intégrée à la province de Séquanie. La Pax Romana favorise le développement des voies de communication reliant notamment Lugdunum (Lyon) et Andemantunum (Langres). Des vestiges gallo-romains ont été découverts à Montmorot: monnaies datées du, objets domestiques, ainsi que les restes d’un important ensemble architectural situé à proximité de l’actuelle rue des Salines. Ce complexe, interprété comme un établissement thermal ou un édifice public, mesurait environ 200 mètres de long sur 100 mètres de large. Des mosaïques, ainsi que plusieurs pièces dotées d’un système d’hypocauste (chauffage par le sol), y ont été identifiées.
Au Ve siècle, la région est touchée par les grandes invasions. En 451, lors de la campagne d’Attila en Gaule, les Huns ravagent plusieurs villes de la région, notamment Besançon et Luxeuil. Dans ce contexte d’insécurité, les populations se replient souvent vers des sites naturellement défensifs, hauteurs ou anciennes fortifications, en particulier la colline du château de Montmorot. Au Moyen Âge, Montmorot est composé de deux seigneuries distinctes Quelques années plus tard, en 1323 ou 1324, Jeanne II de Bourgogne, épouse du roi de France Philippe V, acquiert la seignerie de Montmorot auprès de Guillaume de Vienne. La place devient alors une châtellenie comtale.
Au XIVe siècle, Montmorot occupe une position stratégique car il contrôle les passages vers le Haut-Jura. Le château devient un centre administratif important pour les représentants du comte de Bourgogne. Le bailli d’Aval y exerce une autorité judiciaire étendue. Le châtelain, chargé de la garde du château, administre également plusieurs territoires voisins.