Morlaix
Histoire de Morlaix
Établi à la confluence du Jarlot et du Queffleuth, Morlaix occupe depuis l’Antiquité un nœud de routes: six voies romaines s’y croisaient, reliant Vorgium (Carhaix), Vorganium (Plounéventer), Saint-Pol-de-Léon, Lannion, Fanum Martis (Corseul) et Landerneau. Oppidum des Osismes transformé en castrum romain sur la colline du Parc-au-Duc, le site devint vers l’an 1000 le siège d’un seigneur du Léon qui y construisit un château dans la presqu’île de confluence. Dès le XIe siècle, des moines de trois abbayes — Saint-Mathieu de Fine-Terre, Saint-Mélaine de Rennes et Marmoutier — fondèrent les prieurés à l’origine des trois faubourgs historiques de la ville: Saint-Mathieu, Saint-Mélaine et Saint-Martin. En 1179, le duc Geoffroy II de Bretagne rattacha Morlaix au domaine ducal.
En 1522, des marins anglais profitèrent de l’absence des hommes partis en mer pour saccager la ville. Les Morlaisiens, revenus à temps, repoussèrent les pillards et leur infligèrent de lourdes pertes. Cet épisode donna naissance à la devise de la ville: « S’ils te mordent, mords-les. » Morlaix devint aux XVIe et XVIIe siècles un des premiers ports de commerce du Grand Ouest grâce au négoce des toiles de lin. Le viaduc ferroviaire, construit de 1861 à 1864 (292 mètres de long, 58 mètres de hauteur, 14 arches de granite de l’île-Grande), permit l’intégration de la ville au réseau Paris-Brest.
Toponymie de Morlaix
Le nom est attesté sous la forme Mons Relaxus dès 1128, puis Montrelez, Morloys (1371) et enfin Morlaix. En breton, la ville se nomme Montroulez, forme recommandée par l’Office public de la langue bretonne. L’étymologie de Mons Relaxus (littéralement « mont du repos » ou « mont relâché ») reste discutée.
Patrimoine religieux à Morlaix
L’église Saint-Mélaine, de style gothique flamboyant, fut reconstruite au XVe siècle sur le site du prieuré bénédictin fondé au XIe siècle. L’église Saint-Martin et l’église Saint-Mathieu perpétuent les deux autres prieurés fondateurs. La fontaine des Carmélites (XVe siècle) et plusieurs maisons à pondalez — galeries intérieures à plusieurs niveaux — témoignent de la prospérité marchande médiévale de la ville.