Mouy
Histoire de Mouy
Mouy est une commune de Oise, en Hauts-de-France, qui compte 5 305 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Drogonem de moi (vers 1136); Moi (vers 1136); Moy (1179); Drogo de Moy (1190); Drogo miles de moi (vers 1200); Moye (1204); Radulfus de Moyaco (1214); Moyacum (1226); Mooy (1239); domini de Moia[co] (1244); drochone de moiaco dominus de monciaco (1244); Moicum (1270); iohannis de moi (1270); Moiacum (1272); Johanni de Moiaco (1287); Jehan de Moy (1287); de Moyaco (1292); capella in castro de Moys (XIVe); Mouy (1522); Mouy sur Therain (1536); Mouy en Picardie (vers 1610); Mouï (XVIe); Mouy sur Terrain (1660); « Mouy sur terain dans lisle de france » (1728); Mouhy (XVIIIe); Mouy-de-l’Oise (XIXe).
Les terres de Mouy semblent avoir été possession des Sires de Moÿ de Vermandois également seigneurs des terres de Moÿ dans l’Aisne. Cette famille est connue depuis l’an 1045. À partir du XIIe siècle, Mouy était une place forte dépendante de la châtellenie de Mouchy-le-Chatel. En 1459, on parle de Mouy comme d’un village de 300 feux et dont le cœur est constitué par une église, un château et ses dépendances. Lors de la rénovation de la place Cantrel, 23 sépultures médiévales ont été découvertes en 2018. Le château dont il ne reste qu’une petite partie, sert de refuge aux protestants de la région durant les guerres de Religion du XVIe siècle, le seigneur de l’époque étant partisan de la réforme.
Cette citadelle, enjeu de plusieurs combats, est prise et reprise tout au long de ces périodes troublées et connait les destructions et les représailles du pouvoir catholique que pareille situation suppose. Le dernier des Vaudrey-Coligny (famille possédant les terres de Mouy depuis 1449) étant resté le seigneur de Mouy après ces événements devient le serviteur le plus zélé de Henri IV. Mouy, par le jeu des seigneurs morts sans postérité et des successions multiples, finit par échoir à Monsieur le Frère du Roi avant la Révolution française. Si en 1790 Mouy est encore un gros village de 400 maisons, en 1830, le nombre d’habitations a quasiment doublé. Cet essor se poursuit tout au long du XIXe siècle. Les Mouysards de l’époque semblent acquis aux idées nouvelles si on en croit le curé Sallentin qui prend fait et cause pour la Révolution française et demande à ses paroissiens de soutenir le nouveau régime.
Une large part de la population partageait ces sentiments puisqu’en 1792, parmi les volontaires combattant les armées royalistes venant de l’étranger, on relève le nom d’une femme patriote, Marie Geneviève Prothais, ce qui n’était pas habituel dans la région. Ces idées de progrès et de liberté restent fortement ancrées et le, les résultats au plébiscite de Louis-Napoléon Bonaparte placent le canton de Mouy en tête des votes négatifs du Département (moyenne départementale 4 %) avec Mouy à 30 %. Dans le même temps, on assiste à un développement industriel considérable de la Ville grâce au Thérain qui fournit la force motrice nécessaire à l’implantation de l’industrie textile relayée dans les années 1860 par celles des cuirs et peaux et de la brosserie. De cette croissance, il ne reste que des grandes bâtisses, maisons de maître du XIXe siècle dont l’architecture emprunte beaucoup au mouvement haussmannien, et quelques chapelles vétustes dans l’ancien cimetière. Ces constructions témoignent d’une richesse insolente pour quelques-uns et de beaucoup de misère pour une population laborieuse dépourvue de tout, au point qu’il faut la création d’une cantine scolaire en 1894 pour que les enfants indigents fréquentent l’école. Après la Première Guerre mondiale, les industries s’affaiblissent peu à peu.
La manufacture de tapis, vestige des anciennes filatures, les fabriques de chaussures ferment une à une. La tannerie disparaîtra dans un incendie. Seule l’industrie de la brosserie s’adapte aux nouveaux modes de production et continue de nos jours. Elle semble néanmoins connaître ses dernières heures.