Moyeuvre-Grande
Histoire de Moyeuvre-Grande
Moyeuvre-Grande est une commune de Moselle, en Grand Est, qui compte 7 330 habitants.
Village du duché de Bar cité en 871 dans une charte de l’abbaye de Gorze. De 1285 à 1560, les comtes puis ducs de Bar y possédaient des forges. L’origine des forges. Propriétaires des forges: Gauvin de Germiny, Fabert en 1624, Bourdelois en 1729 et de Wendel en 1811. Le village est incendié par les Messins en 1345 et 1429 et détruit pendant la guerre de Trente Ans. En 1817, Moyeuvre, « village de l’ancienne province du Barrois au confluent de l’Orne et du Conroy » avait pour annexes le village de Moyeuvre-Petite, les trois fermes de Froidcul, les fermes de Corba et Tréhèmont et le moulin de la Frapouille.
À cette époque, le village comptait habitants répartis dans 185 maisons. À l’instar des autres communes de l’actuelle Moselle, Moyeuvre-Grande est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Moyeuvre-Grande devient Großmoyeuvre, puis Großmövern. À cette époque, Moyeuvre-Grande est un bourg frontalier, à la limite de l’Allemagne et de la France, proche de Jœuf qui, restée française, est devenue meurthe-et-mosellane. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les soldats mosellans sont naturellement incorporés dans l’armée allemande. Pour éviter les désertions, de nombreux soldats sont envoyés sur le front russe.
Les Mosellans accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix retrouvée. En 1918, Großmoyeuvre redevient Moyeuvre-Grande. La Seconde Guerre mondiale et le drame de l’Annexion marqueront longtemps les esprits. Les cantons de Moyeuvre-Grande (en allemand Großmövern) et de Mondelange (Mondelingen) de l’arrondissement de Thionville (Diedenhofen) sont rattachés à l’arrondissement de Metz-Campagne. La commune, administrativement rattachée au Gau Westmark, sera libérée dès le, échappant ainsi aux derniers bombardements américains. Depuis de nombreux siècles le travail du fer a donné de l’ouvrage aux habitants de la vallée de l’Orne.
Des traces d’activité métallurgique datant des époques romaines et mérovingiennes ont été mises en évidence dans la contrée. En 1323, le comte Édouard de Bar fait construire, près de la confluence de l’Orne et du Conroy, une forge hydraulique, la plus ancienne forge de ce type connue de la France actuelle. Au, la forge de Moyeuvre est la plus importante d’Europe. La sidérurgie Lorraine était en plein essor dans la seconde moitié. Cette forge ducale très mal connue témoigne de la croissance de l’industrie du fer à l’époque prémoderne. La forge de Moyeuvre tire probablement son origine de la première forge hydraulique construite en Lorraine vers 1324.
Elle illustre le développement de la productivité de l’appareil réducteur. Vers 1564/1566, elle produisait plus de 150 tonnes par an. En 1599, la production annuelle monta à 500 tonnes environ: chiffre inégalé en Europe à cette époque. En même temps, les produits se diversifiaient: fer forgé, fer fendu ou fonte. L’établissement, propriété du duc de Lorraine, était confié au début à des agents ducaux, puis à des amodiateurs, parfois appelés marchands-maîtres de forges qui se procuraient les fonds, les matières premières et les débouchés, et géraient en totalité l’exploitation. Un personnage important de la commune est Louis de Bettainvillers, prototype du maître de forge jusqu’au seuil du, grand entrepreneur, intégré au cadre seigneurial de l’exploitation, qui parvient à entrer dans l’aristocratie en acquérant des terres, des offices et des lettres de noblesse.
C’est en 1811 que François de Wendel les rachète. Sept hauts-fourneaux sont successivement mis à feu à l’usine de Moyeuvre à la fin du, puis un huitième en 1901 et le 8 bis en 1921. Il n’est fait que très rarement mention du haut-fourneau 4 dont la durée de vie a été très courte (1879-1893/94). En 1927, huit hauts-fourneaux sont en activité. Le HF2, arrêté pour reconstruction en, ne sera pas reconstruit. En 1956, les six hauts-fourneaux en activité produisent de fonte.
Ces hauts-fourneaux vont connaître des réfections successives que les archives nous permettent de bien cerner. Le HF5 est arrêté en, puis le HF8 en. Les années 1968-1969 marquent l’arrêt des derniers hauts-fourneaux.