Naintré

Histoire de Naintré

Naintré est une commune de Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 5 944 habitants. Le nom du bourg proviendrait de l’anthroponyme gaulois Néméturius avec le suffixe latin de propriété « -acum » devenu « -ec » puis « -é » et signifiant « domaine de Néméturius ». Le toponyme des hameaux « Peu » et « Puyrigault » proviendrait du mot latin « podium » associé à l’idée de petite éminence, qui a dérivé ensuite en « puy », mais aussi en « peu ».

De l’époque néolithique subsiste le menhir du Vieux Poitiers en grès jaunâtre sur lequel à l’époque gauloise fut tracée une inscription. Connue depuis très longtemps, elle a été mentionnée pour la première fois au par Dom Mazet de l’abbaye bénédictine de Saint-Cyprien à Poitiers. Le toponyme local des Raïtes, dans la commune de Fressines dans les Deux-Sèvres, qui n’a jamais encore été expliqué est peut-être à rapprocher de ce mot gaulois ratis. Ce mot ratis constitue la racine du toponyme allemand de Ratisbonne. On le retrouve dans les noms antiques de Strasbourg Argento-Rati, de l’Île de Ré (Ratis) et à Rezé près de Nantes avec le dérivé (Rati-ate). Le menhir a été intégré dans l’urbanisation des lieux à l’époque gallo-romaine, comme le montrent les photographies aériennes.

Un double tombeau de femmes datant du Bas-Empire y a été découvert et fouillé. Cette importante agglomération gallo-romaine était sur une ancienne voie traversant le territoire des Pictons (voir lien externe). Située sur la commune de Naintré, cette ville fut appelée Vieux-Poitiers et c’est là que Pépin le Bref et Carloman se partagèrent les États de leur père Charles Martel. En 1706, les habitants de Naintré se révoltent contre la capitation, un impôt provisoire levé de 1695 à 1698, puis de façon continue de 1701 à 1789. Comme le reste de la France, Naintré accueille favorablement les avancées de la Révolution française. Elle plante ainsi son arbre de la liberté, symbole de la Révolution, devant l’église.

Il devient le lieu de ralliement de toutes les fêtes et des principaux événements révolutionnaires. En 1886, la commune comptait sept familles de carriers au hameau du Peu sur les 19 recensés. Le sous-sol en calcaire a longtemps constitué une importante source de revenus pour la population villageoise. Le tuffeau a été utilisé comme pierre de construction dès l’époque gallo-romaine. Il a fait, par la suite, l’objet d’une exploitation intensive à partir du jusqu’au début. L’exploitation à l’époque romaine se faisait principalement à ciel ouvert.

À partir du Moyen Âge, les carriers ou « pierreyeux » ont préféré creuser à flanc de coteaux pour s’enfoncer dans la veine. Le tuffeau gardait ainsi une humidité qui en facilitait la taille. En effet, à l’air libre celui-ci s’assèche et se durcit. Ces galeries peuvent s’ étendre sur plusieurs kilomètres. Elles seront par la suite, utilisées comme caves, refuges souterrains, ou plus tardivement en champignonnières. Le travail des carriers était particulièrement difficile.

Il demandait une grande force physique. À l’aide d’un pic à long manche, le carrier creusait dans le front de taille une saignée d’environ pour isoler le bloc à extraire. Il insérait ensuite dans ce sillon des coins en bois dur et sec avec un maillet. Ce coin était mouillé afin de gonfler et, ainsi, par pression, provoquer une rupture à l’arrière du bloc. Le bloc était, ensuite, débité en pierres de construction qui étaient chargées sur une charrette pour être stockées à l’air libre et séchées. Les carriers à temps plein étaient rares.

C’étaient essentiellement des paysans qui travaillaient à la carrière l’hiver pour s’assurer un complément de revenu. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette activité disparut à la suite de l’importance de la mortalité masculine pendant la guerre, d’une désertification des campagnes et du fait, de la concurrence du ciment. Un dépôt allemand de carburant situé dans la forêt domaniale de Châtellerault est bombardé deux fois pendant l’été 1944. Le premier bombardement a lieu dans la nuit du 15 au, de 0 h 43 à 1 h 09. Le marquage est effectué par quatre Mosquitos. Suivent 110 bombardiers Avro Lancaster, dont 31 de la Royal Australian Air Force, les autres appartenant à la Royal Air Force (RAF).

Les 1700 bombes larguées représentent 350 tonnes environ. Le bombardement est réussi, puisque la cible est entièrement détruite, mais un des avions du squadron (RAF) s’écrase au village de Besse, à Châtellerault: un civil meurt d’une crise cardiaque, ainsi que 25 tirailleurs sénégalais prisonniers de guerre. Dans la nuit du 9 au, le dépôt qui avait été reconstitué est à nouveau bombardé. Cette fois, ce sont 176 Lancaster III précédés de 14 Mosquitos de la RAF et de la RAAF qui attaquent le dépôt. Chaque avion largue quatre bombes de 500 livres de type GP et onze bombes de 1000 livres de type SAP-USA ou GP-USA, soit un total de 5,89 tonnes par avion et de 1000 tonnes au total. La formation adoptée par les bombardiers, volant près les uns des autres et tous feux éteints, explique un accident: deux Lancaster se heurtent au-dessus de Thuré et un seul aviateur survit après avoir sauté.

L’industrie se développe au bord du Clain. Plusieurs moulins destinés à la coutellerie se développent puis deviennent des usines de construction mécanique comme au hameau de Domine avec l’industriel Pierre Bachy et les frères Léonce et Claude Duteil où en plus de la mécanique, on fabrique limes et râpes. En 1959, la production de couteaux cesse. Elle sera remplacée deux ans plus tard par une société de fabrication de crépines de forage et de filtres industriels créée en association avec le groupe américain des Filtres Crépines Johnson. L’usine métallurgique de Domine compte alors plus 700 salariés dans les années 1960 et 1970. Au milieu des années 1980, la partie Crépines déménage sur la commune voisine d’Availles-en-Châtellerault.

Elle est aujourd’hui connue sous le nom de Johnson Screens et appartient à Aqseptence Group SAS. À cette même période, la partie mécanique est, elle, reprise par le groupe Elf Aquitaine et les directeurs se succèdent à la fin des années 1970. La production de limes et râpes diminue au début des années 1980 puis s’interrompt à son tour, et de nombreux licenciements pour cause économique ont lieu entre 1983 et 1985. Les machines à vendanger Femenia fabriquées sur le site par la suite n’empêcheront pas l’usine de fermer définitivement ses portes quelques années plus tard.

Informations Clés

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Population

5.944 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Vienne
(86)

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