Nancy
Histoire de Nancy
Sur les plateaux qui dominent Nancy, on a retrouvé des sites néolithiques, des habitats celtiques des Leuques sur la butte Sainte-Geneviève, mais le site même de la ville n’apparaît dans les textes qu’à la fin du VIIe siècle, à l’époque mérovingienne. La plus ancienne attestation connue est portée par une monnaie d’or frappée vers le début du VIIe siècle au nom de MEDOALD avec la légende NANCIACO. La naissance de la ville est ensuite liée à l’édification d’un château féodal au XIe siècle par Gérard d’Alsace; ses successeurs en feront la capitale du duché de Lorraine au XIVe siècle.
En 1218, la ville est entièrement incendiée par l’empereur Frédéric de Hohenstaufen pendant la Guerre de Succession de Champagne. Elle se reconstruit, se fortifie et entre dans l’histoire le 5 janvier 1477, lorsque Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, meurt sous ses murs face à René II de Lorraine, après un long siège qui s’achève dans la neige et le sang à l’étang Saint-Jean. C’est ce duc bâtisseur qui fait reconstruire le palais ducal, ériger l’église des Cordeliers et lancer la dévotion à Notre-Dame-de-Bonsecours.
Du XVIIe au XVIIIe siècle, Nancy traverse plusieurs occupations françaises et reconquêtes lorraines, jusqu’à ce que la guerre de succession de Pologne aboutisse au traité de Vienne (1738): le duché est remis à Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV. Ce sont les vingt-huit années de Stanislas (1737-1766) qui donnent à Nancy son visage classique — la place royale, devenue place Stanislas, l’Arc Héré, la place de la Carrière — ensemble urbain inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. À sa mort en 1766, la Lorraine entre dans le royaume de France.
Toponymie de Nancy
Le nom de Nancy apparaît pour la première fois sous la forme NANCIACO sur une monnaie mérovingienne en or du début du VIIe siècle. Suivent ensuite Nanceiacum en 896, Nanceio en 1073 dans une charte de l’évêque Pibon de Toul, Nancei à partir de 1138, puis la forme moderne Nancy en 1594. La terminaison rattache le toponyme aux noms en -(i)acum, ce suffixe locatif gallo-romain qui désigne « le domaine de… ». Xavier Delamarre y reconnaît le nom de personne gaulois Nantios, dérivé du gaulois nanto qui signifie « vallée encaissée » ou « cours d’eau » — un radical que l’on retrouve dans Nantua, Nant ou Les Nans. Le toponyme correspond à la situation géographique de la ville, dans la vallée de la Meurthe, au pied de la côte de Moselle. Nancy se nomme aussi Nanzig en allemand et Nanzeg en luxembourgeois, traces des frontières mouvantes qui ont longtemps traversé la Lorraine.
Patrimoine religieux à Nancy
La cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation est l’une des rares cathédrales françaises construites à l’époque classique, au XVIIIe siècle. Elle conserve un trésor riche, dont un évangéliaire du Xe siècle, et des grandes orgues construites en 1763 par Nicolas Dupont, reconstruites par Cavaillé-Coll en 1861, classées au titre des monuments historiques. C’est le siège du diocèse de Nancy-Toul. Plus ancien que la cathédrale, le plus vieil édifice de la ville encore visible est la commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître, fondée en 1140 par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont seul subsiste un clocher de style roman, vestige d’une église élevée par le duc Mathieu et détruite au XIXe siècle.
L’église des Cordeliers, élevée au XVe siècle par René II en mémoire de sa victoire sur Charles le Téméraire, abrite une nef unique bordée des enfeus des ducs de Lorraine et une chapelle ducale baroque ajoutée au XVIIe siècle. À deux pas, l’église Saint-Sébastien, achevée au XVIIIe siècle, déploie un style baroque italien sous la forme d’une église-halle. L’église Notre-Dame-de-Bonsecours, du XVIIIe siècle également, conserve le tombeau de Stanislas Leszczyński; elle reste paroisse des Polonais en Lorraine. Le temple Saint-Jean, ancienne abbaye Saint-Joseph des Prémontrés, a été affecté au culte protestant en 1807.