Neufchâteau

Histoire de Neufchâteau

Située dans le département des Vosges, en région Grand Est, Neufchâteau compte 6 580 habitants. La section de la table de Peutinger qui dépeint la voie romaine allant de Toul (Tullum) à Langres (Andemantunnum) mentionne une station romaine dénommée Noviomagus. Sur le seul fondement d’une analogie phonétique, une dizaine d’historiens — dont Dom Calmet et Auguste Digot — ont cru voir en ce Noviomagus (« nouveau marché ») l’origine de Neufchâteau (« nouveau château »). La distance indiquée entre Noviomagus et Toul sur la table — soit environ vingt-deux grandes lieues gauloises — exclut toutefois cette identification. Il faut bien plus probablement reconnaître Noviomagus dans le village de Nijon, en Haute-Marne, situé sur la voie romaine et où ont été retrouvés des vestiges archéologiques. Le toponyme de Neufchâteau renvoie en réalité à un château: c’est à la fin du XIe siècle que le duc Thierry II de Lorraine établit une nouvelle ville fortifiée sur une butte dominant le Mouzon. Elle est logiquement nommée Novum Castrum (1094), forme sous laquelle les chartes en latin la désignent invariablement.

Le site de Neufchâteau correspond au point de passage de la grande voie romaine Lyon-Trèves sur le Mouzon, entre les stations de Noviomagus (Nijon) et de Solimariaca (Soulosse). Le fait qu’on ne puisse identifier Noviomagus à Neufchâteau ne signifie pas qu’il n’y ait pas eu d’habitat gallo-romain dans la région. À la confluence de la Meuse et du Mouzon, dans l’actuel quartier des Cinq-Ponts, divers vestiges gallo-romains ont été mis au jour, dont les restes d’un établissement de bains et d’anciennes sépultures datant de l’empereur Commode. Certains historiens, dont Benoît Picart et Dom Calmet, ont voulu faire d’Étienne de Joinville — désigné en latin par Stephanus de novo Castello — le fondateur de Neufchâteau au début du XIe siècle. Cette thèse est cependant réfutée par les chartistes, le novum Castellum désignant selon eux le château de Joinville, en Champagne, qu’Étienne avait fait bâtir vers 1030.

On ne trouve pas de mention certaine de Neufchâteau avant la fin du XIe siècle, lorsque Pibon, évêque de Toul, confirme en 1094 la fondation d’un prieuré à Méréville, sur la Moselle, au sud de Nancy. La charte mentionne, parmi d’autres donations, celle d’un certain Hermann « de Saint-Christophe », comprenant un quartier de terre sis « apud Novum Castrum » (« à Neufchâteau »). Dans les dernières décennies du XIe siècle, le duc de Lorraine avait en effet établi, sur la butte-témoin enserrée par un méandre du Mouzon, une nouvelle ville fortifiée au voisinage de l’ancienne église Saint-Christophe, en y incluant la nouvelle église Saint-Nicolas. Au XIIe siècle, la ville est déjà suffisamment prospère pour être citée dans les chansons de geste: dans Garin le Loherain, le Bourguignon Aubri donne rendez-vous à Garin et à son armée « devant le Neufchastel », preuve qu’elle est alors considérée comme une place forte d’importance. Au début du XIIIe siècle, dans la chanson d’Hervis de Metz, l’un des bourgeois de Nuef-Castel accueille Hervis et sa suite, qui y festoient richement, en compagnie de musiciens, jongleurs et baladins.

En 1231, le duc aurait octroyé aux bourgeois de Neufchâteau une charte leur permettant de choisir treize personnes pour exercer les fonctions de jurés, ceux-ci élisant chaque année l’un d’entre eux comme maire. Cette charte, aujourd’hui disparue mais qui ferait de Neufchâteau la première ville libre du duché, est précédée et suivie, entre 1225 et 1290, de plusieurs autres: le duc de Lorraine et le comte de Champagne se disputent la ville à coup de chartes concurrentes. Neufchâteau est par ailleurs régulièrement choisie pour accueillir les assemblées chargées de régler les différends entre le duché de Lorraine — relevant du Saint-Empire — et le royaume de France. Ainsi, en 1299, les envoyés du roi de France rencontrent à Neufchâteau les ambassadeurs de l’empereur pour préparer une entrevue entre les deux monarques près de Vaucouleurs. La tradition rapporte qu’à cette occasion les deux souverains auraient tracé les frontières de leurs États, et même planté des bornes de cuivre dans le lit de la Meuse. S’il s’agit probablement d’une légende, il est vrai que, du XIVe au XVe siècle, le fleuve passe pour limite du royaume et de l’empire. Le XIVe siècle est, à Neufchâteau comme ailleurs en Lorraine, une période de guerres et de troubles, marquée par la rivalité entre les ducs de Lorraine et les comtes de Bar, puis par la Jacquerie qui embrase la ville. Les successeurs des « Rois maudits » saisissent habilement la situation pour renforcer l’influence française.

Patrimoine religieux

Neufchâteau dispose d’un patrimoine architectural et artistique de grande valeur, conséquence directe de son passé historique. L’ensemble du centre historique est inclus dans un secteur sauvegardé qui conserve de nombreux édifices de la Renaissance et de la période classique. Plusieurs éléments du patrimoine mobilier sont classés au titre des monuments historiques: l’église Saint-Christophe et l’église Saint-Nicolas, mentionnées dès la fondation médiévale de la ville, l’hôpital, le couvent des sœurs du Saint-Esprit de Rouceux, l’hôpital du Saint-Esprit et le tribunal d’instance, autant d’éléments relevant de la compétence des Conservateurs des antiquités et objets d’art. Ces édifices religieux et hospitaliers, étroitement associés à l’identité de la ville fortifiée par le duc Thierry II, témoignent du rôle continu de l’institution ecclésiale dans la structuration urbaine de Neufchâteau.

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Population

6.580 habitants

Région

Grand Est

Département

Vosges
(88)

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