Neuilly-sur-Seine
Histoire de Neuilly-sur-Seine
Neuilly-sur-Seine est une commune de Hauts-de-Seine, en Île-de-France, qui compte 59 267 habitants. Les plus anciens actes mentionnant ce village fondé par des moines de l’abbaye de Saint-Denis au nomment ce lieu « Lulliacum » ou « Lugniacum » en latin, et « Nully » ou « Lugny » en français.
Le pôle principal de Neuilly-sur-Seine est à l’origine le village de Villiers-la-Garenne. Il est fait mention du vill. Ce port est un écart de Villiers-la-Garenne. Le nom se transforme ensuite en port de Luny, port de Nully, Nully, Nulliacum (1316-1379) puis Neuilly.
. En 1789, Neuilly devient une commune et prend son indépendance de Villiers-la-Garenne., fin du (Archives nationales). Le nom de Portum Lulliaco apparaît pour la première fois sur une charte de l’abbaye de Saint-Denis. En 1140, les moines établissent un bac qui permettait le passage de la Seine, probablement un peu au nord de l’avenue Charles-de-Gaulle actuelle. Un village se forme autour de leur ancienne ferme appelée Nully en 1316. Nully devient un lieu de passage entre Paris et la Normandie. Le 9, le roi Henri IV et son épouse, Marie de Médicis, ont failli se noyer lorsque leur carrosse a chaviré lors de la traversée en bac de Neuilly.En 1609, cet événement conduit à la construction d’un premier pont en bois de seize arches, dans le prolongement de l’actuelle rue du Pont, qui fut reconstruit, à partir de 1638, sous. En 1772, sous, un pont en pierre de de long est construit par Jean-Rodolphe Perronet en remplacement du pont en bois délabré (une statue de ce dernier se dresse jusqu’en 2023 au pied du pont sur la pointe orientale de l’île de Puteaux). Le pont se trouve cette fois-ci dans l’axe historique et non plus dans le prolongement de l’actuelle rue du Pont. En 1942, un pont métallique réalisé par Louis-Alexandre Lévy le remplace, l’actuel pont de Neuilly. En 1992, le pont est élargi pour permettre le passage en surface du pont du prolongement de la ligne 1 du métro jusqu’à La Défense. du parc de la folie Saint-James, rue du Général-Henrion-Bertier. François, à son retour d’Espagne, en 1529, y fait construire le château de Boulogne, en bordure de la forêt de Rouvray (dont le bois de Boulogne est la partie qui subsiste aujourd’hui) qui, sous, prit le nom de château de Madrid. Il est démoli en 1793, pendant la Révolution.
Il est situé approximativement autour du 31, boulevard du Commandant-Charcot. Seules quelques voies de circulation en conservent le nom, comme l’allée, la villa ou l’avenue de Madrid. En 1777, Claude Baudard de Vaudésir de Saint Gemmes (il anglicisera le nom Saint Gemmes, propriété lui appartenant près d’Angers, en Saint-James), trésorier général de la marine de Louis XV, qui sera révoqué pour détournement de fonds, fait construire et aménager un domaine planté d’arbres et d’arborescences recherchées, la folie Saint-James (du latin Folia). Dans ce parc est construit le lycée de la Folie-Saint-James dans les années 1950, modernisé en 2007. En 1814, quelques grenadiers du de Grenadiers de la Garde impériale venus de la caserne Charras de Courbevoie défendent le passage du pont de Neuilly. Dans les années 1870, une pompe à feu fournit par jour d’eau à Paris. Le mot « Sablon » vient de la nature du sol. Ce quartier se trouve alors sur une plaine, et dès 1717, les plans mentionnent la Croix des Sablons.
Tous les ans, le Roi y passe une revue militaire. Les registres paroissiaux font état, en 1732, 1735 et 1739, de la plaine des Sablons. C’est en 1786 à Neuilly, sous Louis, que l’apothicaire Antoine Parmentier tente les premières cultures de la pomme de terre dans la plaine des Sablons. Après cette expérience, la plaine des Sablons reprend sa précédente affectation et redevient l’emplacement réservé aux revues. Pendant la période de la Révolution, sa destinée militaire se renforce. Le 1, la Convention crée par décret l’École de Mars, qui a pour but de dispenser une éducation révolutionnaire et de former les futurs soldats de la République. Elle est située dans la plaine des Sablons à Neuilly, où plus de, âgés de 16 à, s’y retrouvent en juillet 1794, pour recevoir une éducation militaire assez rude. Après la chute de Robespierre, l’École de Mars est dissoute dès le 23.
Une rue en rappelle le souvenir depuis 1908. À la Révolution, « port Neuilly » devient une commune; le 7, Nicolas Jean Delaizement est élu premier maire de la commune. La municipalité tient sa première réunion dans l’église Saint-Jean-Baptiste (reconstruite entre 1827 et 1831). En 1809, la mairie est transférée rue de Madrid (actuellement rue du Château) puis en 1836 dans le quartier de Sablonville, place Parmentier, dans un nouveau bâtiment, qui accueille également la justice de paix. En 1886, la municipalité déménage dans un nouvel édifice, l’actuel hôtel de ville. Le bâtiment de la place Parmentier est reconstruit en 1897 pour n’accueillir que la justice de paix, ainsi qu’une école maternelle. Devenu une bibliothèque puis une MJC, il est renommé en 1992 centre culturel Louis-de-Broglie, ce scientifique ayant vécu dans le quartier, rue Perronet. Après restauration en 2023, le site est renommé « espace Parmentier ».
Le 2 avril, la colonne communarde Bergeret, forte d’environ hommes et de seulement huit bouches à feu, est regroupée à Neuilly. Vers midi, les Versaillais, après avoir bombardé la caserne de Courbevoie et la barricade, lancent l’assaut. Le 113 de ligne contourne Courbevoie par la droite, tandis que l’infanterie de marine avance par Puteaux sur la gauche. En nette infériorité numérique et craignant d’être coupés de Paris, les Fédérés quittent Courbevoie et, sous le feu des obus, se replient sur l’avenue de Neuilly, laissant derrière eux douze morts et quelques prisonniers. Les barricades se relèvent, et l’on traîne des canons vers la porte Maillot et la porte des Ternes. Le 3 avril, les hostilités redoublent. Les Fédérés sortent par la Porte Maillot et celle des Ternes, entrant sous le feu du canon de la demi-lune à Courbevoie. Ils se heurtent aux gendarmes et aux soldats de l’armée de Versailles, et sont contraints de battre en retraite.
Les Versaillais s’étendent de part et d’autre du pont et se mettent à l’abri dans les maisons. Le 6 avril, le général Vinoy reçoit l’ordre de prendre Neuilly. Le mont Valérien, récemment équipé de pièces de 24, ouvre le feu sur Courbevoie. Après six heures de bombardement, les Fédérés quittent le rond-point et se retranchent derrière une grande barricade au pont de Neuilly. Les Versaillais la canonnent, mais elle tient bon, protégée par le canon de la Porte Maillot. Pendant quarante-huit jours, la Commune trouve des hommes pour défendre cette avancée intenable. Les curieux viennent les observer, à l’abri des massifs de l’Arc de Triomphe, tandis que les gamins jouent dans l’avenue de la Grande-Armée, courant après les éclats d’obus à peine ceux-ci explosés. Les Versaillais bombardent la barricade et l’avenue de Neuilly, sans même prévenir les habitants, qui se réfugient dans les caves.
Vers quatre heures et demie, le feu versaillais cesse, et les Fédérés prennent un peu de repos quand les soldats surgissent en masse sur le pont. Les Fédérés tentent de les arrêter, tuant deux généraux et en blessant un troisième. Mais les soldats, bien plus nombreux, réussissent à avancer jusqu’à l’ancien parc de Neuilly. La perte de ce lieu stratégique est d’autant plus amère que Bergeret, dans une lettre publiée à l’Officiel, avait garanti la défense de Neuilly. L’armée de Versailles prend le contrôle du pont de Neuilly. Les soldats renforcent la barricade, construisent des redoutes, installent des batteries pour éteindre le feu des bastions et, surtout, pour démolir la porte Maillot et la porte des Ternes. Le 6 avril, une énorme barricade, hérissée de canons et gardée par les Versaillais, ferme l’avenue du Roule, de la rue des Huissiers jusqu’au mur d’un pensionnat où loge l’État-Major chargé de défendre ce secteur. Le 20 avril, l’avenue du Roule, la rue des Huissiers, la rue du Marché, etc., sont endommagées alors que la rue de Sablonville et la rue de Chartres sont totalement détruites.
Le 24 avril, à partir du boulevard d’Inkermann, dans la rue Perronet jusqu’à la rue de Chézy, il n’existe plus une seule maison intacte. La construction de l’église Saint-Pierre, œuvre d’Alfred Dauvergne continuée par son fils Louis Dauvergne, débute en 1887. La commune a le privilège d’accueillir dès la fin du une des activités les plus florissantes du moment: la parfumerie. En 1880, les repreneurs de la parfumerie de Jean-François Houbigant déplacent la production, jusque-là faite au 19, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans une modeste usine au 141, avenue du Roule. Dans le temps et la prospérité, cette dernière s’agrandit avec de vastes laboratoires et ateliers munis des perfectionnements les plus modernes. Elle perdure jusqu’au début des années 1970, où elle est détruite pour cause d’insalubrité. La parfumerie Rigaud s’installe rue des Huissiers, la parfumerie Delettrez au 31, avenue du Roule.
1878–1882,
collection privée, vente 2008. Durant la crue de la Seine de 1910, Neuilly est inondée comme les villes voisines situées le long du fleuve. Le 29 janvier, le quotidien Le Journal écrit:. Le musicien autrichien Gustav Mahler a été transporté dans un état désespéré au retour de New York dans la clinique du docteur Defaut en mai 1911, où il reste quelques jours. Son état devenant de plus en plus désespéré, Carl Moll et sa femme Alma le transfèrent à Vienne selon ses dernières volontés, et il y meurt le 18 mai suivant. Le 21 mars 1915, durant la Première Guerre mondiale, plusieurs bombes sont lancées d’un ballon dirigeable allemand Zeppelin qui explosent boulevard Victor-Hugo et entre l’île de la Jatte et la rue Chauveau. Le lycée Pasteur, boulevard d’Inkermann, œuvre de style néo-Louis XIII de Gustave Umbdenstock, est achevé en 1914, mais n’ouvre ses portes aux élèves et aux professeurs qu’en 1919.
Le bâtiment sert d’hôpital à l’Armée américaine pendant la Première Guerre mondiale. Prolongement du Traité de Versailles, le Traité de Neuilly entre les Alliés et la Bulgarie est signé, le 27, dans la salle des fêtes de la mairie. En 1929, la commune de Neuilly-sur-Seine cède à la ville de Paris sa part du Bois de Boulogne et une bande hectométrique le long du 17e arrondissement de Paris|. Comme partout en France, de nombreux Neuilléens sont victimes des deux guerres mondiales. Par exemple: Édouard Nortier, maire et député, mort en novembre 1914 pour la Première, le rabbin de Neuilly Robert Meyers et son épouse Suzanne Bauer déportés en 1943 et Madeleine Michelis, jeune professeur de lettres et résistante durant la Seconde. Pendant la Grande Guerre, le couple d’artistes de Neuilly, Louise Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt, depuis leur atelier du boulevard d’Inkermann, participe ainsi à l’effort de guerre. Au début de l’Occupation en 1940, et bien que les Allemands ont réquisitionné de nombreux bâtiments à Neuilly et tenté de faire partir les édiles, Edmond Bloud les en dissuade dans leur propre langue et empêche ainsi la réquisition de la mairie et de l’hôpital de Neuilly, qu’il avait fait construire en 1935. En raison de ses actes de résistance, il est révoqué en 1942 par le gouvernement de Vichy (qui nomme Max Roger à sa place).
Il est réhabilité en 1945, et reprend sa fonction jusqu’à l’élection d’Achille Peretti en 1947. Edmond Bloud meurt le 16, matin de la Pentecôte, dans sa maison du passage Saint-Ferdinand. En 1949, son petit-fils Denis Bloud âgé de inaugure la rue Edmond-Bloud, qui longe l’hôtel de ville de Neuilly. Au 5, avenue Philippe-le-Boucher, une plaque rappelle que les 16 et 17 juillet 1944 y sont arrêtés 21 résistants du réseau Corvette, qui sont déportés. Seul en reviendra Georges-Henri Pescadère, peintre graphiste occupant des lieux. Au 67, rue Édouard-Nortier, une autre plaque rappelle les noms des dix-sept enfants juifs âgés de 2 à, abrités dans une ancienne clinique tenue par des sœurs, déportés et assassinés à la suite d’une rafle par les nazis le 25. Le 19 août 1944, durant les combats de la Libération, la mairie est le lieu de fusillades, devant et à l’intérieur, entre Allemands et résistants FFI. Un char allemand tire un fumigène dans le bureau du maire et un obus explosif détruit le portail en fer forgé.
La salle des fêtes sert à entreposer les dépouilles des personnes tuées et à recueillir les blessés. Pendant la bataille, un résistant écrit sur un mur:, inscription depuis conservée sous une plaque de verre. Les traces de chenilles d’un char sont également visibles sur les marches du perron de la mairie. Apprenant l’arrivée de renforts allemands, certains résistants se cachent dans la cheminée monumentale et y restent toute la journée. Les occupants reprennent le contrôle de la mairie, et décomptent 12 cadavres de résistants et. Faits prisonniers, trente hommes sont envoyés à la forteresse du Mont-Valérien pour être exécutés, mais ils servent finalement de monnaie d’échange contre des prisonniers allemands incarcérés à la Préfecture de police. La blindée du général Leclerc perd trois hommes à Neuilly lors des combats pour la libération de Paris. Des plaques commémoratives se trouvent dans et à l’extérieur de la mairie, de même que plusieurs dans les rues de Neuilly, rendant hommage aux morts des combats de la Libération.
Le 13, une prise d’otages dans une classe de maternelle à l’école de la rue de la Ferme attire l’attention des médias et se solde par la mort du preneur d’otages et la libération des enfants et du personnel. La campagne pour l’élection présidentielle de 2007 attire l’attention à plus d’un titre sur Neuilly-sur-Seine. Le candidat UMP qui est finalement élu, Nicolas Sarkozy, a été maire, député et conseiller général de Neuilly et y est électeur. Le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot y est employé de La Poste. Enfin et surtout, l’application de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) y suscite la polémique (voir la section Habitat).
Patrimoine religieux
La commune comprend de nombreux monuments répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel de la France, parmi lesquels