Nivillac
Histoire de Nivillac
Nivillac est une commune du Morbihan, en région Bretagne, qui compte 4 810 habitants. Elle se situe au sud-est du département, en bordure de la Vilaine, à proximité de La Roche-Bernard, dans une zone marquée par le contact entre l’aire bretonnante et l’aire romane. Le nom de la localité est attesté sous la forme Nuilac Plebs en 1063, Niviliac en 1287 et 1395, puis Nivillac en 1429. Il s’agit d’une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine basée sur le suffixe locatif en -acum. La forme en gallo est Nivilha, et la forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Nivilieg. Selon une étude publiée en 1990 par Jean-Yves Le Moing, 36,6 % des toponymes de la commune sont bretons, proportion qui place Nivillac dans une zone de transition linguistique. L’origine du nom remonte à la période gallo-romaine et provient du bas latin noviliacum, signifiant « terre nouvellement défrichée ». Comme Noyal ou Noyelle, ces toponymes sont caractéristiques d’un essor souvent sous-estimé de l’Armorique orientale après la crise du IIIe siècle. Cette terre, couverte de forêts, était située aux confins de la cité des Vénètes et de celle des Namnètes, puis des diocèses de Vannes et de Nantes.
Des vestiges qui ont révélé du mobilier funéraire datant du Chasséen laissent à penser que l’homme a occupé ce territoire depuis des temps reculés. Pour les mégalithes, on peut encore voir deux dolmens classés dénommés La Chambrette et le Tombeau des Martyrs. Des haches à talon sans anneau, datant du bronze moyen, ont été découvertes à Bodeuc, Guervinant et au Vésigot. À Branrue, un important dépôt de haches à douille quadrangulaire avec anneau latéral, datant de la fin de l’âge du bronze, a été mis au jour; presque exclusivement constituées de plomb, ces pièces n’étaient pas des armes mais servaient de monnaie pour les échanges. Le patronage de Saint-Pierre indiquerait une christianisation antérieure à l’émigration bretonne en Armorique par les Bretons insulaires et une fondation du Bas-Empire. Nivillac possédait vraisemblablement son propre Machtiern, ce qui témoignerait de son importance ancienne sur le territoire; malgré la création de la baronnie de La Roche-Bernard, Nivillac demeura le siège du doyenné dépendant du duché de Nantes.
En 1927, au lieu-dit Pertuis du Rofo, situé entre les hameaux de Trévineuc et de Bringuin, Jean Guillotin découvrit un buste de statuette en terre cuite d’une Vénus Anadyomène dans une profonde grotte naturelle en schiste, à proximité du cours d’eau du Rofo qui rejoint la Vilaine. Ce type de statuette est très fréquemment retrouvé lors de fouilles dans les stations gallo-romaines. Cette représentation de Vénus nue, main gauche le long du corps et main droite dans une épaisse chevelure, constitue un symbole de féminité et de fertilité. Selon une légende locale, la grotte dite « grotte aux Sorciers » accueillait d’étranges rituels païens. Elle est aujourd’hui sur une propriété privée. À la suite de cette première découverte, Jean Guillotin, accompagné de l’abbé Pierre Le Thiec, y mit au jour deux autres statuettes presque intactes, en terre blanche, mesurant 15 centimètres et représentant des déesses-mères allaitant. La présence de ces objets dans une cavité naturelle suggère un usage cultuel ancien, peut-être prolongé jusque dans les pratiques populaires médiévales.
Patrimoine religieux
La première église de Nivillac est citée au IXe siècle dans le cartulaire de Redon. Les murs de sa nef, percés d’arcades en plein cintre, étaient antérieurs à l’époque romane. Ces murs ont été conservés malgré toutes les transformations successives effectuées selon les styles des époques. Au Moyen Âge, son recteur devint curé doyen de l’immense doyenné de La Roche-Bernard. L’actuelle église a remplacé en 1901 une ancienne église datant de 1063, démolie sous prétexte de vétusté et de trop grande exiguïté pour les paroissiens, comme cela se pratiquait souvent à l’époque. Le bulletin annuel de la société polymathique du Morbihan en a fait une description précise dans sa parution de 1861: petit appareil irrégulier, plan en croix latine dont les deux bras peu profonds étaient d’inégale largeur, deux bas-côtés, abside demi-circulaire allongée moins élevée que la nef, contreforts simples adhérents et peu saillants, absence de corniche, grosse tour carrée amortie en ardoises sur l’intertransept, porte plein cintre sans aucun ornement à l’ouest. L’édifice mesurait six travées d’architecture, avec des arcades plein cintre retombant sur des piliers à simple tailloir, et au chœur sur des colonnettes cylindriques engagées. Le lambris simple était très élevé à la nef, les entraits portaient des têtes de crocodile au transept nord, et les fenêtres en cintre brisé étaient de dimensions variables. À l’ouest, des fenêtres étroites en plein cintre étaient surmontées d’un oculus circulaire entouré de six petites ouvertures également circulaires, et l’on relevait des traces de vitraux. L’édifice resta sans clocher jusqu’en 1929. Une statue a été restaurée début 2013 par Justina Verdavaine, peintre restauratrice de La Bouëxière, en Ille-et-Vilaine, qui a remis en lumière les couleurs rouge et bleu, le drapé et la position des deux mains: la droite faisant le geste de bénir et la gauche tenant le globe terrestre.