Oignies
Histoire d’Oignies
Oignies est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 10 210 habitants. D’après l’historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Ognies en 1024; Oisniacum en 1218; Oisni en 1228; Oegnies, Doegnies en 1286; Ongnies en 1292; Oignies en 1307; Ogni en 1405; Oingnies en 1429; Ognis en 1458; Oigny en 1762; Ongnyes en 1769; Doignies en 1774; Oignies en 1793 et depuis 1801.
La ville d’Oignies semble avoir été habitée dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Son nom d’alors était Ongniacume. En 1481, Jean d’Ongnies, seigneur d’Ongnies, époux de Marie de Ghistelles (grande famille de Belgique), détient le fief noble de la seigneurie et Vierschaere de Merckeghem, dépendant de la châtellenie de Bourbourg, mais située dans la châtellenie de Cassel. Il la cède à Jean d’Ongnies, fils du seigneur de Watten, puis elle passe en 1532 à messire Louys van Ongnies, prêtre, ensuite à Marguerite d’Ongnies, épouse de Philippe I de Merode, dynastie princière originaire de Rhénanie (Allemagne) lequel meurt en 1625. Elle passe alors dans la Maison de Merode. Par lettres données à Madrid, la terre et seigneurie d’Ongnies, située en Artois, est érigée en comté en y joignant les terres et fiefs de Wahagnies, Hoquetel, Quintise et Cocquenplus pour François de Merode (Maison de Merode), baron d’Ongnies, capitaine d’une compagnie d’hommes d’armes des bandes d’ordonnance, fils d’Hélène de Montmorency (Maison de Montmorency), sœur du défunt prince de Robecq. En 1665, un François Alexandre d’Oignies (également dit Ongnies), baron de Courrières, marié à Angéline de Bryas, est détenteur d’une seigneurie dans la châtellenie de Bourbourg, seigneurie héritée par sa femme de son frère Albert de Bryas. Lui succède en 1688 son fils François Joseph d’Ongnies, seigneur d’Ennin (Hénin-Liétard?) et de Jacquemart.
Est ensuite retrouvé en 1724 François Joseph d’Oignies, baron de Courrières, puis son fils François Joseph, baron de Robecq, frère de Louis Théodore d’Oignies, baron d’Oignies, prêtre de Saint-Donat de Bruges (cathédrale Saint-Donatien de Bruges)., Monument à madame de Clercq, dit de la Découverte du charbon (1913-1932) à Oignies. C’est dans le parc du château d’Henriette de Clercq que le, l’ingénieur Mulot découvre du charbon, une aubaine pour la région qui développera ensuite l’industrie minière. C’était la première découverte du charbon dans le département. La commune d’Oignies a accueilli, comme de nombreuses autres du bassin minier régional, des mineurs et leurs familles venus dans le cadre de l’immigration polonaise dans le Nord de la France dans les années 1920. Au cours de la bataille de France, au début de la Seconde Guerre mondiale, le, entre 80 et, dont des réfugiés belges, sont assassinés par des soldats de la Infanterie-Division de la Wehrmacht, à la suite d’une bataille qui dura trois jours. Entre le et le, la ville fut occupée une nouvelle fois par les troupes allemandes. C’est non loin, à la fosse 7 de la Compagnie des mines de Dourges, que la Grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941 a démarré, avec Émilienne Mopty et Michel Brulé (1912-1942), privant les Allemands de de charbon pendant près de deux semaines.
Ce fut l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par 414 arrestations en trois vagues, la déportation de, 130 mineurs étant par ailleurs fusillés à la Citadelle d’Arras. Après-guerre, la commune est aussi au centre de trois événements nationaux, la bataille du charbon (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et celles de 1948. Vincent Auriol, président de la république, accompagné de François Mitterrand, ministre des anciens combattants, remit à la commune la croix de guerre 1939-1945, avec palme de bronze, et inaugura le mausolée à la mémoire des 80 fusillés du et déclara Oignies « Ville martyre ». Les travaux de modernisation entrepris dans les années 1930 sont ralentis pendant la Seconde Guerre mondiale et seulement achevés en 1950. Une nouvelle machine à vapeur, la plus puissante de France, est aussi installée. Un nouveau chevalement à poutrelles à treillis de est installé en 1947-1948. La concentration des fosses 1, 3, 5 et 6 de l’ancienne compagnie est effective en 1950. Les ateliers furent ensuite repris par les Houillères nationalisées en 1946, Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais (HBNPC), Groupe d’Oignies.
Elle est équipée de berlines de, d’un lavoir à grains, de deux lavoirs à fines, d’un criblage et d’une usine à boulets situés à proximité de la voie ferrée SNCF. Un téléphérique est installé pour la mise à terril. En 1976, la fosse cesse son activité. les derniers mineurs sont mutés à la fosse. Le puits est remblayé en 1977 ( de profondeur). La cheminée de tombe en 1977 mais le chevalement résiste jusqu’en 1980. Il sera démoli en deux fois, la partie haute, puis le faux-carré. Certains bâtiments sont encore visibles en 2001, le logement du garde, les bains douches, bureaux, garages, ateliers, poste de transformation et la salle des machines, conservée avec la machine d’extraction restaurée par l’Association du Centre de la Mine et du Chemin de Fer.
Un musée permet de la découvrir. La dernière gaillette de charbon est remontée à la fosse – 9 bis de Oignies. Cet événement très médiatisé marquera la fin de l’extraction minière dans le Nord de la France. Après la fermeture des mines, les installations sont toutes démantelées et démolies sauf le carreau du – 9 bis qui est réaménagé dans les années 2000 pour devenir un site de tourisme industriel et musical. Le Métaphone est inauguré le sur le site de la fosse. Un attentat est déjoué dans le train Thalys à hauteur de Oignies.
Patrimoine religieux
Depuis le, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les, répartis sur inclus dans le périmètre du bassin minier, trois sites concernent Oignies