Oissel

Histoire d’Oissel

Oissel est une commune française située en Seine-Maritime, dans la région Normandie, qui compte 12 367 habitants. Le nom de la localité est attesté dès la fin du Xe siècle sous des formes latinisées, puis sous la graphie Oizsel entre 1055 et 1066. Les linguistes le rattachent à toute une série de toponymes dérivés du gaulois uxsello-, qui signifie haut, terme également présent dans l’irlandais uasal, le gallois uchel et le breton uhel, et qui pouvait servir de qualificatif à une divinité païenne dans les inscriptions celto-latines.

Implantée en bord de Seine, au pied d’un plateau couvert d’une forêt giboyeuse, la commune occupe un site fréquenté dès la préhistoire. Des voies de communication, un temple gallo-romain au lieu-dit la Mare-du-Puits et des sarcophages mérovingiens témoignent de la longue continuité du peuplement. Les Vikings y établirent une forteresse qui leur servit de base pour leurs raids vers Rouen et Paris; à l’automne 858, elle fut assiégée par les troupes du roi Charles II le Chauve. En 1082, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, y réunit un concile de hauts dignitaires de l’Église, en présence de barons anglo-normands, à propos d’un différend sur la peine de mort entre l’archevêque de Rouen et l’abbé de Saint-Wandrille. Fief royal, Oissel accueillit un rendez-vous de chasse aménagé par Richard Cœur de Lion, où séjourna Philippe le Bel en 1312; ce manoir, profondément modifié au cours des siècles, abrite aujourd’hui la mairie. Vers 1250, Louis IX créa la sergenterie d’Oissel en la paroisse de Saint-Martin, dans la vicomté de Rouen, regroupant des fiefs de bois en forêt du Rouvray; supprimée vers 1764, elle se transmit pendant des siècles, des Bécourt aux Vauquelin puis aux Duhaze. Une obligation singulière du seigneur d’Oissel est consignée dans le Coutumier des forêts de Normandie: Robert Faucon, à cause de son fief, devait fournir de l’estrain, c’est-à-dire de la paille, pour la chambre du roi quand il venait chasser dans la forêt de Rouvray, ainsi que de la couette de dun, du duvet pour son lit. Cette charge curieuse est connue grâce à des archives départementales et à des travaux historiques anciens, notamment ceux de Charles de Beaurepaire en 1856, des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie et de Georges Dubosc dans ses études d’histoire et de mœurs normandes parues entre 1922 et 1933. La sergenterie d’Oissel se transmit pendant plusieurs siècles dans une longue lignée de familles: on relève les noms de Hue Bécourt, Jehan Leprevost, Guernet et Jacques Lynant, ce dernier vendant l’ensemble à Jehan Vauquelin, dont hérita Jacques Vauquelin; lui succédèrent les Duhaze, avec Robin Duhaze hériteur par sa mère Anne Vauquelin, jusqu’à Antoine puis Jean-Thomas Duhaze, avant la suppression vers 1764. En 1639, lors de la révolte des va-nu-pieds contre les impôts et la famine, les troupes royales envoyées contre les insurgés furent hébergées à Oissel. La commune fut ensuite frappée par l’épidémie de peste de 1649-1650, puis par le choléra en 1832. Après la guerre franco-allemande de 1870, les Prussiens occupèrent la ville en 1871 et incendièrent une partie de la mairie. La Première Guerre mondiale fit également de nombreux ravages, et durant la Seconde Guerre mondiale, un commando allemand chargé de faire sauter les ponts d’Oissel fut arrêté in extremis à Sotteville-sous-le-Val.

Patrimoine religieux

L’église paroissiale d’Oissel, dédiée à saint Martin, plonge ses racines à l’époque mérovingienne. L’édifice actuel résulte d’une construction commencée au XIXe siècle puis agrandie et achevée en 1871 sous la direction de l’architecte Jacques-Eugène Barthélémy. Le territoire conserve aussi la chapelle Saint-Bonnet, ancienne ferme de la Chapelle puis manoir, acquise par les Papeteries de La Chapelle en 1929: son colombier à pied et son puits à colonnes ont traversé les siècles dans un état de conservation rare. La sergenterie créée par Louis IX, dont le nom rappelle aujourd’hui encore la paroisse Saint-Martin, témoigne de l’ancrage médiéval de la vie religieuse locale. À ces édifices s’ajoute la chapelle néo-classique du château des Roches, au lieu-dit Le Catelier, bâtie par Raoul Grimoin-Sanson au début du XXe siècle pour les besoins du tournage de son film Le Comte de Griolet; le château des Roches lui-même, résidence de la famille Hély d’Oissel, fut une construction du XIXe siècle élevée sur l’emplacement d’un édifice datant de Louis XIII, dont il ne reste aujourd’hui que le logement du directeur du Centre de formation Jean-L’Herminier. La trace de la chapelle Saint-David subsiste également, près du cimetière de laquelle furent retrouvées des tuiles attestant d’une présence gallo-romaine, signe d’une vie chrétienne fortement enracinée dans le paysage de la vallée de la Seine. La cohabitation entre l’urbanisation industrielle née autour des filatures, les anciens lotissements ouvriers, les maisons de contremaîtres et les fermes transformées en logements rappelle combien le sanctuaire paroissial demeure un repère stable, autour duquel s’est dessinée la mémoire des familles qui ont façonné Oissel au fil des siècles.

Informations Clés

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Population

12.367 habitants

Région

Normandie

Département

Seine-Maritime
(76)

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