Orbey

Histoire d’Orbey

Orbey est une commune du Haut-Rhin, dans le Grand Est, qui compte 3 453 habitants. Son nom se forme à partir du vieux haut-allemand uro, « ours », et de bah, « ruisseau », formation à comparer avec d’autres toponymes germaniques comme les Orbais de Belgique et de la Marne. La toponymie locale, marquée par les noms d’arbres, le relief et l’hydrographie, traduit l’inscription du village dans un environnement montagnard et forestier vosgien. Située dans la vallée de Kaysersberg, en bordure du massif des Vosges, la commune appartient historiquement à l’aire viticole et forestière du Haut-Rhin.

Orbey apparaît pour la première fois dans les sources écrites en 1049, à l’occasion d’une donation faite par le pape Léon IX au couvent de Wolffenheim, à Sainte-Croix-en-Plaine. Il s’agit alors d’une « villication », ou Meierhof, autrement dit une cour domaniale, dont le règlement est daté de 1536. La localité est mentionnée comme commune dès 1252, ce qui en fait l’une des premières d’Alsace, et elle obtient le droit de tenir un marché hebdomadaire. Le village relève successivement de la seigneurie du Hohnack, des comtes d’Eguisheim, des comtes de Ferrette puis des Habsbourg, qui le cèdent en fief aux sires de Ribeaupierre. Orbey est alors chef-lieu de bailliage et seule localité de la vallée à pouvoir tenir marché. Cette position lui donne un rôle économique central dans toute la vallée de Kaysersberg.

L’histoire d’Orbey est dominée par celle de l’abbaye cistercienne de Pairis, dont les ruines se trouvent sur la commune. Fondée en 1138 par Ulric ou Udalric de Ferrette, petit-fils de Gérard d’Alsace et dernier comte d’Eguisheim, l’abbaye accueille des moines venus de Lucelle. Le comte d’Eguisheim, propriétaire de la vallée, lui consent d’importantes donations, et l’abbaye reçoit des privilèges de l’empereur Frédéric Ier Barberousse, qui la prend sous sa protection; Frédéric II la libère par la suite de tout impôt. Pairis dépend directement de l’ordre cistercien et du pape, élit librement son abbé et n’est soumise à aucune autorité spirituelle ou laïque. Les empereurs en sont les avoués, mais l’abbaye ne pouvait choisir librement, comme en témoigne en 1218 l’attribution à la fois au duc de Lorraine et au comte Frédéric de Ferrette. Elle possédait des biens dans plus de quatre-vingts localités en 1500, puis dans quatre-vingt-dix en 1652. Une mauvaise administration finit par l’endetter: à partir de 1452, elle devient un prieuré dépendant de l’abbaye de Maulbronn, au Wurtemberg. Pendant la guerre des paysans, en 1525, Pairis est pillée par les Rustauds, mais les paysans durent ensuite payer les réparations. Lorsqu’en 1536 les ducs de Wurtemberg embrassent la Réforme, l’abbé de Maulbronn se rend à Pairis avec la plupart des moines, avant de gagner Einsiedeln. La guerre de Trente Ans est ruineuse pour l’abbaye, qui est pillée et détruite en grande partie par les Suédois; ces derniers la donnent au noble Wetzel von Marsilien, mais Louis XIII la rend à l’ordre de Cîteaux et nomme abbé Bernardin Buchinger, qui entreprend sa restauration. La Révolution la classe parmi les biens nationaux; le dernier abbé, Antoine Delort, et les neuf moines présents quittent les lieux, et les bâtiments sont saccagés. En 1849, la commune d’Orbey, propriétaire des lieux, installe dans les ruines un hospice pour personnes âgées. Pillée à plusieurs reprises au cours de son histoire, en 1356 par les Anglais, en 1444 par les Armagnacs, puis en 1525 par les paysans, l’abbaye finit par disparaître après avoir, sous Gustaf Horn en 1632, été donnée à la famille de Marsilly. Au cours de la libération, Orbey fut reprise après de durs combats par Doyen, descendant direct de Husson Urbain né en 1597 à Orbey, ce qui permit de réduire la poche de Colmar. La commune fut décorée de la croix de guerre 1914-1918 puis de la croix de guerre 1939-1945.

Patrimoine religieux

L’église paroissiale d’Orbey est dédiée à saint Urbain, patron des vignerons. Un premier lieu de culte y est mentionné dans la bulle papale de 1049, et la paroisse devient autonome en 1398. Le clocher fut surélevé en 1837. La construction de l’église actuelle fut lancée sous l’impulsion du maire Eugène Lefébure; endommagée durant la Première puis la Seconde Guerre mondiale, elle fut restaurée et consacrée par l’évêque de Strasbourg Jean-Julien Weber, la restauration complète s’achevant entre 1963 et 1967. Une autre chapelle, dédiée à sainte Barbe, patronne des artificiers et artilleurs, devait déjà exister avant 1600 mais fut mise à terre durant la Révolution; reconstruite avec une école associée, elle fut bombardée en 1915 puis restaurée en 1927. Une cloison sépare aujourd’hui l’église de l’école, ce qui permet, lors des grandes fêtes notamment de la fête patronale, de l’ouvrir pour accueillir un plus grand nombre de fidèles. L’église Sainte-Catherine, dont la première pierre fut posée pour remplacer une chapelle de 1810 devenue trop petite, fut consacrée en 1867; le curé Claudepierre, qui en avait acquis le terrain et organisé les quêtes, dut solliciter l’impératrice Eugénie pour en achever le financement.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

3.453 habitants

Région

Grand Est

Département

Haut-Rhin
(68)

Trouver une église à Orbey

Recherche
No data was found