Orthez
Histoire d’Orthez
Orthez est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 10 684 habitants. Le toponyme Orthez apparaît sous les formes Ortez et Ortesium (respectivement 1193 et 1194, cartulaire de Sauvelade), Orthesium (1220, cartulaire d’Orthez), Ortess (1270, charte des boucheries), Ortes (1375, contrats de Luntz), Ortais (XIVe siècle, Jean Froissart), Sent-Per d’Ortes (1391, notaires de Navarrenx), Hortes (1578, titres de la chambre des comptes de Pau) et Orthés (fin du XVIIIe siècle – Carte Cassini). La signification de ce nom n’est pas encore élucidée avec certitude. Toutefois, selon Michel Grosclaude le caractère inhabituel de la prononciation pour la phonétique gasconne indique que le nom pourrait dériver d’un nom de personne d’origine aquitanienne (proto-basque), on pourrait y voir une prononciation locale du nom latin Fortis, « fort, forte », comme c’est le cas pour le nom ibérique Ortiz.
En tout cas, un dérivé du gascon òrt, « jardin », du latin, hortus, est à exclure.
Il ne faut pas confondre la ville d’Orthez avec la vicomté d’Orthe qui recouvrait sous l’ancien régime le territoire de l’actuel canton de Peyrehorade. Les plus anciens vestiges de la ville d’Orthez ne remontent pas au-delà du XIe siècle. Autour de chacune de ces églises, un groupe de maisons en faisaient deux petits bourgs. Le premier, fortifié, commandait le passage du gave de Pau qui s’est fait, selon les époques, à gué, en bac ou par un pont fortifié. Le second, aux mains d’une famille de marchands, avait une vocation commerciale à l’abri de son église.
La ville résulte de la réunion, aux environs de 1260, de ces deux bourgs avec la création d’un conseil municipal. Cette association est symbolisée sur le blason de la ville par la présence d’un pont à tour et des clés de Saint-Pierre. L’agglomération initiale a été agrandie du bourg Neuf et du faubourg Saint-Gilles dans les années suivantes. Cette rapide expansion de la ville s’explique par le choix du Comte Gaston VII Moncade dans les années 1250, d’y construire un nouveau château où il établit sa résidence principale. En 1385, on comptait à Orthez 436 feux fiscaux. Du, Orthez fut la résidence des vicomtes de Béarn.
Gaston Fébus y déclare l’indépendance béarnaise en 1347. Bien qu’en 1460 cette résidence ait été transférée à Pau, plus centrale, Orthez reste durant tout l’ancien régime la ville la plus grande et la plus dynamique du Béarn. Elle reste le lieu du marché où sont acheminés tous les produits de la région destinés à être exportés vers le port de Bayonne. En 1566, Jeanne d’Albret y a transféré l’académie protestante du Béarn transformée en université en 1583 par Henri IV. La ville subit peu de destructions en dehors de deux batailles en 1569 lors des guerres de religion. Aux, l’économie prospère grâce à la relance du commerce atlantique.
Les commerçants font fortune et de nombreuses maisons auparavant en bois et torchis sont reconstruites en pierre. Les toits sont refaits avec des tuiles en terre cuite. Ce sont ces bâtiments que l’on voit encore aujourd’hui dans la partie ancienne de la ville. La ville s’est peu étendue sous l’Ancien Régime. Le bourg Moncade, relevant du château, est resté longtemps institutionnellement à l’écart de la ville en raison de ses fonctions militaires. Le bourg de Départ, situé au-delà de la rivière, n’a été officiellement réuni à la ville que sous la Révolution.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d’arrondissement (sous-préfecture) de 1800 à 1926. Le vit la bataille d’Orthez avec la victoire des troupes anglo-hispaniques du duc de Wellington sur l’armée napoléonienne du maréchal Soult. Mais cet événement n’eut que peu d’influence sur la ville. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1942, la ligne de démarcation qui coupait le département des Basses-Pyrénées en deux parties intégra la ville en zone occupée par l’armée allemande, du fait de sa position d’axe routier et ferroviaire. Cinq postes de contrôle de passage furent établis, mais de nombreux passages clandestins de réfugiés et des trafics divers eurent lieu et perdurèrent jusqu’à la fin de la guerre. Le résistant Daniel Argote, chargé du secteur d’Orthez de l’Armée secrète, fut abattu en 1944 sur la route de Biron, en faisant passer des soldats polonais déserteurs de l’armée allemande.
Ce n’est qu’à partir de 1957 et la découverte du gisement du gaz de Lacq que le nombre d’Orthéziens a explosé. Il est passé en quinze ans de à entraînant la construction de plusieurs banlieues pavillonnaires et d’équipements publics. Orthez s’est associé en 1973 avec l’ancienne commune de Sainte-Suzanne pour former Orthez-Sainte-Suzanne, puis cette commune a pris le nom d’Orthez.