Pérenchies
Histoire de Pérenchies
Pérenchies est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 8 519 habitants.
La première mention de Pérenchies, orthographié Pencies, apparaît dans un manuscrit de 1101. Au Moyen Âge, les terres appartiennent à une seigneurie vicomtière. Les seigneurs de Pérenchies y possèdent des terres et un donjon sur motte. En 1167, l’Ordre du Temple s’y est installé en construisant une commanderie et y possède des terres jusqu’au. Parmi les seigneurs de Pérenchies, on retrouve les noms de Siger en 1181-1190, de Marguerite, mariée à Adam de la Bassée en 1295, et de Roger en 1305. Plusieurs fois, au cours des siècles, le village est détruit. On peut citer la bataille de Bouvines, durant laquelle Baudouin de Pérenchies fut fait prisonnier, le village fut pillé par les troupes françaises. À côté de la seigneurie de Pérenchies, figure également sur la paroisse la seigneurie du Plouich.
en l’honneur de Pierre de Rosembois au Palais des Beaux-Arts de Lille. Dans le manuscrit de Jacques le Groux à Fournes, on retrouve une épitaphe rimée en l’honneur de Pierre de Rosembois, seigneur de la Caulerie et de Pérenchies depuis l’achat de la seigneurie par sa femme en 1399 et écuyer du duc de Bourgogne Jean sans Peur El pour le Roi, son droit seigneur, Souffrit mainte paine et labeur. Larges, courtois, beaux, secrets, En son temps tint la seigneurie Et quinze, si comme me remembre, Vingt et cinquième jour de novembre.
Les Rosembois conservent la seigneurie jusqu’en 1441, date à laquelle Jean du Vinage, riche bourgeois d’Ypres, la rachète à Marie Des Prez. Jean du Vinage, fils de Jean et mari de Marie Spiking selon Théodore Leuridan, la revendit ensuite à Charles d’Oignies, seigneur d’Estrées. Son fils brigadier du Roi étant mort, c’est son neveu Monsieur de Broide qui lui succède. Louis-Joseph de Broide (1684-1775), fils d’Henri de Broide, seigneur de Gondecourt, Beauffremez, Hellemmes, Escobecques, et de Marie Jeanne Fauconnier (1638-1707), est chevalier, seigneur de Pérenchies, d’Escobecques, Wambrechies. Baptisé à Lille le, il meurt à Lille le, célibataire. C’est enfin Charles-Simon Robert, gendre de M. de Broide, puis son fils Simon-Joseph Robert, seigneur de Wambrechies qui participa à l’élection des députés aux États généraux de 1789, qui seront les derniers seigneurs.Autre seigneurie sur Pérenchies: celle du hameau Le Fresnel. Robert du Bus, d’ancienne noblesse, écuyer, seigneur du Fresnel, est fait chevalier, par lettres données à Madrid le. Il a servi militairement sous Alexandre de Robbe, comte d’Annappes, et aussi civilement en faisant partie pendant des années du magistrat (des autorités) de Lille: rewart (chargé du maintien de l’ordre) pendant 9 à 10 ans, chef des capitaines de la garde de la ville, mayeur (maire), échevin, conseiller. Il a épousé Catherine de Parmentier. Le village compte en 1789 lors de la Révolution française. Le 29 mai 1790, Jean-Baptiste Vanelslande devenait le premier maire de la commune, qui comptait en son sein un comité révolutionnaire, il était composé de la première municipalité. L’État confisque les biens de l’Église, l’église est vendue le 26 avril 1799. Vers 1800, le bourg rural compte pour.
Deux moulins y sont installés. Le château et sa ferme sont d’ailleurs vendus à Albert-Romain-Joseph-Mahy, maître de la poste aux chevaux de Lille. On y cultive des légumes et du tabac. Pérenchies souffre beaucoup des guerres napoléoniennes et de la campagne de 1814 et accueille le retour de Louis XVIII à bras ouverts. En effet, selon le Journal royal, la mairie de Pérenchies offre au roi la remise des frais occasionnés par les convois militaires. Selon ce même journal, la fête de la Saint-Louis est fêtée avec beaucoup d’allégresse. En 1835, une école primaire d’une classe ouvrit ses portes. Les ouvriers, au nombre de 350 en 1848, sont des paysans et journaliers, qui ignoraient la difficulté de la tâche.
Le propriétaire déclare d’ailleurs en 1840 « On n’a employé que des enfants de la campagne qui n’avaient pas la plus légère idée du métier qu’on allait leur apprendre ». En 1848, l’entreprise connait de nombreuses difficultés et finit par être en faillite, les pérenchinois craignent de perdre leur emploi. Elle est finalement rachetée avec le château par Donat Agache, membre de la famille Agache, et Charles Droulers, qui la développent et lui donnent une importance nationale, la construction d’une gare et de la ligne de chemin de fer Lille-Dunkerque coupant le village en deux a sûrement pesé dans la décision des deux hommes. Le 11 septembre 1854, les frères Jacquin, un ingénieur et un ouvrier belges, tentent de faire dérailler le train de l’Empereur Napoléon III à Pérenchies, mais leur « machine infernale » est découverte par la police. Ils ont toutefois le temps de fuir en Belgique. À la mort de Donat Agache en 1857, c’est son fils Edouard Agache, qui deviendra conseiller municipal de la ville, qui lui succède. C’est à cette époque que l’église Saint-Léger fut bâtie par Charles Leroy dans un style typiquement flamand, comme en témoigne l’utilisation des briques rouges, et néogothique. À partir de 1880, c’est la Belle Époque, la ville est modernisée.
Un bureau télégraphique est installé en 1891, la commune est éclairée au gaz à partir de 1905 et cette même année les premiers sapeurs pompiers sont embauchés pour l’usine, ils desservent ensuite toute la ville. En 1900, la population atteint plus de tout en ayant doublée entre 1876 et 1911, cela mène à l’ouverture de l’école communale pour filles, jadis appelée Léon Gambetta et aujourd’hui Jean Macé, et de l’école maternelle Louis Pasteur en 1905. L’entreprise Demeyere est créée par Lucien Demeyere en 1909, elle est située rue de la Prévôté. Au tournant des, les frères d’Hespel (Famille D’Hespel), Henri natif de Gand et Pierre, natif de Prémesques, fondent la marque automobile DSPL (pour D’heSPeL), l’usine étant à Premesques (Nord), avec des ateliers à Pérenchies. En 1911, une voiture DSPL concourt à Ostende., la guerre est déclarée contre l’empire allemand, la ville est occupée le et subit souvent les bombardements alliés, la commune servant de base arrière de repli pour les troupes allemandes. L’évacuation complète de la ville est décidée en 1917, le clocher de la ville est dynamité. Le bilan est désastreux: la ville, l’usine et l’église sont presque totalement détruites, d’origine pérenchinoise sont tués.
Le château n’est pas reconstruit et son emplacement devient un étang de pêche. La ville a été décorée de la Croix de guerre 1914-1918, le. Dans les années suivant la fin de la guerre, la ville renaît de ses cendres. L’usine est le premier bâtiment reconstruit. Des baraquements, cités et habitations provisoires voient le jour. Des travailleurs italiens et polonais arrivaient en masse et aidaient la reconstruction de la ville, les communes de Lisieux et Sélestat devinrent même les marraines de Pérenchies. Entre 1921 et 1924, l’église Saint-Léger est restaurée. Cependant, la ville ne retrouvera qu’en 1921 la population qu’elle avait en 1911.
La ville fête le centenaire des usines Agache en 1928, un buste d’Édouard Agache est inauguré. Il sera cependant fondu durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville est occupée. Certains de ses habitants rejoignent la Résistance dès 1941. 150 Pérenchinois sont faits prisonniers. La ville est libérée le 6 septembre 1944 et le 2 septembre 1945, un calvaire catholique, construit par Adolphe Masselot, est érigé. Au cours du, diverses populations étrangères (Belges, Polonais, Italiens, Portugais), viennent s’installer dans la commune. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville est particulièrement concernée par le baby-boom, la population de la ville ayant presque doublé entre 1945 et 1960.
De nombreuses nouvelles rues et habitations voient le jour. En 1976, le collège Jacques Monod, le complexe sportif Pierre Lecerf et la base de loisir (en collaboration avec les villes de Lompret et de Verlinghem) ouvrent leurs portes pour répondre à cette rapide augmentation de la population adolescente. Parallèlement à son développement, la ville est de plus en plus intégrée à la métropole lilloise à partir de 1989, par la construction de la station de métro Saint-Philibert à Lomme et le développement du réseau Ilévia. En 1985, l’usine Agache ferme ses portes et quitte Pérenchies, l’activité économique sera restaurée par l’arrivée en 1991 de l’usine Roxane Nord, rachetée par Cristaline, étant donné la découverte de la source Saint-Léger en 1979. Depuis les années 1990, l’arrivée des supermarchés (Aldi en 1995, Match en 2006, Lidl en 1997) et le développement de la zone commerciale de Lomme font concurrence aux petits commerces, dont les estaminets. Parallèlement, depuis les années 2000, une politique d’urbanisation est menée sur les terrains vagues et en friche, ou les champs. Tous ces changements récents mènent à partir de 2015 à un désir de désengorgement des principales rues de la ville, dont la circulation est devenue très dense. un projet d’interdiction du passage des camions a même été proposé, et en 2022 la Métropole européenne de Lille a fait de la rue de Lomme une rue à sens unique.
Patrimoine religieux
L’héritage des usines Agache se retrouve dans de nombreux lieux: l’ancienne usine Agache, la rue Edouard Agache ainsi que l’étang Agache.