Péronne (80)

Histoire de Péronne

Péronne est une commune de Somme, en Hauts-de-France, qui compte 7 291 habitants. C’est sous la plume de Venance Fortunat, dans la seconde moitié du, que le nom de Péronne apparaît pour la première fois sous la forme Perrunas en 585, dans la Vie de Sainte Radegonde. Évoquant le séjour de la reine des Francs, Radegonde, à Péronne, il écrivait:. De l’anthroponyme Perros et du suffixe onna, « la source », d’origine gauloise.

D’après Paul Decagny, Péronne pourrait venir d’une déformation du celtique piron (oie) signifiant, ce qui est corroboré par une ancienne appellation de Péronne: mons cygnorum (le mont des cygnes).

Incendiée, pillée lors des incursions des Vikings, gravement endommagée lors du siège des Espagnols, dévastée par les Allemands en 1870, totalement détruite en 1917 durant la Première Guerre mondiale, bombardée et incendiée en par l’aviation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, Péronne porte en son blason deux Croix de guerre. Située sur une colline, presque totalement entourée par le fleuve Somme et ses étangs naturels, Péronne existe très probablement dès l’époque mérovingienne sous forme d’un castrum protégé par une simple palissade de bois. La première mention de Péronne en tant que ville royale Perunna Urbem Regiam est relevée au, dans un texte de Venance Fortunat, biographe de la reine Radegonde. Radegonde, princesse thuringienne, fut faite prisonnière avec son frère Hermanfield par Thierry, roi de Metz et Clotaire, roi de Soissons. Le tirage au sort en fit la prisonnière de Clotaire. Elle fut conduite à la villa royale d’Athies, près de Péronne, dans le Vermandois. Clotaire décida d’épouser Radegonde. Celle-ci aurait tenté de s’enfuir, mais fut rattrapée dans les alentours de Péronne en un lieu nommé depuis Sainte-Radegonde.

, arrière-arrière-petit-fil, et l’un des deux plus puissants vassaux du roi des Francs; et son roi et cousin Charles III le Simple|, dit le Simple.

sait à l’origine de l’assassinat de son père. Lorsque ce dernier vient à Péronne chercher son soutien, il le fait prisonnier et l’enferme dans une tour du premier castrum. reste captif à Péronne jusqu’à sa mort en 929. Il est enterré dans la collégiale Saint-Fursy jusqu’à la destruction du bâtiment, juste après la Révolution. Une récente découverte d’ossements en 2003, sur l’emplacement de l’ancienne collégiale (actuel tribunal), a relancé l’hypothèse d’une présence de la dépouille du roi carolingien à Péronne. À ce jour, aucun élément scientifique ne vient étayer cette thèse. Pendant tout le Moyen Âge, Péronne est une ville de passage pour les voyageurs et commerçants de la Route des Flandres, et pour les pèlerins de la via Francigena (route reliant Cantorbéry en Angleterre à Rome en Italie). D’importants centres religieux se forment: collégiale Saint-Fursy, couvent des Minimes, couvent des Clarisses, etc.

Ils permettent à la ville de développer ses activités commerciales. Le traité de Péronne de 1200 est signé entre Philippe Auguste et Baudouin VI de Hainaut|, comte de Flandre et de Hainaut, qui se reconnaît vassal du roi de France. La ville est dotée d’un embryon d’organe municipal probablement dès le. Personne ne sait de quand date exactement la charte communale originelle de Péronne. Philippe Auguste confirme nombre d’anciennes coutumes dans la charte de Péronne de 1209. En 2009, la ville a célébré par une grande fête médiévale les de cette charte de Philippe Auguste. C’est à Philippe Auguste également que l’on doit la construction du château fort vers 1204, sur un modèle typique de l’architecture philippienne. La seconde moitié du est marquée par les conflits opposant le roi de France au puissant duc de Bourgogne Charles le Téméraire, souverain de fait de l’État bourguignon.

Châtellenie appartenant au duc de Bourgogne depuis 1418, Péronne fait partie des villes de la Somme (avec Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Doullens, Abbeville, Montreuil, Rue, Saint-Valery, Le Crotoy, Saint-Riquier, Roye, Montdidier, auxquelles il faut ajouter Crèvecœur-en-Cambrésis et Mortagne qui, elles, ne sont pas à proximité de l’actuel département de la Somme) que se disputèrent, de 1463 à 1477, et Charles le Téméraire. À l’automne 1468, les émissaires du roi arrangent une entrevue avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, son cousin, pour convenir des conditions d’un traité de paix entre les deux puissances (France et État bourguignon). La rencontre se fait à Péronne (« quartier général » bourguignon du moment) où arrive le accompagné d’une petite centaine d’hommes (principalement des archers de sa garde écossaise). Mais celui-ci commet l’ (le mot est de Commynes) de susciter dans le même temps, par ses agents, une révolte à Liège, qui est alors une seigneurie de fait du duc de Bourgogne et qui lui est indispensable puisqu’elle permet l’unification des « pays de par-deça » (ou Pays-Bas bourguignons) en un seul bloc géographique. Quand il apprend la nouvelle et la part que le roi de France y a prise, Bourgogne est saisi de colère devant la duplicité de celui qu’il accueille. Il fait fermer les portes du château de Péronne où séjourne, et les portes de la ville elle-même. Voilà le roi pris au piège et à la merci de son « bouillant » cousin. En danger de mort, se voit contraint de signer l’humiliant traité de Péronne et d’accompagner Charles le Téméraire dans son expédition punitive contre Liège pour y mater une rébellion que le roi avait lui-même fomentée en sous-main.

En 1536, Henri III de Nassau-Breda commandant l’armée de Charles Quint assiège la ville du. Malgré d’incessants bombardements et plusieurs assauts, la ville tient bon. Cet épisode glorieux de son histoire vaut à Péronne plusieurs privilèges de la part du roi François, notamment celui de porter un « P » couronné sur son blason. Du siège de 1536 est née l’héroïne péronnaise Marie Fouré ou Catherine de Poix dont les actions et l’existence même sont encore aujourd’hui débattues par les historiens locaux. En 1616, les habitants se soulèvent contre Concino Concini, marquis d’Ancre, nommé gouverneur de la ville par le jeune Louis XIII; ils obtiennent gain de cause du roi après avoir dressé des barricades. Par le traité de Péronne du 14 septembre 1641, la principauté de Monaco se détache du protectorat espagnol pour se placer dans la mouvance de la Couronne de France. Pendant près d’un mois de séjour à Péronne, et le cardinal de Richelieu ont le temps de formaliser ces accords avec Honoré II Grimaldi de Monaco. Le traité de Péronne du 19 septembre 1641, signé entre le roi de France et les institutions catalanes reconnaît, qui s’engage à respecter les libertés catalanes, comme comte de Catalogne.

Pendant plusieurs siècles, Péronne est intimement liée à l’Histoire de France en tant que ville frontière sur la Somme, et donc place stratégique pour les monarques. En 1656, Louis XIV remercie les Péronnais pour leur soutien durant la Fronde en leur offrant leur devise Urbs Nescia Vinci, qui apparaît pour la première fois sur des jetons frappés en or, en bronze et en argent, sur ordre du roi, par la Monnaie de Paris. En 1789, le bailliage de Péronne est le lieu d’élection des députés aux états généraux. Jean-Sifrein Maury abbé du prieuré de Lihons-en-Santerre est élu député du clergé, il devient l’un des chefs de file des adversaires de la Révolution. Après la défection du général Dumouriez, la Convention nationale ordonne de rassembler à Péronne les éléments de l’Armée du Nord désorganisée. Le comte Henri de Saint-Simon se présente à la mairie de Péronne et déclare renoncer à son titre et à son patronyme. Il prend alors le nom d’Henri Bonhomme. Il reprend par la suite son nom d’origine et obtient une longue postérité en tant que penseur politique et social.

, sur la ligne de Saint-Just-en-Chaussée à Douai, ouverte en 1873. 1873 est l’année d’arrivée du chemin de fer à Péronne (ligne de Saint-Just-en-Chaussée à Douai, perrmettant les liaisons avec Paris), avec la création de la gare de Péronne – Flamicourt, qui a fermé en 1970. Le nœud ferroviaire est renforcé avec la mise en service en 1889 de la ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique d’Albert à Ham des chemins de fer départementaux de la Somme. Raymond Poincaré, Président de la République, en visite à Péronne remet à la ville la croix de la Légion d’honneur, le, en reconnaissance des pertes subies au cours du siège de 1870-1871. Un peu plus d’un mois plus tard, le, les Allemands investissent Péronne qu’ils sont forcés d’abandonner le après la bataille de la Marne.

Ils la réoccupent à nouveau le et la conservent jusqu’en après le repli allemand sur la ligne Hindenburg. La ville est réoccupée par les Allemands de mars à. En 1918, la ville est anéantie. Le peintre François Flameng a fait de nombreux croquis et tableaux de la ville pendant la Grande Guerre et a été décoré de la croix de guerre 1914-1918, le. Lors de la Bataille de France, la ville est bombardée par l’aviation allemande. De nombreuses maisons du centre-ville sont incendiées. La ville est évacuée peu après. Elle est libérée le par l’armée américaine.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 36 % des immeubles de la ville sont détruits. L’été 1992, a lieu l’ouverture de l’Historial de la Grande Guerre.

Patrimoine religieux

Péronne est une des destinations phares du tourisme de mémoire en lien avec la Grande Guerre, de nombreux Anglo-Saxons visitent chaque année la ville et sa région. La commune compte trois monuments répertoriés à l’inventaire des monuments historiques et quinze lieux et monuments répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel. Par ailleurs, elle compte répertoriés à l’inventaire des monuments historiques et répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel. Le château fort de Péronne accueille l’Historial de la Grande Guerre, musée spécialisé dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Au sein du château, les ruines des trois tours subsistantes et des courtines qui les relient sont classées monument historique depuis le.

À la fin du, le roi Philippe Auguste fit construire les quatre tours que l’on voit encore aujourd’hui. C’est dans ce château que logea Louis XI, lors de son entrevue avec Charles le Téméraire en 1468, comme l’indique Philippe de Commynes, chroniqueur du duc de Bourgogne. Le donjon fut détruit pendant le siège de 1536. À l’intérieur des bâtiments, des caves voûtées ont pu servir de prison; des salles voûtées se trouvent dans les tours. Détruit en partie pendant la Première Guerre mondiale, le château est restauré et accueille depuis 1992 l’Historial de la Grande Guerre.

Installé dans un bâtiment jouxtant l’ancien château médiéval, aujourd’hui propriété du département, c’est un musée consacré à l’histoire de la Première Guerre mondiale. L’édifice, construit en 1992, est l’œuvre de l’architecte Henri Ciriani, qui a conçu un parcours muséographique mettant en relation le front et l’arrière, axé sur la présentation comparative de trois points de vue de pays belligérants (Allemagne, France, Royaume-Uni). Le bâtiment est caractérisé par la blancheur de son béton ponctué de petits cylindres, symbolisant des tombes militaires. Une salle est consacrée aux eaux-fortes du peintre allemand Otto Dix. Les anciennes fortifications sont composées de plusieurs éléments

La commune de Péronne est dotée d’un hôtel de ville dès 1293 qui est surmonté d’un beffroi dès l’origine. L’édifice est reconstruit en 1509 puis réparé après le siège de 1536 grâce aux libéralités de. La façade est alors ornée de salamandres sculptées avec la devise du roi « nutrisco et exstinguo » datant de 1583. Le bâtiment est modifié à la fin. Le bailliage était situé juste à côté de l’hôtel de ville, sur la Grand-Place avec une façade de style Renaissance.

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Population

7.291 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Somme
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