Pertuis
Histoire de Pertuis
Pertuis est une commune de Vaucluse, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 20 012 habitants. La forme la plus ancienne est Pertusum, attestée en 981. En provençal, la ville se nomme Pertús selon la norme classique ou Pertus selon la norme mistralienne. Ces toponymes se rapportent au bas-latin pertusium qui désigne une trouée, un passage.
De plus en plus au fil des années, la ville est appelée Pertuis-en-Luberon, autant sur les sites internet de la ville (mairie, office du tourisme) que sur les panneaux d’entrée de ville. Par contre, l’officialisation du changement de nom n’a pas encore eu lieu.
Aux lieux-dits Tournemire et les Aubettes, ont été découverts des vestiges lithiques (éclats levallois, racloirs, nuclei) témoignant d’occupations moustériennes. Il y a environ, des populations néandertaliennes séjournaient ainsi parfois — au gré des saisons et de la migration des troupeaux — au sud-est de l’actuel territoire de Pertuis. Ces mêmes stations ont également fourni des artefacts probablement épigravettiens (fin du Paléolithique supérieur) et chasséens (Néolithique moyen). Un menhir a été signalé au quartier de l’Homme-de-Pierre. Aux Aubettes, il existe quelques indices permettant de conjecturer une occupation du site à la Protohistoire (âge du Fer). Trois tumulus situés au domaine des Agnels, au quartier de Mourièras et aux Trois-Quartiers ont été fouillés. Ils ont livré des bracelets et des poteries datés de l’Âge du fer et un kylix d’origine grecque. Les contacts entre la population indigène vivant entre le et le avant notre ère, sur la rive droite de la Durance, et la Grèce antique ont également été attestés par la découverte au lieu-dit la Loubière, au pied de la colline des Trois-Frères dans la nécropole des Agnels, d’une œnochoé en bronze de fabrication locale.
Elle fait actuellement partie des collections du musée Borély de Marseille. Cette découverte a été faite en 1909 par Charles Cotte et a été datée de 740 av. Ces objets d’influence grecque, mêlés à d’autres d’importations étrusques, témoignent du rôle des chefs locaux dans l’activité économique de la Basse-Provence, un siècle et demi avant la fondation de Massalia par les Phocéens. L’oppidum du San-Peyre, à de la nécropole de l’Agnel, livre du mobilier de l’âge du Bronze final et du début de l’âge du Fer: il pourrait être lié à ces tumulus. D’importantes traces de la présence romaine ont été retrouvées sur le territoire de la commune, mais aucune dans le sous-sol de la ville, ce qui permet de conclure à l’existence d’un habitat dispersé. Des tegulae (tuiles plates) ont été retrouvées à la ferme Messeri, des tombes à incinération au Paradou, ainsi que deux nécropoles au quartier de la Dévention. Une villa rustica a été fouillée au quartier Sainte-Thérèse. Une autre existait certainement à proximité de Saint-Jean-de-Cros.
Le plus grand nombre de vestiges a été exhumé à Val Joanis. Outre de nombreuses céramiques rouges originaires de La Graufesenque, il a été trouvé un cippe funéraire, sur lequel est gravé le nom de la gens des Fronton. Cette famille, qui était installée à Apta Julia, compta parmi ses membres Marcus Corneluis Fronton, l’illustre grammairien, qui fut l’ami des empereurs Hadrien et Marc Aurèle. Ce cippe, qui a été coupé en deux, est conservé au château de Val Joanis. Après la chute de l’Empire romain, et jusqu’à l’établissement de la féodalité, s’écoulèrent cinq siècles marqués par les invasions des Burgondes, des Wisigoths et Ostrogoths, des Francs, des Lombards et les razzias des Sarrasins. Le territoire pertusien fut placé sous domination féodale par un acte de donation établi par Charles Martel à Nébulong, fils de son frère Childebrand en 739. Son descendant, Guillaume Nébulong, en 950, en fit don à l’abbaye de Montmajour. Un bac permettant de traverser la Durance est attesté dès le, et faisait partie des plus fréquentés: il éclipse même les bacs voisins du Puy et de Meyrargues.
Les revenus étaient très élevés et les abbés de Montmajour firent confirmer leurs privilèges à chaque nouvelle élection pontificale. Ce fut le cas de Calixte II, en 1123, et d’Innocent III, en 1203 limite, en 1125, entre le comté de Provence et le comté de Forcalquier. En 1011, les trois fils de Guillaume Nébulong, s’estimant lésés, pillèrent et brulèrent la cité, mais en 1019, sur injonction pontificale, ils confirmèrent la donation aux moines de Montmajour, en échange de l’usufruit viager de la moitié du castrum de Pertuis. Elle décidait que désormais Pertuis et son péage étaient indivis entre Guillaume, ses successeurs et l’abbaye de Montmajour sous condition d’hommage entre les mains de l’abbé. Le port vieil est mentionné le 21 dans la charte d’affranchissement octroyée aux Pertuisiens par Guillaume. En 1246, à la mort de Guillaume de Sabran, le comté de Forcalquier n’existait plus. Son fils Guillaume de Pertuis et son petit-fils Bertrand des Baux de Pertuis conservèrent la seigneurie de Pertuis.
L’abbé qui était à la tête de l’ordre de Montmajour obtint du pape Alexandre IV, par une bulle datée du 17 que les églises Saint-Pierre et Saint-Nicolas fussent placées sous sa juridiction et que les terres cultivées par les moines ne fussent pas soumises à la dîme. En 1296, le comte de Provence Charles II d’Anjou, voulant reconstituer le domaine comtal dans son intégralité, racheta la seigneurie de Pertuis à Bertrand. Cela entraîne un renouveau économique et Pertuis, avec son marché hebdomadaire, son établissement de change, est réputée pour la qualité de ses échanges. En 1283, une charte, en 1333, qu’il était hors de question qu’un comte-roi en rendit hommage aux abbés de Montmajour. En 1343, la reine Jeanne, sa petite-fille, devient comtesse de Provence.
Pour remercier Clément VI de l’avoir lavée de tout soupçon d’instigatrice du meurtre de son premier époux, elle octroya Pertuis, en 1355, au neveu du pape, Guillaume III Roger de Beaufort, vicomte de Turenne., fresque de l’Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne. C’est le début de la période noire en Provence. Des bandes armées dévastent la région, Pertuis est occupée de 1357 à 1362. La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d’Anjou. Le roi de France, Charles VI, intervient et envoie le sénéchal de Beaucaire, Enguerrand d’Eudin, auquel se rallie Guillaume-Roger de Turenne. Pertuis, possession de ce dernier, se trouve donc neutre en début de guerre, et du côté angevin à la fin de la décennie. La ville assiégée par les troupes du maréchal de Boucicaut, envoyées par le roi de France, se rend le 26 juin 1397 après dix-huit jours de bombardements avec.
« Raymond de Turenne est de ceux qui portent coutumièrement leur bon droit à la pointe de leurs épées et leurs documents en leurs armes » a écrit la romancière provençale Marie Mauron. Elzéar de Sabran, seigneur d’Ansouis, ayant eu des pertes considérables pendant la révolte de Raymond de Turenne, vendit le 1 toute la montagne du Luberon, du sommet jusqu’au territoire de Cabrières-d’Aigues et de La Motte-d’Aigues, pour la somme de trois-cents florins d’or. Pour porter des renforts à Naples, le roi René fit armer deux galères. À cette occasion, les Pertuisiens versèrent 400 florins en échange de l’exemption, sur tout le territoire de la Provence et du comté de Forcalquier, des droits de péage et de leyde. Ce privilège leur fut accordé par lettres patentes délivrées par la reine Isabeau de Lorraine le 21. Le roi René confirma le 13 le rattachement de Cabrières-d’Aigues, La Motte-d’Aigues et Villelaure. Remarié avec Jeanne de Laval, et comme cette dernière adorait Pertuis (qui lui firent don de 80 florins pour son mariage), il lui céda en pleine et entière propriété la ville le 26. Pertuis devint française le 11, lors de l’union de la Provence au royaume de France, après la mort du roi René.
Le 2, Bertrand Mungy et Jean Roux prêtèrent serment de fidélité, en tant que députés de la ville, à Charles VIII, roi de France, comte de Provence et de Forcalquier. Douze ans après, en 1493, Pertuis reçut de Charles VIII le privilège d’inaliénabilité à la Couronne et la fleur de lys sur son blason, privilège rare pour une ville. En 1498, les Carmes négocient leur installation à Pertuis. Marguerite d’Oraison de Cadenet, en 1501, fit installer une communauté de carmes. Pourtant, la ville fut encerclée en mai 1562, pendant dix-huit jours, par Emmanuel-Philibert de Savoie, comte de Tende et les troupes de Paulon de Mauvans, capitaine protestant. Elle résista victorieusement au siège et fut à nouveau assiégée sans succès en 1568. En 1590, le duc d’Épernon convoqua le Parlement d’Aix à Pertuis. Majoritairement ligueurs, les parlementaires ne se déplacèrent pas et ils convoquèrent une assemblée des communes à Marseille.
Des magistrats royalistes, minoritaires, constituent cependant un parlement rival de celui d’Aix, à Pertuis. Le 3, la communauté de Pertuis demanda au gouverneur des États de Provence la permission de détruire le château, bâtiment jugé trop guerrier, en pensant être en paix sans lieu de cantonnement militaire. Charles-Emmanuel de Savoie arriva en pays d’Aigues en novembre 1599, mais échoua à son tour dans sa tentative de forcer Pertuis. Au début du plusieurs ordres religieux s’installèrent à Pertuis. En 1604, les capucins jetèrent les premières fondations de leur couvent sur le terrain qui leur avait été concédé et qui dominait la vallée de la Durance. En 1620, les oratoriens s’installèrent au nord de l’église Saint-Pierre avec une petite chapelle consacrée à saint Joseph. Un autre couvent vit le jour à Pertuis, le couvent des religieuses de Sainte-Claire (les clarisses) qui fut fondé en 1635 par madame de Lacépède et achevé en 1643. Leurs œuvres s’occupèrent, en 1640, des malades touchés par la peste qui, cette année-là, ne fit que quelques victimes.
La peste sévit de nouveau en 1720, provoquant 345 morts. Le domaine et le château du Val furent donnés, en 1753, à Toussaint de Joannis, procureur du roi. L’année suivante, il demanda que son domaine de soit érigé en fief. Malgré la protestation des habitants, le roi accepta en souvenir des services rendus par M. de Joannis comme président de la cour des comptes d’Aix. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence, et deux émeutes se produisent à Pertuis. La première, le 18 mars, attaque les fermiers des moulins de la ville, accusés de malversations sur la mouture. Huit jours plus tard, le 26 mars, la foule affamée pille le grenier à blé.
Les possédants de la commune se constituent en garde bourgeoise. Outre cette réaction, on rassemble des effectifs de la maréchaussée sur place. Puis, des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande Peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août. La Révolution française divise les Pertuisiens en deux camps: les Rouges, ou Patriotes favorables à la Révolution, et les Bleus conservateurs. Chaque camp se retrouve dans un groupe de Pénitents, blancs ou noirs. À la suite des massacres de Pertuisiens, le 15.
Un pont suspendu est construit en 1835 (sixième pont sur la Durance), et 1880, une voie de chemin de fer, puis des canaux d’irrigation peu après, mais c’est le barrage de Serre-Ponçon en 1952 qui permet de limiter ses crues (pour éviter la répétition des inondations catastrophiques de 1843 et 1856) et faciliter ainsi une utilisation plus importante de la partie alluvionnaire des terres qui bordent la Durance, qui fut maire quatre fois en alternant mairie, conseil général et même aucun mandat. En octobre 1887, Gustave Lançon installe à Pertuis une usine électrique (la première en France qui existe encore de nos jours, mais qui ne produit plus depuis fort longtemps) pour l’électrification des rues pertuisiennes. Pertuis devient la française à être électrifiée à la suite de la signature le 3 du traité pour l’éclairage de la ville de Pertuis entre Auguste Callier, maire de Pertuis, et la Société Lyonnaise des eaux et de l’éclairage.
Patrimoine religieux
En plus des monuments, le ministère de la culture en a classé 28 au titre des objets des monuments historiques. Ces objets sont conservés dans quatre lieux: cinq dans la chapelle de l’ancienne Charité, un dans la chapelle de la Charité, un dans la chapelle du collège et vingt-et-un dans l’église Saint-Nicolas. Dans la chapelle de l’ancienne Charité on trouve cinq objets qui ont été classés le 10: Deux clôtures de chapelle en fer forgé datant de 1755, autel, tabernacle, retable, tableau: la Vierge à l’Enfant entre saint François d’Assise et saint Joseph datant du, bannière de procession de saint Roch datant de 1851, clôture de chœur datant du et tabernacle, retable, deux tableaux: sainte Anne la Vierge et l’Enfant Jésus entourés de saints, Dieu le Père et le Saint Esprit datant. Dans la chapelle de la Charité on trouve un objet qui a été classés le 22: tableau: saint Félix de Cantalice et l’Enfant Jésus datant. Dans la chapelle du collège on trouve un objet qui a été classé le 2: chaire à prêcher datant.
Dans l’église Saint-Nicolas on trouve vingt-et-un objet qui ont été classés à différentes dates. Le 5: retable, tableau: la Vierge de consolation entre saint Sébastien et saint Roch datant du, statue: Berger en adoration datant du, retable, trois bas-reliefs: Scènes de la vie de saint Crépin et de saint Crépinien datant des et, tableau: le Couronnement de la Vierge datant du, tableau: Josué arrêtant le soleil, cadre peint par Gilles Garcin datant du, chaire à prêcher datant du, tableau: la Présentation de la Vierge peint par Jean Daret datant du, tableau: le Mariage de la Vierge datant du, tableau: l’Adoration des bergers datant du, vantaux et tympan du portail principal datant du, tableau: l’ Echelle de Jacob, cadre peint par Gilles Garcin datant du, tableau: saint Paul à Ephèse, cadre datant du, tableau: Moïse rapportant les tables de la loi, cadre datant du, tableau: le Sacrifice d’Abraham, cadre peint par Gilles Garcin datant du, tableau: Zacharie dans le temple, cadre datant du, tableau: le Jugement de Salomon, cadre datant du, puis le 8: tombeau, bas-relief: Trois personnages sous des arcatures datant du, châsse datant de 1598, plaque commémorative datant de 1772, le 24: autel, tabernacle datant du et le 26: orgue de tribune datant de 1598, orgue de tribune: partie instrumentale de l’orgue datant de 1598. C’est à la fin du que la maison commune fut transférée dans l’immeuble actuel; c’était l’hôtel particulier de la famille de Croze, acquis par la ville en 1827.
Auparavant, il appartenait à la famille Archimbaud, dignitaires et personnalités de Pertuis depuis 1380, date de la nomination du premier syndic de la ville pour la famille Archimbaud. En 1639, il accueille le prince Jean II Casimir Vasa (Jan Kazimierz Waza), futur roi de Pologne. Louis Archimbaud l’échangea avec Joseph de Croze contre une maison rue du Marché et une somme de.