Plabennec

Histoire de Plabennec

Plabennec est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 8 589 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Parochia Albennoca en 1019, Plobennec, Guitabnec en 1173, Plebs Apennoc, Ploeapennoc en 1265, Ploeabennoc en 1282, Ploeabenneuc en 1310 et en 1318, Ploeabennec en 1337, Ploeabennoc en 1339, Plebe abenneunc en 1361, Guigabennec en 1378, Ploebenneuc en 1481. Plabennec vient du breton ploe (paroisse) et de saint Abennec. Le nom en breton de la commune est Plabenneg.

Selon Albert le Grand, la paroisse aurait été fondée par saint Ténénan, peu après qu’il eut débarqué vers 650 près de La Forest-Landerneau, près du château de Joyeuse Garde, où il avait installé son lan (petit monastère) Toujours selon la tradition, Saint Thudon, accompagné de ses fils Gouesnou et Majan et de sa fille Trezdona (ou Tudona), aurait édifié un oratoire en un lieu dénommé par la suite Locmaria-Lann; cet oratoire aurait été remplacé par une chapelle vers le, remaniée et agrandie à diverses reprises par la suite. Au Haut Moyen Âge la paroisse regroupait au sein de l’archidiaconé ou pays d’Ac’h, outre Plabennec, la trève de Locmaria-Lann et les communes actuelles de Kersaint-Plabennec et du Drennec, ainsi qu’au moins une partie de Gouesnou. Le souterrain de Kermoysan, datant de l’Âge du fer, une succession de cinq salles alignées du nord-est au sud-ouest, situées à près de trois mètres sous terre et accessible par deux puits situés à chaque extrémité et bouchés intentionnellement, a livré plus de tessons de poteries grâce auxquels certains vases et pots ont pu être reconstitués. Le menhir de Prat-Lédan, haut de 7,30 mètres et pesant 19 tonnes, décrit par le Chevalier de Fréminville en 1835 (« À un quart de lieue de la croix des Trois-Recteurs, on voit dans un champ de genêt un menhir à demi-renversé, longue aiguille granitique de 18 pieds de hauteur ».) et portant à son sommet une cavité qui correspond probablement à une tentative de christianisation (implantation d’une croix? une de ses faces porte aussi une croix gravée), cassé en deux probablement par la foudre et tombé à terre au début du, a été relevé en 1983 en imitant les techniques supposées avoir été utilisées par les hommes de la Préhistoire lors d’une grande fête. trouvés dans l’enclos de la chapelle de Locmaria. Le territoire actuel de la commune de Plabennec était traversé par deux voies romaines, l’une allant de Landerneau à l’embouchure de l’Aber-Wrac’h (Tolente?) en passant par Plouvien et Lannilis, l’autre de Vorganium (Kerilien en Plounéventer) à la Pointe Saint-Mathieu (probablement Gesocribate?).

Quatre petits bronzes de Gallien, un petit bronze de Salonine, femme de Gallien, et des monnaies de Postume et de Constantin II ont été trouvés à Keralien en Plabennec, juste à la limite sud de la commune avec Guipavas. Des tuiles provenant d’une habitation gallo-romaine ont été trouvées à Kerarouan et de nombreuses tuiles de la même époque provenant de la toiture effondrée d’un bâtiment, ainsi que deux fragments d’amphore et deux fragments de poterie sigillée, datant selon Patrick Galliou du après J.-C., dans l’enclos de la chapelle de Locmaria. Une première chapelle fut construite à Lesquelen par saint Thudon au ou. Vers l’an 600, la forêt de Talamon (qui subsiste partiellement de nos jours sous le nom de forêt de Landerneau) s’étendait jusqu’à Plabennec. La première église paroissiale fut bâtie par saint Ténénan, septième évêque de Saint-Pol-de-Léon, qui la fit construire à ses frais et mourut dans cette paroisse en 635. Jean-Baptiste Ogée indique qu’on y garda longtemps ses reliques, qui furent transportées ailleurs pour les dérober aux profanations des Normands. Le château de Lesquelen, fut en 1163 propriété d’Hervé II de Léon, vicomte du Léon; en 1279, le mariage de Françoise de Lesquelen avec Alain de Léon, frère du vicomte Hervé IV de Léon montre la persistance des liens entre les deux familles. Le château a été le lieu d’une contestation juridique entre le chevalier Alain Nuz, seigneur de Postel, et le vicomte de Léon Hervé IV, qui a abouti en 1296 à l’accusation d’assassinat de l’un par l’autre, ce qui n’a pas peu contribué à discréditer la haute noblesse au profit d’une administration cléricale et ducale soutenue par la petite noblesse.

Le château est ainsi décrit au Le château de Lesquelen, qui disposait de sa chapelle privée Notre-Dame-de-Lesquelen (la seconde chapelle de Lesquelen), devient par mariage propriété de la famille de Vieux-Chastel. En 1409, Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel, épouse Tanguy de Kermarvan (originaire du château de Kermarvan en Kernilis); désormais propriété de la famille de Kermarvan, le château de Lesquelen prend progressivement le nom de Kermarvan (ou Kermavan), nom qui se transforme au en Kerman et au en Carman. La troisième chapelle de Lesquelen, construite au, de style gothique et en pierres de taille, tomba en ruines dans le courant du, son clocher s’écroulant le 6 février 1884. La juridiction de la châtellenie de Keralguezen appartenait en 1310 à Maurice de Keralguezen. En 1500, le manoir de Lannoster appartenait à Christophe Gourio. Une crise démographique survint à Plabennec entre 1739 et 1743. Les récoltes de 1739 furent particulièrement mauvaises, puis l’hiver 1739-1740 très rude (le recteur Y.

Corne a porté l’annotation « grand hiver » sur le registre paroissial). L’année 1740 enregistre 168 décès (contre une centaine les années « normales »). Le typhus et la dysenterie frappèrent la paroisse dans les derniers mois de 1741 (257 décès en 1741, année du pic de mortalité, dont 45 en octobre); la crise dura jusqu’en 1743. Une épidémie de fièvre typhoïde sévit, comme dans la plupart des paroisses voisines, à Plabennec en 1775, y faisant cette année-là 93 morts. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Ploabennec [Plabennec] de fournir 51 hommes et de payer 334 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plabennec en 1778 Une émeute éclate le 19 mars 1793 à Plabennec, et dure jusqu’au 22 mars 1793, réprimée par les troupes du général Canclaux; elle fit deux morts parmi les gardes nationaux et cinq parmi les paysans révoltés. Le manoir du Rest devient en 1820 la propriété de Hyacinthe Le Bescond de Coatpont; sa fille Marie-Thérèse épouse en 1832 le capitaine de frégate Germain Malmanche; un de leurs petits-fils fut le dramaturge Tanguy Malmanche.

En 1829, l’école de Plabennec est située dans une écurie désaffectée. « Dans le canton [de Plabennec] l’instruction est très arrièrrée, les habitations étant toutes isolées et la plupart à de grandes distances, ce qui est un obstacle insurmontable d’autant plus que tous. Les chemins sont impraticables l’hyver (seule saison où les enfants sont envoyés à l’école) ». Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Plabennec en 1845 Cette pierre gravée située à proximité de la croix des Trois-Recteurs est également décrite par le Chevalier de Fréminville qui précise qu’elle « parait avoir été roulée et placée avec intention à l’endroit où elle est », qu’« elle a huit pieds dans sa plus grande longueur, six de hauteur et trois et demi d’épaisseur » et qu’elle porte une inscription que lui aussi trouve énigmatique. Dans cette persuasion, quelques-uns y ont fait au ciseau des entailles et une excavation carrée, qui n’ont servi qu’à les désabuser de leur supposition absurde ». Le droit de vaine pâture s’exerçait encore couramment au milieu du

En 1896, un document indique que les sœurs de l’Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Plabennec à domicile. Le château de Leuhan, de style néogothique, a été construit entre 1882 et 1884 par John Burnett Stears et son épouse Béatrice de Trobriand, laquelle se remaria en 1900 avec Olivier de Rodellec du Porzic après le décès de son premier époux. Son parc est inscrit monument historique. Antoine Morvan, maire de Plabennec, fit partie des onze maires du canton de Plabennec qui adressèrent en octobre 1902 une protestation (« Nous aimons notre langue natale et nous voulons en maintenir et en vulgariser l’usage. (.) Nous voulons être Français et parler breton ».) au préfet du Finistère à propos de la circulaire interdisant l’usage de la langue bretonne dans les églises. Le recteur refusait alors l’absolution aux parents qui mettaient leurs enfants à l’école publique. À Plabennec, l’ensemble des soldats mobilisés pendant la Première Guerre mondiale représente 688 hommes, parmi lesquels 150 furent tués et 25 portés disparus. Le monument aux morts de Plabennec porte les noms de 146 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale: 8 d’entre eux sont morts en Belgique dont 5 dès 1914, notamment dans les combats de Rossignol et de Maissin et 1 (François Guennegues) lors de la Bataille d’Ypres en 1915; un soldat (Yves Guiziou) est mort à Douala (Cameroun); Hervé Thomas a été tué à l’ennemi en Grèce alors qu’il participait à l’expédition de Salonique; 4 (Gabriel Boucher, Alain Lazennec, Michel Le Guen, Joseph Ropars) sont des marins disparus en mer; Guillaume Le Fur, Jacques Page et François Paul sont morts alors qu’ils étaient prisonniers en Allemagne; la plupart des autres sont morts sur le sol français dont Claude Eozenou, Jean Le Gall et Claude Le Gall, décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, et Yves Pervez et Pierre Segalen, décorés de la Croix de guerre.

En 1922, il y avait 2 élèves à l’école publique mixte de Plabennec et 381 garçons et 270 filles dans les deux écoles catholiques de la commune. Huit jeunes Plabennecois ont rejoint les Forces françaises libres en Angleterre à la suite de l’appel du 18 juin: Albert Lossouarn, né le 5 février 1918 à Plabennec, a servi dans la DB, de même que Jean et Léon Breton (deux frères) et Joseph Bleinhant; Jean Bleinhant (frère du précédent) et François Mesguen dans la DB; Marcel Bouguen, pilote des Forces aériennes françaises libres, est mort le 9 mars 1944 lors d’un vol au-dessus de la Manche; Alain Caër a servi dans la Marine et notamment sur le patrouilleur Reine des flots. François Kerzil, marin, a servi sur le Dupleix et le Calais; Jean Roudaut (15 ans en 1940) a aussi servi dans la Marine et Gervais Person dans l’armée de l’air. Le 30, à Plabennec, Raymond Meunier, un jeune français, est mortellement blessé par un officier allemand pour une raison inconnue. Le moulin du Pont fut attaqué par les Allemands en mai 1944. Le 6 août 1944, les troupes américaines arrivent à Plabennec. Des troupes allemandes installent alors des guetteurs dans le clocher de l’église de Gouesnou; ceux-ci sont attaqués par des résistants locaux. Les Allemands prennent alors des otages dans la population de Gouesnou et ceux-ci sont fusillés à Penguerec.

Le 7 août 1944, le Combat Command A, de la division blindée américaine, venant du Huelgoat via Landivisiau, ville près de laquelle les soldats ont bivouaqué la nuit précédente, contourne Landerneau, mais est bombardé par les Allemands dans les environs de Saint-Thonan et Kersaint-Plabennec; il passe la nuit suivante dans le secteur de l’Ormeau entre Plabennec et Gouesnou, nuit pendant laquelle il fut victime de tirs d’artillerie allemands qui firent de nombreuses victimes dans ses rangs. Une plaque commémorative, dite « Mémorial de Lormeau » (située le long de la route entre Plabennec et Gouesnou), évoque la mémoire de 75 soldats de la division blindée américaine tués dans la région de Plabennec et Plouvien les 8 et 9 août 1944. Elle porte l’inscription suivante: « À la mémoire des 75 soldats de la division blindée morts au combat les 8 et 9 août 1944 pour libérer cette terre – Sur la pierre et dans notre coeur à jamais. La division blindée américaine commandée par le général Robert W. Grow et forte de 15 000 hommes a débarqué à Utah-Beach le 18 juillet 1944. Fer de lance de la campagne de Bretagne conduite par le général George J. Patton, elle a percé le front de Normandie à Avranches le 31 juillet et elle était devant Brest le lundi 7 août en fin d’après-midi. Du 18 juillet 1944 au 8 mai 1945, de la DB sont morts au combat – Killed in action ».

Patrimoine religieux

Il se dégage de cette chapelle, un savant mélange de luxe et de sobriété, d’exubérance et d’austérité, un calme reposant, un charme étrange. Tanguy Malmanche les a d’ailleurs bien éprouvés, lui qui venait souvent se promener dans le coin: « durant les chaudes journées d’été, je ne connais pas d’asiles plus agréables que ces chapelles sur la campagne. Il y règne la fraîcheur d’une cave qui serait ensoleillée ».

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Population

8.589 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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