Plappeville
Histoire de Plappeville
Plappeville est une commune de la Moselle, en région Grand Est, qui compte environ 2 028 habitants. Son nom est attesté dès 1130 sous la forme Plaplivilla, et les mentions successives — Pappivilla en 1143, Plapevilla en 1171, Blabivuille en 1218, Pleppeville en 1196, Plepeville en 1437 — montrent la lente stabilisation du toponyme jusqu’à la forme actuelle. En patois, la commune est désignée Piaitvelle.
D’après l’historien Louis Viansson, les environs de Metz sont habités dès le début de l’occupation romaine. Au Ve siècle, saint Pappole, évêque de Metz, fait construire sa résidence d’été à l’emplacement actuel du village, baptisée Pappoli Villa — d’où la commune tire son nom. Il lègue ensuite cette villa à l’abbaye de Saint-Symphorien qu’il avait lui-même fondée. Vers 835, Drogon, évêque de Metz, rapporte de Saint-Quentin-en-Vermandois des reliques de saint Quentin et fait construire un oratoire au sommet du mont Saint-Quentin. Cet oratoire, remplacé par un sanctuaire, servit de paroisse pendant plusieurs siècles aux habitants de Plappeville, Scy-Chazelles, Lessy et Longeville.
En 923, le village est rasé par les troupes d’Henri l’Oiseleur. Reconstruit par les moines de Saint-Symphorien, il se dote d’une grande chapelle abritant les reliques de sainte Brigitte d’Irlande, abbesse de Kildare morte en 523, toujours patronne du village comme l’indiquent les langues de feu sur le blason communal. En 1143, l’église passe sous l’autorité de l’abbaye de Gorze, avant d’être récupérée par Saint-Symphorien en 1212. Les armées de Robert de Commercy ravagent à trois reprises le pays messin de 1346 à 1443, et le siège de Metz par le duc de Lorraine oblige les habitants à se réfugier derrière les remparts de la cité. L’église est reconstruite, les travaux achevés en 1493; du bâtiment originel ne subsistent que la tour et quelques piliers.
En 1552, les troupes d’Albert de Brandebourg s’établissent dans le village lors du siège de Metz par Charles Quint. De 1588 à 1593, trente habitants sont condamnés pour actes de sorcellerie. En 1635, pendant la guerre de Trente Ans, les armées de Bernard de Saxe-Weimar prennent d’assaut le village, suivi d’un pillage en 1636 par des soldats croates, puis d’un nouveau sac en 1643 par des Bourguignons. La viticulture, qui faisait vivre 65 foyers sur 71 au début du XVIIe siècle, subsiste malgré les guerres. En 1728, le ban communal compte encore 49 hectares de vignobles.