Plestin-les-Grèves

Histoire de Plestin-les-Grèves

Plestin-les-Grèves est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 3 635 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Plegestin en 1086 et en 1163, Plestin en 1292 et en 1330, Ploegestin en 1481. Le nom « Plestin » proviendrait de la contraction de « Ple Gestin » (la « paroisse de Gestin » en breton); selon l’hagiographie bretonne, saint Gestin était un homme pieux qui aurait vécu dans la région au, y aurait construit un oratoire, occupé ensuite également par saint Efflam en compagnie duquel il aurait un moment vécu. La commune de Plestin est autorisée à porter le nom de Plestin-les-Grèves par un décret du 7 juillet 1884.

Un important dépôt (450 spécimens) de haches à douille armoricaines a été découvert en 1976 près du Rest-Menou. Des débris de vases en terre, de poteries, de tuiles, des vestiges de peintures remontant à l’époque gallo-romaine furent trouvés en 1877 par un agriculteur dans un champ contigu aux dunes adossées à la falaise qui forme l’entrée du port de Toul-an-Héry. Les thermes romains du Hogolo sont situés en bord de mer. Ils furent initialement découverts en 1892 par un cultivateur. Le site est ouvert à la visite depuis 1992. « Kozh Iliz » signifie en breton « Vieille Église ». Le sanctuaire, un lieu de culte gallo-romain, dédié à un dieu hybride (mélange de dieu gaulois et romain), était utilisé entre le et le après J.C. Il se compose d’une aire sacrée rectangulaire entourée de murs à l’intérieur de laquelle est implanté le temple dont l’emprise au sol est de forme carrée.

Selon un récit hagiographique de Dom Morice, saint Gestin, un solitaire, aurait vécu à Plestin à la fin du, y construisant un oratoire et une cellule monastique qu’il quitta pour faire un voyage à Rome. À son retour il trouva les lieux occupés par Saint Efflam, lequel; venant d’Hibernie, aurait débarqué sur la plage de Saint-Efflam au début du; les deux saints vécurent dès lors ensemble. Selon le cartulaire du Mont-Saint-Michel, en 1086, Hugues Ier de Saint-Pabutral, évêque de Tréguier, donna à l’abbaye du Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer, le rocher Hirglas, ses dépendances et sa dîme sur Plestin. En 1261 cette abbaye possède aussi la chapelle Notre-Dame de Lancarré, administrée par leur prieuré de Roc’h Hirglas; en 1337 ce prieuré fut réuni à celui de Tréveruer (Tréverer), l’ensemble portant le nom de Locmikael Rocquillas; le prieuré de Roc’h Hirglas finit par disparaitre complètement, celui de Tréverer subsistant jusqu’à la Révolution française pendant laquelle il fut vendu comme bien national. L’existence de la paroisse de Plestin, dépendant de l’évêché de Tréguier, est attestée en 1330 (lors du procès en canonisation de saint Yves). Ce même 3 juillet 1590 17 ligueurs furent tués sur la Lieue de Grève par des soldats royalistes en garnison au château de Tonquédec; 6 autres furent tués le 7 juillet 1590 au bourg de Trédrez. Plestin est citée pour sa participation à la Révolte des Bonnets rouges survenue en 1675 en Bretagne. L’un de ses habitants fut « excepté » de l’amnistie royale de 1676.

de la paroisse de Plestin et de ses environs (1783). En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Plestin de fournir 60 hommes et de payer 393 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plestin en 1778 Lors du déclenchement de la Révolution française Guillaume Rouat est recteur de Plestin (depuis 1780) et était assisté de 4 vicaires et d’un procurateur (un prêtre chargé de l’administration des biens de cette immense paroisse); le recteur accepta de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre constitutionnel, mais les 4 vicaires et le procurateur refusèrent de le faire. En juillet 1794, Augustin Marie Le Clech, né en 1738 à Plestin-les-Grèves et y étant prêtre réfractaire (dénoncé par le curé Rouat, lequel « fut très complaisant pour les révolutionnaires, prêta tous les serments qu’on lui demanda, livra l’argenterie, les vases sacrés et les ornements de son église, encouragea ses paroissiens à la spoliation dont il donnait l’exemple, se porta témoin contre son vicaire, l’abbé Clec’h, au Tribunal révolutionnaire, dit de salut public, à Brest, qui condamna à la peine capitale ce saint prêtre pour refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé » est-il écrit dans le cahier de la paroisse de Plestin) fut arrêté à Morlaix et guillotiné Place du Château à Brest le 13 messidor an II (1 juillet 1794), en même temps qu’Anne Leprince, veuve Le Blanc, âgée de 80 ans, et sa fille Anastasie, 36 ans (toutes deux originaires d’Acadie, mais domiciliées à Morlaix), qui l’avaient caché. ) de saint Efflam dans le chœur de l’église Saint-Efflam (carte postale). Le 26 sont découvertes dans l’église Saint-Efflam les supposées reliques de saint Efflam. L’abbé Tresvaux raconte les avoir trouvées sous une pierre plate située à trois pieds de profondeur, le tombeau étant ouvert en présence de nombreuses personnes dont plusieurs ecclésiastiques dont F.

Nayrod, alors curé de Plestin, et personnalités civiles comme François Moriou, alors maire de Plestin, et d’autres. Le procès-verbal de la découverte énumère les débris d’ossements trouvés: « Une clavicule droite, plusieurs vertèbres tant cervicales que dorsales, un os du métatarse, deux du métacarpe, une phalange de la main, plusieurs fragments de côte, une portion du calcaneum, une portion de l’os occipital, un fragment de tête de tibia (.) ». Ces ossements furent reconnus pour être les reliques de saint Efflam. La commune de Trémel est créée en 1838 par séparation de la commune de Plestin dont Trémel dépendait jusque-là. Selon Pitre-Chevalier « quand les paysans des Côtes-du-Nord traversent la lieu de grève de Saint-Michel, tant qu’ils aperçoivent le calvaire de granit qui s’y élève, ils disent: « La croix nous voit », et ils ne craignent pas que la marée les engloutisse. Édouard Corbière décrit en ces termes la « Lieue de grève » en 1843 Alexandre de Lavergne (1808-1879) a aussi décrit les voleurs de grand chemin qui sévissaient près du Grand Rocher dans son roman La Circassienne. La croix de Mi-lieue qui avertissait les voyageurs traversant la grève de son danger à marée montante, a disparu à la suite du débarquement des troupes alliées en août 1944, une nouvelle croix étant édifiée à son emplacement en 1993 par le Centre Culturel.

datant de 1814 (tableau d’assemblage). Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Plestin en 1853 En 1874, une pétition signée par des habitants de Trémel, Plestin et Plufur demande à l’Assemblée nationale de mette fin au régime provisoire des débuts de la Troisième République et de rétablir la monarchie légitime. En 2885, les élections municipales, qui virent à chaque fois le succès des candidats conservateurs, furent annulées à deux reprises par le Conseil de préfecture des Côtes-du-Nord. Toussaint Teurnier, qui avait pris part à la défense du fortin de Mazagran en 1840, et était surnommé « Mazagran », décéda à Plestin en 1891. C’est dans la décennie 1870 que la construction d’un pont sur le Douron à Toul-an-Héry fut demandée. Une légende raconte que si le batelier était absent, il suffisait de s’asseoir sur une pierre et d’invoquer saint Vouga, on était alors transporté instantanément sur l’autre rive. Franchir l’estuaire du Douron en bateau n’était pas sans risques: ainsi le 4, un instituteur de Locquirec, Hervé Prigent, se noya en face de Toul-an-Héry alors qu’avec sa femme, il cherchait à rejoindre Plestin, un coup de vent ayant fait chavirer son embarcation.

Le passage à gué du Douron était la seule solution à marée basse lorsque le bac ne pouvait naviguer, mais ce n’était pas sans risques: ainsi le 24 un homme se noya, emporté par le flot, alors qu’il tentait de passer à gué. Ce n’est qu’en 1936 que le pont fut construit. Le 3, le dundee Jeanne, dont l’armateur était Mahé, de Plestin, qui venait juste de quitter le port de Toul-an-Héry avec un chargement d’avoine, fut drossé à la côte sur des rochers de Locquirec et totalement démoli par les vagues; l’équipage parvint à se sauver. Les courses de chevaux de Saint-Efflam furent organisées sur la Lieue de grève à partir de 1828, à l’initiative du marquis de Kergariou, éleveur qui vivait au château de Coatilliou en Ploubezre. Dans la première moitié du des trains spéciaux étaient affrétés depuis Morlaix et Lannion. Elles avaient lieu le week-end de la Pentecôte: sept courses étaient organisées sur deux jours, quatre de trot et trois de galop. Une voie ferrée des Chemins de fer départementaux du Finistère allant de Morlaix à Plestin est inaugurée le 23; elle est prolongée par une voie ferrée du réseau des Chemins de fer des Côtes-du-Nord allant de Plestin à Lannion inaugurée le 1; les deux lignes sont exploitées par la compagnie des Chemins de fer armoricains. Le service voyageurs est fermé en 1934 et la ligne est totalement fermée le 1.

Le tracé de cette ligne ferroviaire longeait la Lieue de Grève et empruntait les passerelles de Saint-Efflam, désormais utilisées par un sentier de randonnée. Son tracé fut à l’époque contesté, accusé de défigurer le paysage de la « Lieue de Grève » Le 28, les cadavres de deux marins « nègres » [c’est le vocabulaire utilisé à l’époque] sont trouvés à bord d’une baleinière portant le nom de Liverpool en baie de Locquirec. Ils furent inhumés au cimetière de Plestin-les-Grèves. Le monument aux morts de Plestin-les-Grèves porte les noms de 201 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 15 sont morts en Belgique (dont 8 dès 1914: Gustave Hervé le 21 août 1918 à Auvelais, René Gourvil, Georges Clech, François Le Bihan et Francis Louedec tous les quatre le 22 août 1914, Étienne Braouzec en octobre, François Prigent et Jean Kerlarec en décembre 1914); 8 sont morts en mer lors du naufrage de leurs bateaux (Jean Derrien et Eugène Tassel sur le cuirassé Bouvet le 18 mars 1915; Guillaume Lintanf et Efflam Lucas sur le croiseur cuirassé Léon Gambetta le 27 avril 1915; Jean Lamandé sur l’aviso Rigel le 2 octobre 1916; Yves Petibon sur le patrouilleur Le Fantasque le 29 août 1916; Louis Rousseau sur le trois-mâts Rancagua le 20 janvier 1917 et Jacques Bilien sur le torpilleur Doxa le 27 juin 1917); 3 alors qu’ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne (dont Jean François Le Jeune, décédé le 9 janvier 1919, donc après l’armistice, mais des suites de sa captivité); les autres sont morts sur le sol français, une incertitude existant toutefois pour 15 soldats pour lesquels ni la date ni le lieu de décès ne sont précisés. Le monument aux morts de Plestin-les-Grèves a la forme d’un pilier en kersantite en forme d’obélisque érigé au milieu d’une plateforme en granite bleu entourée par des chaînes soutenues par quatre piliers. Le pilier porte sur sa face avant la statue d’un poilu au repos et, au sommet, une croix de guerre; une inscription commémorative (« Aux enfants de Plestin-les-Grèves morts pour la Patrie ») se trouve sur le pilier et la liste des victimes de la guerre sont sur des plaques situées de part et d’autre du pilier; le monument est dû à Yves Hernot; il a été inauguré le 30 septembre 1923 sous la présidence d’Yves Le Trocquer. La Lieue de Grève a même servi de terrain d’aviation pendant l’Entre-deux-Guerres: un premier hangar d’aviation est construit en 1931 et l’aéroclub de la Côte de granit rose y est fondé en 1937.

En août 1939, le débarquement d’armes de Plestin (des armes fournies par les Allemands à des séparatistes bretons et transportées à bord du thonier Gwalarn) a en fait eu lieu à Locquirec sur la plage des Sables Blancs, mais fut préparé par un groupe de jeunes militants nationalistes bretons regroupés sous couvert d’un camp de jeunesse organisé sur la « Lieue de Grève ». Le monument aux morts porte les noms de 48 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale: parmi elles 15 sont mortes dans des circonstances non précisées; Gestin Meuric est un soldat tué à l’ennemi pendant la Drôle de guerre en Moselle; Henri Le Saout est un aviateur mort en combat aérien en Alsace le 21 décembre 1939; 6 sont des soldats morts lors de la Bataille de France au printemps 1940; 5 sont des marins morts lors du naufrage de leur bateau (Alexis Cillard le 30 avril 1940 sur le contre-torpilleur Maillé Brézé; Francis Buannec sur le paquebot (transformé en cargo) Brazza le 28 mai 1940; Yves Le Lous sur le Bourrasque le 31 mai 1940 au large de Dunkerque lors de l’opération Dynamo; Léopold Prigent et Francis Poder sur le cuirassé Bretagne lors de l’attaque anglaise de Mers el-Kébir le 3 juillet 1940); 2 sont morts alors qu’ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne; 2 sont des victimes civiles de la guerre; 2 sont morts (de maladie) au Congo-Brazzaville et 1 à Alger (de maladie également): 2 (Louis Teurnier et Henri Le Hénaff) ont été tués à Lang-Son (Viet-Nam) le 24 septembre 1940 pour le premier cité et le 9 mars 1945, tué par les Japonais, pour le second cité qui habitait Saint-Efflam, et par Marie Anne d’Affray de La Monnaye, puis en plusieurs autres lieux, avant d’être conduits à Nantes par Jean-Baptiste Legeay pour y rejoindre une filière d’évasion. Un maquis FTP, nommé War Zao (« Debout! »), s’est développé à Plestin-les-Grèves, plastiquant notamment deux cafés fréquentés par les troupes allemandes le 1 dans le bourg de Plestin-les-Grèves (en représailles, les Allemands bombardèrent l’église de Plestin-les-Grèves). Le monument aux morts de la résistance du canton de Plestin-les-Grèves porte 35 noms. Une plaque commémorative située sur le blockhaus du Grand-Rocher à Saint-Efflam porte les noms de 7 résistants natifs de l’Île-Grande victimes de l’explosion d’un obus dans le blockhaus du Grand Rocher le 23. D’autres résistants ont été victimes de la guerre: Isidore Tanguy, fusillé le 30 avril 1944 à Plestin-les-Grèves; Pierre Le Goff, tué le 9 août 1944 à Plouigneau; Pierre Fournier, tué à Sainte-Hélène le 28 octobre 1944, Jean Henry, mort le 29 octobre 1944 des suites de ses blessures à l’hôpital d’Auray et Alexis Runot tué le 21 janvier 1945 à Ploemeur (tous les trois lors des combats de la Poche de Lorient); Paul Sadaune, mort au camp de concentration de Neuengamme le 9 janvier 1945 Une expérimentation d’enseignement du breton dans une école privée est menée par Yann Kerlann à partir de novembre 1942, mais son existence sera éphémère: deux ans. Son école était partiellement fréquentée par des enfants de collaborateurs et même de pro-nazis, et subventionnée par eux.

Les troupes d’occupation commettent plusieurs exactions dans la ville. Le 30, les Allemands tuent Isidore Tanguy, qui transportait, après l’heure du couvre-feu, les victimes d’un accident d’automobile. Dans la nuit qui suit, les Allemands font sauter à l’aide de mines une partie de l’église paroissiale, car ils suspectaient que des résistants s’y fussent réfugiés. La libération intervient le 11, un débarquement anglo-américain de péniches LST est effectué sur la plage de Saint-Efflam et Saint-Michel-en-Grève pour ravitailler en carburant l’armée du général Patton qui progressait vers Brest et dont l’avant-garde risquait de se trouver à court d’essence (la « Lieue de grève » avait été déminée les jours précédents par un détachement américain; les Allemands avaient aussi placé des asperges de Rommel sur la grève). Ils sont accueillis par les habitants du village et les résistants de Plestin. Ces débarquements de carburant se poursuivront jusqu’au 18. Lors du recensement de 1946 Plestin-ies-Grèves comptait 260 exploitations agricoles et 36,4 % de la population totale vivait de l’agriculture. Le monument aux morts de Plestin-les-Grèves porte les noms de deux soldats (Francis Julou et Ricardo Nanni) morts pour la France durant la guerre d’Indochine.

Informations Clés

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Population

3.635 habitants

Région

Bretagne

Département

Côtes-d'Armor
(22)

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