Pleucadeuc
Histoire de Pleucadeuc
Pleucadeuc est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 1 835 habitants. Le nom de la localité est attestée sous les formes Plebs Cadoc en 826 et Pluinchatoch en 848. Il apparaît plusieurs fois dans le cartulaire de Redon. Pleucadeuc vient du breton ‘ (« paroisse », mot issu du latin ‘) et du nom de saint breton Cadoc, en breton moderne, dénommé plus souvent saint Maugan.
La prononciation du nom de la localité en gallo a été rapportée sous la forme « Picadeu » en 1954 par Henri-François Buffet. En breton, la forme normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 32,0 % des toponymes de la commune sont bretons.
Un menhir est tombé en 1798 et cinq ont été fouillés par le Alfred Fouquet en 1864, lequel trouva à leurs pieds « des charbons de bois et des granits rougis au feu ». Plusieurs menhirs signalés par Joseph Mahé en 1825 ont disparu depuis, ayant servi pour la construction des écluses de Malestroit sur l’Oust dans le cadre de l’aménagement du Canal de Nantes à Brest. Un dépôt de 40 haches à douille, dont 23 en plomb et 17 en alliage de plomb avec un peu de cuivre a été découvert en 1913 à Kermarie, à l’extrême sud de la commune. En 1942 l’exploitation d’un bois de sapins et le défrichement qui suivit permit de découvrir deux dolmens à galerie, ruinés, situés à 50 mètres l’un de l’autre, à 300 mètres environ au nord du village de Saint-Maugon. En poudingue pourpré précambrien, leur édification a nécessité un transport des pierres en montée sur une distance de mètres depuis le gisement jusqu’à la ligne de crête où ils se trouvent. La pierre Méha, située en Pleucadeuc, malheureusement détruite, portait des signes concentriques analogues à des labyrinthes dont on trouve aussi des exemples dans les îles Britanniques et la péninsule Ibérique. François-Marie Cayot-Délandre la décrit ainsi en 1847 Cayot-Délandre évoque aussi une multitude de « pierres excavées » entre le bourg et l’étang de Couedelo (étang du Grand Gournava), et notamment le « Chapeau de Roche », un amas naturel se trouvant au bord d’un ruisseau, qu’il pense avoir aussi servi (de lieu de culte?) aux hommes de la Préhistoire.
Une voie romaine venant de Marzan, via Limerzel et Pluherlin, passant par la Grée Mahé et franchissant l’Arz au Pont de l’Église, passait par Talhouët, la Morinaie, Trégoux, la Censie et traversait l’Oust près de Roga. Des substructions gallo-romaines, des tegulæ et des poteries ont été trouvées entre Bégasson et la Morinaie, ainsi qu’à la Ville Bily. Vers 826, selon le Cartulaire de Redon, le machtiern Jarnithin, qui administrait la paroisse de Carentoir, habitait le manoir de Lisbédu (la cour du bouleau en vieux-breton) dans la paroisse de Pleucadeuc. En l’an 837, une charte est signée à Pleucadeuc In Plebe Cadoci par un moine nommé Gias Cadoc (serviteur de Cadoc). Avant son démembrement, la paroisse de Pleucadeuc englobait le territoire de Saint-Congard, et la partie méridionale de la ville de Malestroit qui en fut détachée pour constituer avec La Magdeleine, jadis en Missiriac, la paroisse castrale de Malestroit. L’ermitage de Roga, aujourd’hui en Saint-Congard, est cité dans la paroisse de Pleucadeuc vers la fin du: «.partem Jarnuuin id est dimidium Botsarphin finem habens de summo larer et fronte a fluvio Cles usque ad flumen Ultre.sitam. in condita plebe Cadoc » (Cart. Charte CCLV) et «.locum qui dicitur Rosgal at alio nomine qui dicitur Botgarth » (Cart.
À la suite de la victoire de Ballon à Bains-sur-Oust en l’an 845, Nominoë devient dux et souverain de la Bretagne et demeure à Coët-Leu, aujourd’hui commune de Saint-Congard. Au Moyen Âge, la châtellenie de Pleucadeuc dépend du comté de Rochefort. Elle est la propriété des familles Rochefort, Rieux, Larlan et Hay des Nétumières. La trève du Gorays, attestée au, dépendait de la paroisse de Pleucadeuc; sa chapelle était sous le vocable de saint Barthélemy. Cette trève a subsisté jusqu’en 1791; elle était la résidence d’un curé qui y faisait les baptêmes, les mariages et les sépultures. Pleucadeuc comptait plus de vingt seigneuries. Selon Jean-Baptiste Ogée « en 1500, on voyait dans cette paroisse les maisons nobles de Lieuzel, de Villebonnet, d’Igouray, de Bohal, de la Vieille Ville, de Launaye, de la Morinaye, de la Comté, de Begasson, de la Ville-d’Aval, et la Villeneuve ». Certaines disposaient d’une chapelle privée: Lieuzel, la Villeneuve et la Morinaye, cette dernière servit un temps de chapelle pour les Huguenots et porta pour cette raison pendant un moment le nom de « Chapelle des Réformés ».
La tradition affirme aussi l’existence d’une ancienne chapelle à Saint-Maugon (saint Maugon serait un saint du, compagnon d’aposolat de saint Cadoc). Pleucadeuc comptait aussi trois chapellenies à Saint-Marc (dite auss des Quatre-Évangélistes), Lieuzel et Saint-Joseph, desservie dans la chapelle du même nom. Depuis ce temps on prit l’habitude de se rendre en procession, chaque mardi gras, à cette croix qui prit le nom de Croix des défunts. Une mission paroissiale fut organisée à Pleucadeuc en juillet-août 1716, une seconde entre le 9 et le 31 mai 1734, une troisième en 1746 et une quatrième en 1764. de la partie ouest de la paroisse de Pleucadeuc [Ploucadeuc] (1789). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pleucadeuc en 1778 fut recteur de Pleucadeuc à partir de 1785; lui aussi refusa de orêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et fut prêtre réfractaire, mais il survécut â la Révolution et redevint recteur de Pleucadeuc après le Concordat jusqu’à sa mort en 1820. Joseph Lucas, originaire de Pleucadeuc, vicaire à Molac, fut déporté à l’Île de Ré le 5 décembre 1798.
Pleucadeuc est chef-lieu de la municipalité de canton entre le vendémiaire an IV (23 septembre 1795) et le 28 pluviôse an VIII (17 février 1800). En 1849 la commune de Pleucadeuc créa une banque communale pouvant consentir des prêts ne pouvant excéder 6 mois aux habitants de la commune avec un taux d’intérêt de 6 % l’an et prévoit aussi des billets de banque payables au porteur rapportant 3 % d’intérêt par an. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Pleucadeuc en 1853 Le moulin à eau de Mocpaix fut détruit par un incendie le 5 juillet 1857. En 1862 une épidémie de fièvre typhoïde fit 30 malades dont 5 morts, toutes des femmes, à Pleucadeuc. de l’école des garçons (journal Le Bien Public du 13 septembre 1887). Sur la porte du moulin de Gournava où il résidait pour chasser à courre dans les Landes de Lanvaux avec quarante chiens fauves, le comte de Tinguy avait cloué des centaines de pattes de loups. La nouvelle église paroissiale Saint-Pierre est achevée en 1887; elle remplace l’ancienne église paroissiale, qui était aussi sous le vocable de saint Pierre, et avait une forme en tau et dont l’origine remontait au Haut Moyen-Âge (Templiers?
Déjà auparavant, en septembre 1887, le conseil municipal avait protesté lors de la laïcisation de l’école des garçons et seulement deux élèves s’étaient présentés à l’école lors du remplacement des maîtres congréganistes par deux instituteurs laïcs. Le baron Roger de Sivry, conseiller général et propriétaire de l’école privée de Pleucadeuc, fut poursuivi pour son opposition à la laïcisation de l’école libre (qu’il avait fait construire à Pleucadeuc en 1887 et dont il avait confié la gestion aux Frères de Ploërmel), en vertu de la loi sur les congrégations, mais obtint, ainsi que l’instituteur Louis Chaussé, une ordonnance de non-lieu en sa faveur. En 1908 la commune de Pleucadeuc obtint un prix au Concours de la race bovine bretonne de Lorient pour la « mise en valeur de landes communales par leur boisement en pins maritimes ». En janvier 1914 les obsèques de la baronne Roger de Sivry, née de Secondat de Montesquieu, se déroulèrent en l’église de Pleucadeuc au milieu d’une foule immense et très émue. Le monument aux morts de Pleucadeuc porte les noms de 106 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi les 94 d’entre eux recensés par le Livre d’or du ministère des pensions, 6 sont morts en Belgique (dont 3 dès le 22 août 1914 à Maissin), 2 dans les Balkans (François Macé le 25 novembre 1918 en Bulgarie et Jean Possémé le 7 décembre 1918 dans l’actuelle Macédoine du Nord, tous les deux après l’armistice); les autres sont morts sur le sol français: parmi eux 4 (François Laillé, Pierre Le Ray, Jean Outin et Joseph Possémé) ont été décorés à la fois de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre, ainsi que Pierre Giron, ce dernier étant décédé en Belgique. Le devis pour l’érection du monument aux morts date du 17 juillet 1922.Le monument, conçu par l’architecte René Guillaume, a la forme d’un pilier surmonté d’une croix latine et porte l’inscription: « Pleucadeuc. À ses enfants morts pour la France »; la présence d’un symbole religieux (la croix latine) sur le monument posa problème, le monument étant installé sur le domaine public. Un soldat, Jean Martin, mort le 25 novembre 1922 à Alep (Syrie), est mort pour la France pendant la Guerre du Levant. Le dimanche précédent la fête de saint Marc se tenait, à la chapelle de Saint-Marc, l’Assemblée: « le clergé de Pleucadeux venait y chanter les vêpres (.). Dans la lande étaient dressés des cabarets en plein vent. (.) Le jour de la saint Marc, le 25 avril, quatre paroisses, croix et clergé en tête, escaladaient la montagne des Quatre-Évangélistes: Malestroit, Missiriac, Pleucadeuc et Saint-Laurent, celle-ci après avoir franchi l’Oust au bac d’Eva. Chaque paroisse entendait une messe (.). Le lendemain 26 avril avait lieu sur la lande une des plus grandes foires du pays.
Les animaux y étaient conduits nombreux, les marchands venaient souvent de loin. C’était aussi une foire « de gagerie »: les jeunes gens des deux sexes qui cherchaient une place devaient, comme signe particulier, porter à la main une baguette de houx ». La dernière foire de Saint-Marc se tint le 26 avril 1938. Le monument aux morts de Pleucadeuc porte les noms de 13 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles, Jean Guimard, tué à l’ennemi au printemps 1940 lors de la Bataille de France; Albert Piquet, résistant, fusillé âgé de 21 ans le 13 juillet 1944 au Fort de Penthièvre et Eugène Monnier, aussi résistant, fusillé âgé de 25 ans le même jour au même endroit; Jean Noblet et Roger de Montfort, tous deux morts en captivité en 1941 en Allemagne, résistant FFI, fut abattu par des soldats allemands à La Chapelle-Caro le 13 juillet 1944. Un soldat originaire de Pleucadeuc (Charles Cousin) est mort pour la France pendant la Guerre d’Indochine et quatre (Lucien Cousin, André Lecadre, Maurice Lecerf et Émile Rouillé) pendant la Guerre d’Algérie. En 1982 Christine Clerc décrit le dynamisme de Pleucadeuc et de son maire Jo Briend dans son livre Le bonheur d’être français. « À Pleucadeuc (Morbihan), la municipalité achète d’abord des terrains et construit une station d’épuration (.). Les jeunes se sont réinstallés à Pleucadeuc » écrivent en 1983 plusieurs auteurs dans un ouvrage collectif.
Le 11 juillet 2012 500 personnes manifestent à Pleucadeuc contre la fermeture de l’abattoir Doux. Le 20 avril 2024 la voie douce reliant le bourg à la gare et le réaménagement de la rue de Paris ont été inaugurés par le maire Alain Launay, dix jours avant sa démission, lassé des incivilités à son encontre.
Patrimoine religieux
La pierre à cupules (dite « pierre aux bassins ») qui se trouve au sud-sud-est du bourg de Pleucadeuc était dénommée « La Tricotine » du nom d’une ancienne ronde répandue par le passé dans le Morbihan, ce qui laisse supposer que l’on venait danser autour. On l’appelle pierre aux bassins parce que sa surface, longue de 7 mètres 30 et large de 5 mètres 40, est couverte de 14 excavations communiquant entre elles par des rigoles d’écoulement ». Ce calvaire se trouve derrière l’église et a été construit. La hauteur du piédestal est de. La commune est propriétaire du calvaire, inscrit sous la référence.
Le calvaire se compose d’un piédestal et d’une colonne dont les quatre côtés sont sculptés. Le sommet présente un panneau sculpté représentant la Crucifixion, la Vierge tendant une pomme à un enfant, entre un homme et une femme.