Ploemeur

Histoire de Ploemeur

Ploemeur est une commune du Morbihan, en Bretagne, qui compte 18 591 habitants. Le toponyme est attesté sous la forme Ploeumur dès le Moyen Âge, et Plañvour en breton. Il provient du breton Plañwour, francisé en Ploemeur, formé de Ploue(v) Meur signifiant « grande paroisse ». Ploemeur fut en effet l’une des communes les plus vastes du diocèse de Vannes avant de céder une partie de ses terres: Lorient en 1709, Keryado en 1901 (rattaché à Lorient en 1947), puis Larmor-Plage devenue commune indépendante en 1925. La ville était surnommée « la paroisse aux trente chapelles » selon la tradition. La prononciation locale est « Pleumeur », d’où la graphie Plœmeur avec ligature, dont une variante Ploemeur s’est imposée par commodité d’écriture.

Plusieurs monuments du Néolithique attestent d’une activité humaine très ancienne sur les terres de l’actuelle commune. Cependant, peu de menhirs, dolmens et tumulus subsistent intacts, leur disparition s’expliquant par l’émergence de l’activité agricole et l’exploitation des carrières de kaolin. À titre d’exemple, en 1911, un agriculteur, François Le Dessert, découvre dans sa parcelle de Parc en Groas, au pied du calvaire ruiné de la Croix de Kerham, des « pierres de foudre » auxquelles on attribuait alors de multiples vertus: il s’agissait en réalité de haches en pierre polie, dont l’une en jadéite verte translucide, données en 1919 au Musée de préhistoire de Carnac. Le menhir de la Pointe du Talud, dont un second exemplaire couché est signalé en 1847 par François-Marie Cayot-Délandre, a été endommagé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et même abattu un temps lors de la Libération; son environnement paysager a été modifié par la construction du Fort du Talud au XIXe siècle puis par celle d’un complexe touristique après la guerre.

La fondation chrétienne de Ploemeur est attribuée à sainte Ninnoc, originaire de l’actuel pays de Galles. Selon la tradition, elle débarque en Armorique au Ve siècle sur un « vaisseau de pierre », accompagnée de sept autres navires, pour rejoindre une partie de sa famille. Le roi Erich, fils d’Aldrien, lui octroie les terres nécessaires à son implantation près d’un étang. Il subsiste aujourd’hui le nom du village et de l’étang de Lannénec, ainsi que la fontaine Sainte-Ninnoc. Sainte Ninnoc fonde le double monastère de Lannénec, en 456 et 458, et la paroisse de Ploemeur; il s’agirait du premier monastère féminin d’Armorique, comprenant une partie pour les hommes et une autre pour les femmes. Saint Phelan, peut-être disciple de sainte Ninnoc selon Albert Deshayes, aurait fondé le monastère du Faouedic en Ploemeur ainsi que la première église de Kerentrech, aujourd’hui en Lorient. Des raids vikings au IXe siècle entraînent l’incendie des monastères. Au XIe siècle, une motte féodale, encore décelable aujourd’hui, est édifiée pour dominer la ria du Ter. Le manoir du Ter est attesté à partir du XVe siècle, propriété en 1427 de Jehan du Tertre. Anne de Bretagne reconnaît à la seigneurie du Ter la possession de l’anse de Sach-Soye et le droit d’y construire des moulins à vent et à mer.

Pendant les guerres de la Ligue, une troupe de royalistes en expédition dans la paroisse de Ploemeur surprend un chef ligueur, Kerouzéré, qu’elle poursuit jusque dans le bourg. Le chef se réfugie dans le presbytère mais est forcé de se rendre et emmené prisonnier au château de Guémené. Le presbytère, gravement endommagé par cet épisode, devient inhabitable, et les recteurs de la paroisse logent pendant plus d’un siècle dans des maisons particulières, jusqu’à la reconstruction du presbytère en 1702. Selon Jean-Baptiste Ogée, on voyait en 1400 à Ploemeur les maisons nobles de Ker-perennes, à Louis du Tertre, et Le Favouil, et en 1500 celles de Penhoët, à Jean de Caravern, Le Tertre, à Pierre du Tertre, et Breuçon, au sieur des Portes.

Patrimoine religieux

La commune compte huit monuments historiques. L’église Saint-Pierre, datée du Moyen Âge, occupe un site déjà consacré au culte dès les premiers temps chrétiens. De style roman à l’origine, elle a été modifiée au fil des siècles, notamment lors de l’adjonction de la tour en 1686. Partiellement détruite lors des bombardements de 1944, elle conserve un intérieur réaménagé qui contraste avec son extérieur d’aspect plus ancien. L’édifice abrite des œuvres et du mobilier datés entre le XVIe et le XIXe siècle, ainsi que des éléments modernes: vitraux de Robert Briand, maître verrier rennais, et chemin de croix peint sur des carreaux de céramique par Xavier de Langlais, réalisés par les ateliers du Grand Feu de Jacques Marie à Rennes. Une grande fresque murale d’Adolphe Beaufrère et Pierre Quidu, peinte en 1952, a été redécouverte dans l’abside: elle avait été cachée par un mur en contreplaqué pour améliorer l’isolation et l’acoustique au début des années 1980. Le cimetière, autrefois situé juste au sud de l’église, a été déplacé en 1846 et remplacé par une place publique réaménagée en 2005.

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Population

18.591 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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