Plonéis
Histoire de Plonéis
Plonéis est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 2 427 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploeneth en 1160, Ploeneiz vers 1330. Le nom breton de la commune est. Plonéis vient du breton ploe (paroisse) et de saint Neis) aussi sous le nom de saint Gilly, lequel aurait été assimilé par la suite à saint Gilles, devenu patron de la paroisse.
Le nom « la Boissière » provient du breton « beuz » (« buis »), la chapelle ayant été édifiée en un lieu planté de buis.
Un tumulus d’une soixantaine de mètres de circonférence fut découvert en 1899 à Kervastal à l’occasion de travaux de défrichement. Les fouilles entreprises firent apparaître un cercle de grandes dalles plates fichées en terre et se rejoignant exactement en formant une enceinte parfaitement ronde de 30 mètres de tour environ. L’écrêtage du sommet du tumulus fit apparaître une grande dalle de 2,25 mètres de longueur sur 1,70 mètre de largeur, posée à plat, taillée en dos d’âne et qui recouvrait manifestement la sépulture sur laquelle le tumulus avait été édifié; il s’agissait donc d’un dolmen encore enfoui sous ce tumulus, mais le tombeau était vide; un autre tumulus situé à proximité avait été fouillé sommairement quelques années auparavant. Une cachette de fondeur fut fouillée en 1886 à Coatjou-Glas par Paul du Châtellier: deux bracelets et 49 haches à douilles furent trouvées dans une poterie recouverte d’une pierre plate. Paul du Châtellier fouilla aussi à Coatjou-Glas quelques années plus tard un tumulus de 14 mètres de diamètre et 1,5 mètre de hauteur dans lequel il trouva des morceaux de charbon, des débris de poteries grossières, des éclats de silex et un petit poignard en bronze contenu dans un vase d’argile brisé dans la sépulture dont le fond était dallé de pierres plates. Ce tumulus fut totalement arasé peu de temps après avoir été fouillé. Plonéis faisait partie du Quéménet (ou Kemenet) dont le siège se trouvait à Penhars, dit encore Quéménet-Even, à l’origine du nom de la commune de Quéménéven (car il aurait appartenu à Even, comte de Léon au, puis à sa descendance), châtellenie des vicomtes du Léon enclavée dans le comté de Cornouaille. Il est possible qu’elle se soit étendue à l’origine sur les deux pagi (« pays ») du cap Sizun et du cap Caval, mais, au, elle ne se composait plus que d’une douzaine de paroisses (dont Plouhinec, Plozévet, Pluguffan, Penhars, Plonéis, Guengat et Plogonnec) au sud-ouest et à l’ouest de Quimper.
La terre du Marcheix (forme française du nom Marhallac’h) aurait été anoblie entre 1426 et 1444 en faveur d’un Caznevet Le Bouder dont le fils Hervé Le Bouder se vit contester sa noblesse en 1444 par les paroissiens de Plonéis, mais Jehan du Marhallac’h, probablement le fils d’Hervé Le Bouder, est nommé à la montre de 1481. La famille du Marhallac’h disposait de prérogatives et privilèges dans l’église de Plonéis, dans celle de Plozévet, ainsi que dans une chapelle de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. En 1248 un Jean du Marhallac’h aurait participé à la Septième croisade, mais c’est très douteux puisque la famille n’a été anoblie qu’au. Un aveu datant de 1540, consenti par René du Marhallac’h à René, vicomte de Rohan, et un autre datant de 1560 rendu par un sieur du Marhallac’h sont conservés dans les archives du château. Un Jean du Marhallac’h fut chanoine de la cathédrale de Quimper en 1598. Alain du Marchallac’h, chef royaliste pendant les guerres de la Ligue, prit part à la défense du château de Pont-l’Abbé assiégé par les ligueurs (« Il fut cause de la reddition dudit château, de quoi il fut blâmé par les autres du dedans, l’accusant d’intelligence secrète et de trahison » écrit le chanoine Moreau); il fut tué en 1590 lors du siège du château de Guengat. La seigneurie de Kerven devint au début du la propriété d’Hervé II de Kersauson, sixième enfant d’Hervé I de Kersauson et d’Alliette de Lanros, en raison de son mariage avec Marguerite Guillamot, dame de Kerven et du Plessis. En 1550, elle passa aux mains de la maison de Lezandévez en raison du mariage de Renée de Kersauson avec François de Lezandévez.
Plonéis serait une paroisse de l’Armorique primitive qui aurait englobé Guengat, Penhars et Saint-Mathieu de Quimper. Son nom, écrit « Ploeneth », est mentionné pour la première fois en 1160 dans une énumération des biens des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne. La façade ouest de l’église paroissiale Saint-Gilles est reconstruite en 1630 et le clocher terminé en 1641. L’ossuaire, qui possède trois baies, servit pour les baptêmes après que les ossements en aient été retirés. Le conseil de fabrique se réunissait sous le porche. En 1654 le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Plonéis. Yves Joncour, de Kernoter, décédé à l’âge de 15 ans, fut le dernier mort à être enterré dans l’église paroissiale, le Parlement de Bretagne interdisant dorénavant de telles inhumations. La famille du Disquay, seigneur de Kerven [Kervent] disposait du droit de haute justice.
La terre de Kerven fut érigée en châtellenie par Claude du Disquay au début du, qui fit construire le manoir de Kerven (lequel était une vaste construction, avec ses bois, ses étangs et sa fontaine monumentale); Claude du Disquay (né avant 1600, décédé en 1662) fut président du présidial de Quimper; au, le mariage de Marie Josèphe du Disquay, « haute et puissante dame châtelaine de Kervent et Plessix » avec Jean Joseph du Brieux, « chevalier seigneur de Tréota » [en Poullan], fit passer cette seigneurie dans la famille du Brieux; les fourches patibulaires, situées au lieu-dit Parc ar justissou, furent abattues pendant la Révolution française. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plonéis en 1778 La paroisse de Plonéis, qui comprenait alors 150 feux, élit deux délégués, Pierre Floch, cultivateur au Leuré, et Yves Le Joncour, cultivateur à la Boissière, pour la représenter à l’assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789. Le cahier de doléances de Plonéis est identique à ceux de Plogastel, Bodivit et Ergué-Gabéric. La loi du 12 « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Plonéis comme succursales Plogastel et Gourlizon. La commune de Plonéis est rattachée au canton de Plogastel et au district de Pont-Croix, bien qu’elle soit plus proche de Quimper. Jean-Bénigne Le Bihan, recteur de Plonéis est remplacé en mars 1790 par Jean-Vincent Guéguen, qui était recteur de Saint-Thurien; ce dernier prête le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, de même que son vicaire René Bernez, mais devint assez vite hostile aux idées révolutionnaires abjurant son serment et devenant prêtre réfractaire. Inquiété, il quitte Plonéis et va se cacher dans la région de Glomel où, devenu recteur, il meurt en 1817 et sa bru sont emprisonnées le 15 octobre 1792 à la prison de Crec’hmar (Crémar) [en fait le manoir de Kernisy en Penhars].
Louis-Marie de Carné fit partie de l’armée des émigrés lors de l’expédition de Quiberon en juin-juillet 1795. Madame de Carné rentra en possession du manoir de Marhalla le 22 mars 1796, les scellés étant alors ôtés en raison de la mainlevée de séquestre. Louis-Marie de Carné, alors émigré en Espagne (il était à la tête d’une compagnie de dragons légers), rentra définitivement en France en 1800. Le manoir de Kervent, qui appartenait aux fils de Joseph-Marie du Brieux, lesquels avaient émigré (notamment René Louis du Brieux, petit-fils de Joseph-Marie du Brieux, qui émigra en Grande-Bretagne), fut vendu comme bien national et acheté le 31 octobre 1793 par Jean-Laurent Le Breton, médecin à Quimper. Un instituteur est nommé, Guillaume Gourdon, mais il est chassé de la commune à coups de pierres et de bâtons, les habitants ne voulant pas nourrir une bouche « inutile ». Le 29 juillet 1795, la chapelle de la Boissière est à son tour vendue comme bien national, l’acquéreur étant Thurien, aubergiste dans la commune. Alain-Guillaume Moreau, un prêtre ivrogne originaire de Plonéis, fut élu le 21 mai 1798 président de l’administration cantonale du canton de Plogastel; il fut suspendu le 12 octobre 1798 après de nombreuses plaintes. La sacristie de l’église paroissiale servit de mairie sous le Directoire et le Consulat.
Entre juin 1802 et août 1803, Plonéis compte 177 décès, dont 52 d’enfants de moins de deux ans et 23 d’enfants âgés de deux à dix ans. Yves Quéré, ancien prêtre réfractaire qui avait émigré, est nommé desservant de Plonéis le 20 juin 1803; Vincent Tymen, originaire du village de Kergreis en Plonéis, est nommé recteur de Plonéis en juin 1806. Deux soldats originaires de Plonéis meurent pendant les Guerres de l’Empire: Claude Le Plouzennec, du village de Kersinien, chasseur au 27e régiment d’infanterie légère, mort le 28 novembre 1809 à Vienne (Autriche) et Noël Henault, voltigeur au 76e régiment d’infanterie, tué le 8 juillet 1810 lors d’un combat en Espagne. à la demande du duc de Nemours pour deux enfants royaux (journal Le Constitutionnel du 23 décembre 1843). Dans la décennie 1820, les réunions du conseil municipal se tenaient au cabaret. Pendant le mandat municipal de Louis-Marie de Carné-Marcein une salle du presbytère est aménagée pour servir de mairie. L’octroi de Plonéis est supprimé le 1 janvier 1821, ce qui diminue le prix de l’alcool vendu et réjouit les deux cabaretières de la commune. Un rapport du maire de Plonéis adressé au préfet, daté du 17 mai 1822, indique que les autels de l’église paroissiale « sont dans un état de dégradation indécente » tant ils sont pourris car le toit de l’église (réparé en 1821) laissait passer l’eau depuis plusieurs années.
La loi Guizot du 28 juin 1833, qui impose aux communes de plus de 500 habitants l’entretien d’une école publique et de son instituteur, n’est pas appliquée à Plonéis, la majeure partie des habitants n’en voyant pas la nécessité. Lors des élections municipales du 30 novembre 1834, les trois candidats sortants qui avaient pris position en faveur de l’installation d’une école à Plonéis sont battus. Le conseil municipal refuse à nouveau le 15 avril 1838 la création d’une école: « L’habitude que les cultivateurs ont d’employer leurs enfants dès l’âge de cinq ou six ans, pour des petits services qu’ils rendent dans leurs ménages, les empêchent toujours de les éloigner pendant plusieurs heures » pour aller à l’école. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Plonéis en 1845 Plonéis faisait partie, ainsi que d’autres communes comme Guengat, Briec et Plogastel-Saint-Germain, des localités voisines de Quimper dont des familles, le plus souvent très pauvres et trouvant là le moyen de gagner quelque argent, accueillaient de nombreux enfants naturels abandonnés mis en nourrice placés par l’hospice de Quimper; beaucoup d’entre eux décédaient en raison de la médiocrité des soins qui leur étaient prodigués., Gourlizon et Pont-l’Abbé en 1885 (journal Le XIXe siècle du 9 janvier 1885). Un tableau La Vierge et le Christ, de Coïc, est attribué en 1849 à l’église de Plonéis par l’État. L’église actuelle de Plonéis est construite entre 1878 et 1881 d’après les plans du chanoine Jean-Marie Abgrall à l’emplacement de l’église précédente; un vitrail, portant les armes des du Marhallac’h et des Harrigton est offert par le vicomte de Carné du Marhallac’h, en souvenir du mariage célébré dans l’église de Plonéis le 10 juin 1839 de son beau-frère Auguste du Marhallac’h avec Mélanie Harrigton, laquelle décéda en 1845.
Une nouvelle chapelle Sainte-Anne est également construite à Prat-ar-Raz en 1879-1880; selon des croyances locales, on entendait auparavant des bruits de marteau dans les ruines, c’était la sainte qui demandait qu’on relevât son sanctuaire. Fin XIXe la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets Par la loi du 31 mars 1892 Gourlizon est érigé en commune indépendante, se séparant donc de celle de Plonéis. En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par François Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d’Émile Combes contre l’utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Plonéis écrit: « Il est impossible de se faire comprendre en chaire en dehors des sermons bretons; donc il est impossible d’en faire en français ». Selon Crouan, commissaire de police à Pont-L’Abbé, Plonéis est alors considéré comme « un des villages les plus bretonnants ». Par arrêté du préfet du Finistère, l’école publique de Plonéis, tenue jusque-là par les religieuses des Filles du Saint-Esprit, est laïcisée le 6 septembre 1902. En septembre 1902, tous les membres du conseil municipal de Plonéis démissionnèrent pour protester contre la laïcisation de l’école communale des filles, le maire René Pernez et son adjoint étant suspendus, puis révoqués, par le gouvernement d’Émile Combes pour avoir refusé d’appliquer la laïcisation et l’expulsion des Sœurs des Filles du Saint-Esprit; en janvier 1903 tous furent réélus par 201 voix sur 202 votants. En mars 1906, les inventaires d’église ne purent être faits dans plusieurs paroisses dont Plonéis car les fidèles gardaient l’église.
Le quartier-maître Claude Le Floch, de Plonéis, fut l’une des victimes du naufrage du sous-marin Pluviôse qui coula le 26 mai 1910 au large de Calais. Le monument aux morts de Plonéis porte les noms de 58 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale: parmi eux, Yves Gourlay, soldat au 118e régiment d’infanterie est disparu dès le 22 août 1914 dans les combats de Maissin en Belgique, de même que Jean Floch, mort aussi à Maissin; Pierre Balanec et René Perchec (ce dernier marsouin au 42e régiment d’infanterie coloniale) sont morts en 1917 en Serbie et Pierre Pavec la même année en Grèce dans le cadre de l’expédition de Salonique; tous les autres sont morts sur le sol français dont Jean Le Pape, soldat au 91e régiment d’infanterie, mort des suites de ses blessures le 4 juin 1918 à Longpont (Aisne), décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Corentin Diquellou, né le 19 février 1898 à Plonéis, soldat au 3e régiment du génie, est mort des suites de ses blessures à l’hôpital de Quimper le 14 août 1919. André Chevrillon décrit en 1920 une fête à Plonéis (ou Pluguffan) En 1921, un incident opposa le recteur de Plonéis, soutenu par le maire et son adjoint, et l’institutrice de l’école publique de Plonéis: des élèves arborant dans l’école des broches émaillées représentant le Sacré-Cœur, qui leur avaient été vendus par les Sœurs, celle-ci leur avait ordonné de les retirer, faisant observer que le port de tout insigne religieux était interdit en classe; le prêtre et les deux élus vinrent protester publiquement dans la cour de l’école contre cette décision de l’institutrice. En août 1936 un arrêté préfectoral entérine la création d’un syndicat en vue de l’électrification de la région, comprenant les communes de Landudec, Tréogat, Plonéis, Gourlizon, Plovan, Pouldergat, Peumerit, Guiler-sur-Goyen, Plogastel-Saint-Germain et Pouldreuzic; « Nous espérons que désormais la création de ce syndicat ne tardera guère et souhaitons que 1937 nous apporte l’électricité tant attendue ». Le monument aux morts de Plonéis porte les noms de 6 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale: Pierre Coroller, soldat au 265e régiment d’infanterie, mort le 25 mai 1940 à Calais pendant la Débâcle et inhumé dans la nécropole nationale de Zuydcoote; Pierre Hélias, brancardier, tué par un bombardement de la Luftwaffe le 27 mai 1940 à Lille; Louis Ramonet, tué en 1940 à Varennes; Jean Seznec, mort en 1940 à Aubigny-les-Pothées (Ardennes); Joseph Salaün, frère-directeur du Likès, membre du réseau Johnny, déporté, mort au camp de concentration de Neuengamme le 17 décembre 1944; Marie Thomas, morte en 1944. Plonéis est devenu une commune attractive, notamment en raison de sa proximité de l’agglomération quimperoise et de la rocade nord de Quimper (route départementale n°100); par exemple entre 2012 et 2016, la commune enregistre 341 habitants supplémentaires ( + 3,27 %) et l’implantation de nouveaux commerces.