Plouhinec
Histoire de Plouhinec
Plouhinec est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 5 354 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous sa forme latine Plebs Ithinuc au VIe siècle, sous les formes Ploihinoc en 1073. Le nom de la commune est Pleheneg en breton. Le nom de la commune est formé sur le breton Plou (paroisse ou peuple) et Ithinouc (Pleheneg) ou Ethinoc (déformation du nom du saint breton Guéthénoc), ou du breton *eithinoc « endroit couvert d’ajoncs ».
Une autre hypothèse ferait provenir le nom de saint Winoc, comme c’est le cas pour la commune homonyme de Plouhinec (Finistère).
Le site de Plouhinec est peuplé dès le Néolithique (3000 ) comme l’attestent de nombreux mégalithes, notamment les Alignements du Gueldro, le tumulus du Griguen et les dolmens de Kerouaren, Beg-en-Hâvre et du Mané-Bras, fouillés en 1884 par Félix Gaillard. L’oppidum de Mané-Coh-Castel, sur la rive droite de la ria d’Étel, est un éperon barré. À Mané-Véchen, des fouilles entreprises entre 2001 et 2008 ont mis au jour les ruines d’une villa romaine dominant l’embouchure de la ria d’Étel, prouvant son occupation à l’époque gallo-romaine. Au, les Romains occupaient les côtes de Plouhinec (au lieu-dit Mane Koh Kastel). Le dépôt monétaire de Mané-Véchen contenait pièces de monnaie (des antoniniani datant pour la plupart de la période 238 – 282), répartis en quatre lots d’importance variée, chaque lot étant enfermé dans un ou deux pichets, ou une cruche. Près du Vieux-Passage se trouvent les restes d’une fortification romaine, dont la position indique qu’elle fut établie sur ce point pour défendre l’entrée de la Rivière d’Étel.
L’étymologie la plus probable pour le nom de la commune viendrait de saint Guéthénoc (ce saint serait fils de saint Fragan et de sainte Gwen, et frère de saint Guénolé, saint Jacut et sainte Clervie; il serait né vers 460 et serait venu évangéliser ses compatriotes. À Plouhinec, on retrouve de nombreux noms de villages se terminant par « Guen »: Ty-Guen, Manéguen. Son origine remonte au ou Ve siècle de notre ère. Les Bretons s’y installent au VIe siècle en fuyant la Grande-Bretagne. Ils établissent alors une paroisse qui prend le nom de Plou-Ithinuc (avec Ithinuc comme saint patron). Il est très rapidement supplanté par saint Pierre et saint Paul en tant que saint patron de la paroisse.
Plouhinec est une ancienne paroisse qui englobait autrefois les territoires actuels de Plouhinec, Merlevenez, Sainte-Hélène ainsi que les anciens territoires de Locoal et Locquénin (Saint-Guénin). Selon Erwan Vallerie, la paroisse de Plouhinec comprenait également à l’origine les territoires de Riantec, Port-Louis, Gâvres et Locmiquélic. D’après d’autres historiens et linguistes, comme Joseph Loth et Henri François Buffet, la paroisse de Riantec (Riantec, Port-Louis, Gâvres et Locmiquélic) fut créée au VIe siècle durant l’émigration bretonne. Plouhinec dépendait autrefois du doyenné de Pou-Belz. Le château de Plouhinec entra dans la Maison de Rohan à la mort de Pierre de Rostrenen, au moment où sa fille Jeanne, veuve d’Alain VII depuis 1352 en hérita. Le château ne resta pas longtemps aux Rohan car la seigneurie fut cédée par le fils de Jeanne, le vicomte Jean, le, au duc Jean IV de Bretagne, contre une rente viagère de mille livres.
Un prieuré dépendant de l’Abbaye de Saint-Gildas de Rhuys existait à Plouhinec, mais le prieur n’y faisait jamais sa résidence; il se contentait d’envoyer un de ses moines prélever les revenus. Ce prieuré fut vendu en 1793 comme bien national. Un aveu de 1682 concernant le château et la seigneurie de Guémené cite, en annexe, la seigneurie de Plouhinec. Au Moyen Âge, on mentionne un château, dont le propriétaire est le prince Louis VI de Rohan-Guémené. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouhinec en 1778 Plouhinec est érigée en commune en 1790.
En 1793, les autorités révolutionnaires décrètent l’effort de guerre et la conscription pour résister aux nations européennes aux portes de Paris. À Plouhinec, les jeunes gens résistent aux commissaires chargés du recrutement et parodient la Révolution en arborant la cocarde blanche et en se déclarant aristocrates. Pendant la chouannerie, des paysans plouhinécois acquis à la cause sont incarcérés à la citadelle de Port-Louis. Le notaire Joseph Lestroban, homme d’influence, conseille aux autorités de les échanger contre une rançon de 747 quintaux de grains; ce qui est fait. En 1841, une loi a démembré Plouhinec en lui retirant six villages réunis à Sainte-Hélène. En 1886 c’est une épidémie de fièvre typhoïde qui fit 15 malades (dont 8 décès) à Plouhinec.
Benjamin Girard décrit ainsi Plouhinec en 1889 Environ pêcheurs, y compris 300 patrons de barques, de Port-Louis, Gâvres, Riantec, Plouhinec et Plœmeur, décidèrent de ne plus prendre la mer, protestant contre le prix auquel leurs sardines étaient achetés par les usiniers et les conditions générales de vente. Plouhinec est ainsi décrit lors de la crise sardinière de 1903 Lors d’un concours de tir organisé à la limite des deux communes, la vieille rivalité de village entre les jeunes gens de Plouhinec et de Merlevenez, suscita, au moment du palmarès, une bataille rangée au cours de laquelle un jeune homme de Merlevenez fit feu avec un fusil de chasse à plusieurs reprises sur le groupe adverse, faisant plusieurs blessés et un mort, Jean Uzel. Comme dans d’autres communes voisines, le l’inventaire des biens d’église ne put avoir lieu à Plouhinec « où la résistance est organisée ». Le monument aux morts de Plouhinec porte les noms de 162 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale: 8 au moins (Jean Alan, Joseph Bossenec, Jean Corlay, Léon Le Bohec, Louis Moron, Jean Prado, Jules Roger et Jean Stéphano) sont disparus en mer; Pierre Le Namour, fusilier marin, est mort dès 1914 à Dixmude (Belgique); 4 (Jean Le Borgne, Joseph Le Bozec, Frédéric Le Carour et Théophile Le Draper) sont morts en Turquie en 1915 dans le cadre de l’expédition des Dardanelles lors de la Bataille de Sedd-Ul-Bahr); 3 (Joseph Jego, Eugène Le Pontois et Joseph Le Runigo) sont morts en Serbie dans le cadre de l’Expédition de Salonique; 3 (Albert Cado, Alphonse Jégo et Eugène Kerneur) sont morts alors qu’ils étaient en captivité en Allemagne; Vincent Le Formal a été tué en 1917 à Tarente (Italie); Louis Rieux est mort accidentellement en service en 1917 à Ferryville (Tunisie); Joseph Le Runigo est mort de maladie sur un navire-hôpital en Roumanie le, donc après l’armistice; la plupart des autres sont morts sur le sol français (parmi eux Jean Jego, François Larboulette et Alphonse Le Livec ont été décorés de la médaille militaire et de la croix de guerre, Julien David, Jean Evanno, Jacques Le Floch, Louis Le Nézet et Philippe Rio de la croix de guerre, Ferdinand Jégo de la Médaille militaire.
En 1933, une « Commission de la Marine » du Sénat reconnaît qu’« une entrave absolue était apportée au développement normal des communes d’Étel, d’Erdeven, de Plouharnel et de Plouhinec, par les sujétions et les dangers résultant pour elles de la proximité du champ de tir de Gâvres; que le dommage ainsi causé pouvait être assimilé à une éviction et qu’il devait donc faire l’objet d’une juste et préalable indemnité ». En février 1941 les Conseils municipaux de Plouhinec et de plusieurs autres communes adressent « au maréchal Pétain l’hommage de leur admiration, de leur loyalisme et de leur gratitude pour l’œuvre de redressement qu’il a entreprise ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, la dune littorale est utilisée par l’armée allemande dès 1940 par la construction de la base des sous-marins et des blockhaus du mur de l’Atlantique. Une voie ferrée fut construite entre le port du Magouër et Port-Louis pour construire la base sous-marine de Lorient; les wagonnets ressemblaient à ceux des mines. En 1944, les alliés décident de détruire le Pont-Lorois pour couper la poche de Lorient en deux. Celle-ci comprenait 25 communes et allait de la Laïta (autour de Quimperlé) jusqu’à la presqu’île de Quiberon.
À la fin de cette guerre, c’est au « café de la Barre » au Magouër que se sont engagés les pourparlers d’armistice de la poche de Lorient. Le monument aux morts de Plouhinec porte les noms de 47 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale: parmi elles de nombreuses victimes civiles liées aux combats de la poche de Lorient; Ferdinand Le Labousse est mort en captivité en Allemagne; Marie Pessel, déportée, est morte le dans le camp de concentration de Ravensbrück, marin-pêcheur, fut fusillé le à Vannes pour « coups et blessures » contre un militaire allemand. Quatre soldats (Étienne Candalh, Julien Jego, Ernest Guillevic, Louis Le Labousse et Amédée Lecam) originaires de Plouhinec sont morts pendant la guerre d’Indochine et trois (Gilbert Gahinet, Gaston Le Calvé et Désiré Le Furaut) pendant la guerre d’Algérie.