Plozévet
Histoire de Plozévet
Plozévet est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 2 940 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Vicarum Demet au, Plebs sancti Demetre en 1060, Ploezevet en 1270. Le nom de Plozévet provient du breton ploe (« paroisse » en français) et de saint Dyved (dénommé aussi saint Démet, ou saint Demet), saint breton qui serait un moine originaire du Pays de Galles venu entre le et le, mais son existence réelle est douteuse même si la tradition en fait le frère de sainte Évette qui a une chapelle à Esquibien; ce pourrait être simplement un nom d’origine ethnique faisant référence à la région galloise du Dyfed, dont une partie de la population aurait émigré en Bretagne lorsque leur territoire originel a été envahi par les Scots à partir.
Paul du Châtellier a recensé à Plozévet entre 1882 et 1888 quatre menhirs (le menhir de Kervinou, haut de, est implanté en plein champ mais visible de la route de Menez Queldrec à Menez Kerlaeron; le menhir fendu, dit aussi des deux jumeaux, le menhir trapu, le menhir de Lestrouguy), trois allées couvertes (dont celle du Penker, détruite dans le courant du ), deux dolmens, une chambre mégalithique à ciel ouvert, huit tumulus (mais beaucoup ont disparu depuis), y trouvant 68 objets (poignards, brassard d’archer, poteries, vases.), sans compter les tessons. Une stèle cannelée (comportant 25 cannelures bien érodées) reste visible près de l’emplacement de l’allée couverte disparue du Penker et deux autres, situées à l’entrée de la cour du moulin de Brénizénec, ne sont pas à leur emplacement originel. La signification de ces cannelures reste inconnue. Une voie romaine partait de Pont-l’Abbé et allait jusqu’à la Pointe du Raz en passant par Plonéour, Tréogat, Pouldreuzic et Plozévet. Plozévet faisait partie du Quéménet (ou Kemenet) dont le siège se trouvait à Penhars (dit encore Quéménet-Even car il aurait appartenu à Even, comte de Léon au, puis à sa descendance), châtellenie des vicomtes du Léon enclavée dans le comté de Cornouaille.
Le pardon de la chapelle de la Trinité durait trois jours; il s’achevait par une grande foire. Parce qu’il s’opposait fermement aux distractions profanes pendant les fêtes religieuses, le prédicateur Julien Maunoir fut blessé d’un coup de pistolet à Plozévet. Le 11 août 1723, selon les archives de l’Amirauté de Quimper, 2 navires (la Marie, un bateau de 20 tonneaux, de Boulogne et l’ Heureux Saint-Jean, 50 tonneaux, de Morlaix) vinrent se briser lors d’une tempête sur la côte de Plozévet. Le 31 décembre 1736 l’ Heureuse Marie, un bateau de 180 tonneaux de Saint-Malo, s’échoua sur la côte de Plozévet. Le capitaine déclara « qu’il s’est commis par les habitants de la côte un grand pillage de savon (.), qu’il a vu lui-même un grand nombre de particuliers en emporter dans des poches sur leurs épaules; que même un de ses matelots de confiance (.) lui a dit que dans la nuit un des gardiens le prit à la gorge parce qu’il voulait l’empêcher de prendre six flacons d’huile que le dit gardien emporta malgré lui.
En 1741, une épidémie de dysenterie sévit: « Dans chacune des paroisses de Goulien, Plogoff, Esquibien, Plouinec, Plozévet, Mahelon, Poulan, Beuzet-Cap-Sizun, Pouldergat, Douarnenez, on compte le chiffre énorme de dix à douze morts par jour ». En 1759, une ordonnance de ordonne à la paroisse de Plouzevet [Plozévet] de fournir et de payer pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». En 1779, Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plozévet Avant la Révolution française, Plozévet n’avait, cas exceptionnel dans la région, ni château, ni seigneur (même si les seigneuries voisines de Pont-Croix, Kerharo (en Tréboul) et Pont-l’Abbé disposaient chacune d’un droit de juridiction sur une partie de la paroisse); les habitants payaient tout de même des redevances seigneuriales et d’église (celles-ci, assez lourdes, ont probablement joué un rôle dans l’anticléricalisme d’une bonne partie des habitants), ainsi que des impôts royaux, mais le recteur y était la seule autorité présente, à la fois religieuse et politique; c’est la source probable de l’anticléricalisme plozévétien. L’Amirauté de Quimper a recensé de navires entre 1723 et 1791, mais combien d’autres n’ont pas été recensés?
La pointe de Penmarc’h, la presqu’île de Crozon, le Raz de Sein et Plozévet détiennent le taux le plus élevé de naufrages.
Patrimoine religieux
En forme de croix latine, dévouée à saint Démet, elle est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 4. Elle est surmontée d’un clocher gothique. La façade ouest est du début du tandis que la file de colonnes provient d’un édifice antérieur remontant probablement.
La porte basse à l’ouest et le porche au sud sont tous les deux de style ogival (gothique). La nef avec son bas-côté date de la toute fin du et est séparée du transept par un arc diaphragme. Récemment, une inscription a été découverte indiquant 1750 pour la construction de la charpente.
À l’intérieur de l’église, cinq arcades dont quatre romanes et une gothique (fin du et début du ) séparent la nef de son bas-côté qui se trouve au nord. À noter des fonts baptismaux très anciens avec une curieuse tête de démon.