Pluvigner
Histoire de Pluvigner
Pluvigner est une commune du Morbihan, en Bretagne, comptant 7651 habitants. Le nom de la localité est mentionné dès 1259 sous la forme Pleigvinner, puis Pleuvingner en 1327, Ploevigner en 1387, avant de se stabiliser sous la forme Pluvigner en 1428. D’origine bretonne, ce toponyme est issu de l’appellatif Ploe, signifiant paroisse, et de l’anthroponyme Guigner, en référence à saint Guigner, saint patron éponyme de la commune. Le nom apparaît sous la forme Pleuwigner en breton et Plluvignë en gallo.
L’occupation humaine du territoire remonte à l’Antiquité, comme en témoigne une fouille de sauvetage menée entre 1983 et 1988 au lieu-dit Le Talhouët. Cette fouille a permis la mise au jour d’un habitat gaulois daté de La Tène moyenne à finale, couvrant environ un hectare et demi, composé de deux enclos emboîtés, d’une maison circulaire et d’un bâtiment de stockage. Diverses sépultures jouxtent le site, vraisemblablement lié au peuple des Vénètes qui contrôlait alors ce territoire. Le Moyen Âge a également laissé de nombreuses traces: une douzaine de mottes féodales, retranchements et enclos circulaires ont été retrouvés sur la paroisse, notamment à Coët Magoër, Kerchero, Kerbernard et au Goh Castel.
La figure de Pierre Le Gouvello, chevalier de Keriolet, marque profondément l’histoire locale. Né en 1602 à Auray et passant son enfance au château de Kerlois, il fut d’abord agnostique et mena une vie dissolue, avant de se convertir en 1636 lors d’un séjour à Loudun pour observer les Folles. Devenu religieux, il transforma son château en hospice pour les pauvres. En 1687-1688, des violences éclatèrent à Pluvigner contre les caquins de Bretagne, descendants supposés des lépreux médiévaux, lorsque la population s’opposa aux autorités souhaitant interdire la coutume empêchant ces derniers d’enterrer leurs morts au cimetière paroissial. Quatre missions paroissiales furent prêchées par les Lazaristes en 1697, 1706, 1713 et 1728. La trève de Saint-Bieuzy, qui dépendait de la paroisse, devint commune en 1793 avant d’être incorporée à Pluvigner avant 1806.
L’époque contemporaine a vu Pluvigner traversée par les soubresauts de l’histoire nationale. Le 4 juin 1795, les chouans de Georges Cadoudal repoussèrent une attaque républicaine contre un de leurs camps dans la forêt de Floranges. En décembre 1864, l’ouverture de la ligne de chemin de fer d’Auray à Napoléonville (Pontivy) traversant Pluvigner facilita les déplacements et le transport des marchandises, jusqu’à sa fermeture en 1951 et la disparition de la gare en 1981. Une épidémie de dysenterie fit 600 malades dont 46 morts en 1876, le docteur Alfred Fouquet expliquant la propagation par les conditions de vie déplorables des habitants. En janvier 1903, le curé de Pluvigner vit son traitement suspendu pour avoir prêché et enseigné le catéchisme en breton. Le monument aux morts porte les noms de 19 soldats tombés en 1870, 342 durant la Première Guerre mondiale et 76 durant la Seconde, dont trois membres de la famille Elstein, réfugiée à Pluvigner en octobre 1940 et morts en déportation à Auschwitz en 1942.
Patrimoine religieux
Le patrimoine de Pluvigner conserve plusieurs édifices liés à l’histoire de la conversion de Pierre Le Gouvello de Keriolet. Le château de Keriolet, qui lui appartint, date pour l’essentiel du XVIIe siècle dans sa façade tout en conservant des éléments antérieurs. Au début du XVIIe siècle, il appartenait à Eon de Kernigues, écuyer du duc Jean V. Depuis 1800, le château est propriété de la famille Le Bobinnec. Sa chapelle privée fut bâtie par la mère de Pierre Le Gouvello, en action de grâces pour la conversion de son fils survenue à Loudun. Une autre demeure, jadis appelée Queronic, fut largement remaniée par la famille Harscouët de Saint Georges vers 1860 et demeure leur propriété, représentée actuellement par le vicomte Christian de La Tullaye. Située au milieu de grands bois, elle comporte une grande chapelle ainsi qu’une seconde chapelle dans le parc, le long d’une allée au sud du château.