Polignac
Histoire de Polignac
Polignac est une commune de Haute-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 831 habitants. Panhac ou Polinhac en auvergnat.
La grotte du Rond-du-Barry (hameau de Sinzelle Le Magdalénien supérieur (niveau D) a été perturbé au Mésolithique / Néolithique ancien, entre et ans AP. Dans son mobilier se trouve une vénus gravée sur bois de renne, similaire à celle de l’abri des Harpons à Lespugue qui est elle aussi gravée sur un bâton en bois de renne; signale deux Vénus de même style dans la grotte de Tito Bustillo en Espagne, également gravées sur des bâtons osseux de dimensions similaires ( et ). Abstraction faite de la présence des cuisses, Allard mentionne des Vénus similaires: une sur dalle calcaire du gisement de la Gare de Couze (Lalinde, Dordogne); deux sur plaquettes calcaires de la grotte de la Roche (Lalinde); sur plaquette calcaire de Fontalès (Tarn-et-Garonne); et les très nombreuses (Rhénanie-Palatinat, Allemagne). Si cette figure est en position couchée, elle se rapproche alors des figures féminines de la Magdeleine (Penne, Tarn) et du Gabillou (près de Mussidan, Dordogne). Noter que toutes les « Vénus » allongées connues du Paléolithique supérieur sont du Magdalénien final de la région Pyrénées-Aquitaine. Elle s’ouvre au sud, à d’altitude. Sa surface est d’environ accessibles.
Elle a été occupée pendant les stades isotopiques 7 et 6. Elle est connue pour son industrie du Paléolithique moyen à bifaces. Le remplissage correspond aux derniers moments de l’avant-dernier glaciaire (Riss), avec des oscillations climatiques de faible amplitude. La stratigraphie donne cinq niveaux principaux, de J0 à J4. En 1984 le niveau J2 (Acheuléen supérieur) a livré un os incisé. La grotte de Sainte-Anne 2 a été occupée au Magdalénien final. Ce site de plein air se trouve à quelque au nord de Polignac, en rive gauche (côté ouest) du ruisseau du Breuil qui longe la Roche de Luc avant de confluer avec le Chalan. Il est à d’altitude et couvre environ.
Il a livré de l’industrie lithique datant du Moustérien et de la fin du Néolithique. Cette industrie moustérienne est dominée par les racloirs, comme au site de la Beaume Vallée dit aussi abri Laborde (sur Solignac); il comprend aussi de nombreuses bases et dos amincis, et des éclats minces. Le débitage Levallois est courant, principalement sur l’outillage façonné à partir de lave; par contre la retouche Quina est rare. Toutes les matières premières utilisées sont d’origine locale. Le mobilier néolithique est moins nombreux et suggère une utilisation temporaire. La tradition populaire voudrait qu’à l’époque gallo-romaine se trouvait un temple dédié à Apollon (« Phébus » pour les latins) sur le neck, d’où le nom actuel du village, transformation d' »Apollon ». Cependant, la première mention écrite connue du lieu le nomme Podempniacum (montagne escarpée). L’église du bourg, dédiée à saint Martin, est bâtie aux avec une architecture romane.
Au les vicomtes Armand s’emparent du lieu et prennent le nom du village. En 929 le château de Polignac apparaît dans un écrit. Il est probable qu’il fut principalement en bois. Il défendait l’entrée Nord-Ouest de la ville du Puy. Cependant les Polignac participent aux grands combats du temps: l’un d’eux, Pons IV de Polignac participe à la croisade des Albigeois dès 1209 aux côtés de Bertrand de Chalencon. En 1213, une décision royale contraint les vicomtes à rendre hommage à l’évêque est incluse dans l’enceinte du castrum. En 1128 et 1142, l’évêque du Puy Humbert d’Albon la donne en même temps que l’église Saint-Martin au prieuré de prieuré de Pébrac (près de Langeac en Auvergne), qui possèdent ces biens jusqu’à la Révolution, érige au de petits remparts en pierres le long de la falaise, puis au édifie le donjon de de haut.
Cette forteresse est la maison de guerre de la famille, le château de Lavoûte-sur-Loire étant la maison de repos. Citons au passage Ponce de Polignac, qui fut abbé de Clairvaux de 1165 à 1170, puis évêque de Clermont de 1170 à 1189; Pons IV, qui participe à la croisade des albigeois auprès de l’évêque Bertrand de Chalencon. Lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453) les Polignac assurent la défense de la région. Entre autres, le seigneur de Polignac répond avec soixante lances à l’appel du sénéchal de Beaucaire à créer une armée de afin de détruire les bandes de Robert Knolles, alors fortes de. En mars 1362, à l’appel d’Arnoul d’Audrehem il se présente avec plus de mille lances pour libérer Saugues. Randonnet Armand IX taille en pièces une bande de routiers anglais en 1365, et son frère Randon Armand X est surnommé le Taureau de Salzuit pour son courage face aux envahisseurs. La tâche est ardue, car encore en 1421 le seigneur de Rochebaron aidé de Bourguignons assiègent la ville du Puy, mais ne pouvant la prendre ravagent les environs avant de partir. Lors de la Ligue du Bien public, le château est confisqué un temps par Louis XI.
En 1533, visite la forteresse, et à la vue époustouflante qu’elle offre sur toute la région, surnomme les Polignac « les rois des montagnes. Les guerres religieuses affligèrent le Velay de 1560 à 1596. En 1589, dans le cadre de la huitième de celles-ci (1585-1598), débute le conflit entre la Ligue catholique et les partisans des rois Henri III puis Henri IV. Polignac est un bastion royaliste, la ville du Puy se déclare pour la ligue. Des troupes sont envoyées de Polignac afin de calmer des émeutes dans la ville, mais des combats opposent vite les soldats aux ligueurs de la cité, au niveau du pont d’Estroulhas. La troupe y perd 50 hommes et est poursuivie jusque sous les murs de la forteresse. Le 26 janvier 1590, les royalistes d’Espaly attaquent Vals et s’emparent de bestiaux qu’ils amènent à Polignac. Début mai 1590, les ligueurs incendient le bourg de Polignac, sous les tirs des canons de la forteresse.
Le 10 juillet 1591, Chambaud, chef des protestants du Vivarais, arrive en renfort avec des troupes à Polignac. Le 12 et pendant les huit jours suivants, ces forces font en vain le siège du château de Saint-Vidal, puis prennent position dans les bourgs d’Espaly et de Saint-Marcel, et combattent dans ce secteur aux côtés des royalistes jusqu’à la reddition des survivants le 21 août. Lors de ces combats, une partie de la garnison de Polignac se trouve sur le sommet du Mont Denise (position vitale pour le ravitaillement des combattants engagés dans les bourgs) et repousse une offensive des ligueurs. La forteresse perd de son importance militaire durant le et est finalement abandonnée. Au cours de la période révolutionnaire, la famille de Polignac émigre à la demande de Louis XVI puis Polignac en 1793. La forteresse est confisquée puis vendue comme Bien National, et sert de carrière de pierres. Elle est rachetée par le prince Jules de Polignac, ministre des affaires étrangères de Charles X, et est visitée par George Sand qui y situe l’un de ses romans, Le marquis de Villemer. Elle est classée monument historique par Prosper Mérimée en 1840.
Le donjon est restauré en 1893. Quatre-vingt-neuf Polignacois sont morts par faits de guerre lors de la Première Guerre mondiale et cinq lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1960 est créée l’entreprise Vey, volailler qui emploie aujourd’hui (2020) plus de quarante salariés pour un chiffre d’affaires de plus de huit millions d’euros par an. En 2021, Polignac adhère à l’association Les Plus Beaux Villages de France.