Pollionnay

Histoire de Pollionnay

Pollionnay est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 974 habitants. On mentionne le mot polesinus, policinus, pollicinus, pullicinus « mons, collis, locus editior » c’est-à-dire « la montagne, la colline, le lieu le plus élevé », qui en raison de la position géographique de la commune pourrait convenir. On trouve Puliniacus, Pullenai, Poyllenay, Poillenay, Pollenay, Pollonay, Polloigniacum, Pouillenay, Poillionay, Pollionay, aux; Pollionnay apparaît dès le, mais jusqu’à une époque récente le nom a été fréquemment orthographié Pollionay (notamment sur les cartes postales).

On peut classer schématiquement en trois catégories les communautés villageoises qui se sont constituées au Moyen Âge dans la largeur du Plateau lyonnais à savoir, d’est en ouest, celles qui forment banquette au voisinage du Rhône, celles dont l’assiette est proprement tabulaire et celles qui trouvent leur limite sur la crête des monts du Lyonnais. Le territoire de la commune de Pollionnay appartient à cette dernière catégorie. La crête, longuement étirée sur cinq kilomètres culmine au sud-ouest à Saint-Bonnet-le-Froid (787 mètres) puis s’incline en une pente assez régulière vers le nord-est jusqu’au mont Mercruy (566 mètres) à peine échancrée par le col de la Luère (713 mètres), la Croix-du-Ban (604 mètres) et le col de Fontrijole (501 mètres). Sur une largeur d’environ 1,5 km, ce versant oriental des monts du Lyonnais accuse une forte pente jusque vers 450 mètres. Il est découpé en lanières par un dense chevelu de ruisseaux et est uniformément boisé. En contraste, la partie humanisée de la commune se présente comme un entonnoir formant le raccord de pente modérée avec la partie tabulaire du Plateau lyonnais jusqu’au point le plus bas de la commune à 292 mètres au pont Rapaud. Ce pont est à la convergence du ruisseau du Mercier qui marque au sud la limite avec la commune de Grézieu-la-Varenne et du Ratier. Seule la partie nord avec le ruisseau du Poirier qui sépare Pollionnay de Lentilly a son écoulement distinct mais l’ensemble fait partie du bassin-versant de l’Yzeron via le ruisseau de Charbonnières.

Le sous-sol de la commune est dans sa totalité taillé dans le gneiss.Dans le pré-inventaire, sont énumérés onze hameaux. Les plus importants par leur population jalonnent la base de la partie montagneuse à des altitudes voisines: ce sont, du nord au sud, Larny (408 mètres), Valency (430 mètres) et le chef-lieu (430 mètres) grossi de son prolongement des Presles. On pourrait souligner bien des similitudes avec la commune voisine de Vaugneray des points de vue physique et humain. Rien ne permet d’affirmer une présence humaine sur le territoire de la commune aux temps gallo-romains. On attribue généralement une origine latine aux toponymes en -y comme c’est ici le cas pour Pollionnnay, Larny et Valency. La seule proposition sur ce point est celle qui fait de Pollionnay le domaine d’un certain Paulianus mais elle se donne elle-même comme pure hypothèse. Toutefois, il vaut la peine de préciser que le chemin de randonnée qui conduit du chef-lieu de Vaugneray à Saint-Bonnet-le-Froid en limite sud de la commune est bien l’héritier de la voie d’Aquitaine reliant Lugdunum (Lyon) à Burdigala (Bordeaux) sous l’empire romain. Le souvenir s’en était perdu pour ne laisser place qu’à un épisode moins ancien: c’est par ce même chemin qu’en 722 fut translaté vers l’Auvergne le corps de l’évêque Bonnet, archevêque de Clermont (pas encore Ferrand) douze ans après son décès à Lyon lors d’un concile.

En revanche, il est possible de tirer argument des toponymes de nombreux hameaux ou lieudits pour dater leur fondation du Moyen Âge ou postérieurement. Au début du deuxième millénaire a commencé pour l’Europe occidentale une ère de grande croissance et l’essor démographique s’est accompagné d’intenses défrichements. L’autonomisation concomitante de la langue française par rapport au latin s’est traduite par l’apparition de l’article, ignoré des Romains! D’où la floraison de toponymes où celui est décliné sous ses variantes en genre et en nombre. Dans la liste établie par le pré-inventaire il paraît 2 fois comme une élision avec l’, 17 fois avec le, 18 fois avec les et 20 fois par la. Le front pionnier des essarts (défrichements) s’est arrêté à la base des pentes montagneuses. La terminaison en -ière, la plus fréquente, révèle une concentration résidentielle de familles portant le même patronyme comme La Poizatière, où résidaient les Poizat, la Quinsonnière où vivaient les Quinson, la Cozonnière où demeuraient les Cozon…toutes familles encore présentes sur les lieux au cours. Le nom de certains lieux peut faire référence à des caractéristiques du milieu naturel: les Flachères sont des zones de résurgences humides; les Combes sont des fonds de vallée.

Parfois est ainsi précisé le couvert végétal dominant: naturel comme pour les Presles; cultivé en chanvre comme la Chenevière, boisé en châtaignier comme Chatanay. Sans doute le gneiss sur lequel est fondé tout le territoire ne facilite-t-il pas les pratiques agricoles mais il est le plus souvent décomposé superficiellement par l’érosion en gore sur lequel peuvent se former des sols propres à la culture. Mais ce gore est lui-même perméable et les eaux de pluie s’infiltrent jusqu’au contact de la roche saine. Il peut se faire qu’une source apparaisse en surface. La Fons Pareins se situe dans la vallée du Bouillon dans la partie montagneuse à l’ouest du col de la Luère. La Font de Fumoy en descend également à l’ouest du hameau de Ponce. Elle a été captée très anciennement et une conduite faite de tuyaux de grès placés dans un canal garni de tuileau convoie les eaux jusqu’au bassin d’une ferme en plein cœur du hameau. L’ensemble des habitants venait s’y approvisionner.

Dans les bas de la commune, sous la butte de Pipora (434 mètres d’altitude) en limite de Sainte-Consorce la Raze prend sa source. A sa confluence avec le Ratier à 322 mètres son cours a été aménagé en petit lac collinaire avant de se jeter dans le Ratier. Cependant, dans la majorité des cas, l’approvisionnement en eau était assuré par le creusement de puits jusqu’à la nappe phréatique au contact de la roche saine. On peut même aller jusqu’à dire que le nombre exceptionnel de puits est une particularité de Pollionnay. Le pré-inventaire en énumère 49 encore identifiables. Chaque famille voulant disposer d’une alimentation autonome, ils sont spatialement regroupés à proportion du nombre d’habitants. On en compte 8 pour le hameau de Valençay, autant dans le secteur de la Pozatière; 5 à la Cozonnière. Le pré-inventaire les a classés en quatre types selon leur présentation extérieure.

Les 18 du premier type sont quadrangulaires sous leur toit en pan incliné de tuiles rondes (exemple des Mandrières). Ceux du deuxième type au nombre de 14 n’en diffèrent que par le plan circulaire (exemple de la Poizatière). Plus originaux, les 10 exemplaires du type 3, ont une forme de guérite voûtée et sont construits en petites pierres fortement maçonnées (exemple de la Sigodière). Les 7 de la dernière catégorie sont intégrés dans le mur d’un bâtiment (angle de remise, en retrait sous l’auvent d’un portail) et donc sans toiture spécifique. Il faut aller dans la cour de l’ancien château pour trouver le puits à margelle ronde sous la casquette à poulie dont la silhouette nous est la plus familière (exemple des Balladières). Raideur de la pente avec replats limités, découpage en lanières par l’incision des ruisseaux: ces contraintes naturelles n’ont pas facilité l’établissement d’un chef-lieu en un point central. Les premiers lieux de rassemblement Larny et Pollionnay, ont été religieux. Pour Larny, en 1228, il est question de la vente d’un bois à l’Eglise lyonnaise de Saint-Just présente en ce lieu.

Son statut d’église paroissiale est attesté par un document de 1313. La présence d’un cimetière à proximité conforte l’idée de l’intérêt constant porté à ce hameau par les chanoines lyonnais. S’agissant de Pollionnay, le doyen du chapitre lyonnais de Saint- Jean, décédé entre 1185 et 1187, a enrichi d’un bois par son don l’obéance de Pulianico; dans une charte de la même époque, il est question d’un autre don fait par dame Ylissendis et Hugo Artardus: il ne s’agissait de rien moins que de « l’église de saint Didier de Puliniaco avec ses dépendances, des terres et des bois ». Cette notion d’obéance est propre à l’Eglise lyonnaise. Si, venant d’ecclésiastiques, elle implique évidemment un lien de nature religieuse, il faut préciser que « les chanoines [des chapitres] issus de la noblesse régionale veulent vivre comme des seigneurs laïcs et constituent ces obéances comme des seigneuries avant tout pour les droits juridiques (haute justice…) plus que pour l’assise foncière ». Par la suite, toutes les initiatives vont être à l’avantage de Pollionnay à qui, déjà, Renaud de Forez, archevêque de Lyon de 1193 à 1226, avait donné la préférence dans sa politique pour s’assurer le contrôle du Lyonnais en faisant fortifier la place comme beaucoup d’autres dans le diocèse. De manière plus décisive, en 1256, les chanoines de Saint-Jean se désintéressent de leurs droits sur Pollionnay et en aliènent la seigneurie à un bourgeois lyonnais roturier Barthélemy de Fuer avec l’assentiment du pape! Dès lors l’histoire de ce territoire se confond avec celle des familles qui se sont succédé comme propriétaires: ce sont après les de Fuer (1255-1293) les d’Albon (1293-1385 ou 1390) puis les Pompierre (1390-1460) les Balarin- Rébé-Crémeaux (1460-1670) et pour finir les de Loras de 1670 à 1793.

Au fil des siècles, l’unité a été réalisée en 4 étapes. Au départ, la seigneurie s’étendait en position centrale, de la crête des monts du Lyonnais au pont Rapaud. Elle a étendu son pouvoir dès 1365 sur le territoire, immédiatement au nord, du mas de Valencieu cédé « comme gage de rançon ». Le rattachement du secteur de Larny à l’extrême nord aura lieu deux siècles plus tard en 1577. En revanche, on est sans information sur la date d’annexion de la partie méridionale de Rochecoucou, Ponce et les Egaux. Il est donc possible d’affirmer que c’est par le biais de la formation de la seigneurie laïque avec toutes ses prérogatives tant civiles, juridiques et religieuses que s’est forgée la communauté de Pollionnay alors qu’on peut imaginer que le secteur de Larny aurait pu se rattacher à Sainte-Consorce, d’accès plus facile et avec laquelle des liens s’étaient noués aux premiers temps. La Révolution de 1789 a entraîné l’effondrement du système féodal. Le dernier descendant des Loras, Louis-Catherine, alors âgé de 58 ans avait été élu par la noblesse locale pour la représenter aux Etats-Généraux.

La famille possédait aussi des propriétés dans le Dauphiné et une maison à Lyon, rue de Marseille. Elle résidait peu à Pollionnay. C’est la raison pour laquelle, ayant pris le parti des Fédérés contre les Montagnards lors de la révolte de la ville, il sera arrêté à son domicile le 15 brumaire An II (5 novembre 1793) et fusillé dans la plaine des Brotteaux parmi des centaines de victimes. Déjà le régime de seigneurie n’avait pas survécu à la nuit du 4-août et avait été remplacé par la commune La première municipalité a planté devant l’église l’arbre de la Liberté. Le château seigneurial, pillé, ne sera plus habité ni réparé par les de Loras et son histoire privée ne relève plus de celle de la commune. Malgré les travaux entrepris par les propriétaires successifs dont la famille Colin à partir de 1941, seule la façade sud donne l’impression d’une restauration, les autres apparaissant comme toujours en chantier. Faute d’un bâtiment propre, le conseil municipal tenait ses séances dans le presbytère où résidait le greffier. Il faudra attendre 1853 pour que soit entreprise la construction d’une maison commune servant aussi d’école sur un terrain cédé par Mademoiselle de Murinas, propriétaire du château en échange de terrains communaux.

Le bâtiment a été achevé en 1857.On peut conclure qu’au début du, Pollionnay mérite son titre de chef-lieu communal à la fois comme siège de la mairie et de l’église restaurée en 1829. Mais la grande particularité est que ce chef-lieu ne correspond à aucun bourg où serait aggloméré une partie de la population. « L’église avec son cimetière et sa cure est restée isolée au centre d’un no man’s land dû certainement au fait que les terres alentour étaient rattachées à la seigneurie laïque qui possédait le château. C’est seulement au cours de la seconde moitié du que des maisons en ordre continu se sont construites en relayant quelques boutiques anciennes ». En 1821 la commune comptait 844 habitants. Les 140 années qui suivent sont marquées par un long déclin démographique: on compte 533 Pollionnois en 1962. Ce déclin n’a vraiment commencé qu’à partir du maximum démographique (892 que l’on fait correspondre, comme dans l’ensemble de la France rurale, avec le recensement de 1846. Il a été accéléré par la Première Guerre mondiale (550 habitants en 1921 contre 611 en 1911, 25 noms sur le monument aux morts érigé en 1923).

Ces variations ne doivent pas faire douter de l’évidence: dans un pays en pleine mutation économique, notre commune est restée cantonnée dans une activité quasi exclusivement agricole. Or, celle-ci souffrait de nombreux handicaps: acidité des sols, manque d’humus et d’eau, surfaces cultivables restreintes. La polyculture et l’élevage traditionnels visaient à assurer l’autarcie alimentaire des foyers. ll y avait encore de 65 à 70 ha de vigne en 1940. La seule originalité relative était dans l’importance prise par le châtaignier. Son fruit entrait dans l’alimentation, son bois était utilisé pour le chauffage, la tonnellerie et son écorce pour la tannerie. Nombreuses étaient les activités d’appoint. Les plus anciennes, au, étaient la prise en nourrice d’enfants de la bourgeoisie lyonnaise en raison du bon air supposé d’un milieu réputé montagnard et bien que les insuffisances de confort et d’hygiène aient occasionné une très forte mortalité infantile.

La coutume était « d’amener l’enfant avec son linge. Puis on venait le dimanche, puis petit à petit on amenait le linge sale du ménage à la nourrice, on le reprenait le dimanche d’après… et c’est comme cela qu’est née la blanchisserie ». À partir de ces origines domestiques, celle-ci devait prendre la forme d’une spécialisation professionnelle au début du sans atteindre la même importance qu’à Craponne et ses alentours. Après la révolte des canuts de 1831, le travail de la soie a essaimé dans les campagnes de la région lyonnaise. Une fois formés à l’emploi des métiers, « ces hommes, ces femmes tissent … Ils ne lâchent la navette que pour semer et rentrer les récoltes vivrières…Le tissage a vécu ses dernières heures au début du ». « Ils possédaient tous un lopin de terre sur lequel ils plantaient leurs pommes de terre, parfois de la vigne…Ils récoltaient tous leurs légumes…Dans chaque jardin on trouvait un ou deux cerisiers, pommiers, poiriers, pruniers ». On fraternisait pendant les quatre foires annuelles: à la Saint-Vincent le 28 janvier, à la Saint-Christophe le 6 mai, le 25 juillet et le 2 novembre. Elles se tenaient « sous le clocher » aux ordres d’un placier.

Non seulement veaux, vaches, cochons, couvées …mais aussi la casse pour faire griller les châtaignes, des pantalons de velours ou de coutil, des ustensiles en tous genres et la vagnotte pour se rechanger. Les fermières proposent beurre, fromages, œufs et la buvette est prise d’assaut ». Le développement de l’enseignement ne pouvait que renforcer le sentiment d’appartenir à la même communauté paysanne. Dès avant la Révolution, un embryon d’école avait été créé sous le contrôle étroit du curé et grâce à l’aide pécuniaire extérieure des frères missionnaires de Lyon. Mais c’est au que l’instruction se généralise. Le conseil municipal a eu des difficultés à respecter l’obligation faite par la loi Guizot de 1833 d’ouvrir une école communale faute de moyens financiers. Il se contente de rémunérer un instituteur à charge pour lui d’assurer l’accueil des garçons, seuls concernés. En revanche il se montre généreux avec les familles indigentes pour qu’elles puissent scolariser leurs enfants.

Ce n’est que 20 ans plus tard (1853) que la décision est prise de construire une maison commune pour héberger à la fois école et mairie. L’inauguration a lieu en 1857. Lorsque sous Jules Ferry en 1881 l’enseignement devient obligatoire, tout serait donc en place pour recevoir l’instituteur rémunéré par l’Etat si ne se posait le problème de l’accueil des filles car la mixité n’est pas admise. La tradition était de confier cette responsabilité au clergé. On ne s’étonnera pas d’apprendre qu’a été à l’œuvre en ce domaine ce même curé Demonceau qui avait doté la paroisse d’une nouvelle église. C’est lui qui, en 1841, a facilité l’ouverture d’une école de filles dirigée par les sœurs de Saint-Joseph. La commune devait par la suite participer financièrement à son fonctionnement. En 1881, le conseil municipal pensa se conformer à la loi qui créait l’obligation scolaire pour les deux sexes en déléguant cette mission aux sœurs de Saint-Joseph.

Mais lorsqu’au début du les congrégations religieuses se voient refuser le droit d’enseigner, il est mis fin à ce régime illégal. Les filles sont accueillies pendant trois ans dans l’ancien presbytère réquisitionné à cet usage jusqu’à ce qu’elles soient hébergées dans un nouveau local dans le bourg, rue des écoles. Les religieuses de Saint-Joseph cessent d’enseigner mais tiennent une cantine scolaire ouverte aussi bien aux filles qu’aux garçons, service qui fonctionnera jusqu’en 1964. Quand la loi de 1953 instaure la mixité des établissements scolaires, les locaux du bourg sont affectés aux classes préparatoire et élémentaire ceux de la maison commune étant destinés aux cours moyen et de fin d’étude. Ce tableau de la vie rurale doit être complété par la prise en compte d’activités peu significatives en termes d’emploi mais auxquelles la commune doit une certaine originalité. Il s’agit de l’exploitation du sous-sol. Les carrières étaient dispersées en divers points du territoire. Un grand nombre se consacraient à l’extraction du gore, ce matériau sablonneux dont il a toujours été fait un grand usage comme revêtement d’allées par exemple dans la région lyonnaise.

Si la plupart ont cessé leur activité, d’autres en ont pris le relais et sont toujours ouvertes en rive droite du ruisseau du Ratier à hauteur du hameau de la Rapaudière: citons les entreprises Roulet et Poccachard. Un cas plus inattendu est celui de la mine de barytine du Verdy. La composante principale de ce minerai à 85 % est la fluorine. Sa découverte en 1890 a donné lieu à une exploitation active à partir de 1915. Elle a été acquise en 1919 par la grande firme sidérurgique d’Ugine en Savoie pour l’approvisionnement des usines d’aluminium car le fluor est utilisé comme fondant dans l’électrolyse de ce métal. Elle employait de 7 à 8 ouvriers et ne devait fonctionner que jusqu’en 1931 mais les stocks de minerai restés sur le carreau ont été livrés jusqu’en 1939-40. Elle a alors été abandonnée et vouée au rôle de décharge sauvage jusqu’en 1985.

Le terrain a été acquis en 1988 puis classé en réserve naturelle en 1990 et placé sous le contrôle d’un comité de gestion chargé de l’environnement. Du fait de sa structure filonienne, l’ancien gisement se présente sous forme de galeries très étroites plus ou moins verticales. Elles ont été aménagées sur une longueur de 300 mètres pour faciliter leur fréquentation par des espèces de chauves-souris devenues rares. La population de Pollionnay est passée de 533 habitants en 1962 à 2761 en 2018. Elle a donc plus que quintuplé (5,2 fois plus) en 56 ans. Le rythme de croissance annuel était de 3,6 % par an entre 1968 et 1975. Après un léger ralentissement, il a à nouveau augmenté depuis le début du et il atteint actuellement un record avec 4,6 % pour les années 2013 à 2018. Le solde migratoire est la cause quasi exclusive de cette augmentation car le nombre de décès équivaut au nombre de naissances.

Le parc immobilier s’est accru pour pouvoir loger tous ces nouveaux Pollionnois ce que traduisent les données sur l’âge des constructions. Les logements antérieurs à 1946 ne représentent plus que 16,4 % de l’ensemble à comparer aux 31,5 % des années 2006 à 2015. Les lotissements regroupaient 83,6 % des logements en 2008 contre 15,5 % pour les immeubles collectifs. On observe une nette évolution dans ces dernières années. En 2018 ces proportions étaient respectivement de 76,2 et 21,8 %. Les données concernant la densité de la population qui est passée de 42,8 habitants au km en 1968 à 174,7 en 2018 par km sont peu significatifs. Le bourg s’est sérieusement étoffé de bâtiments à étages et par sa ceinture de maisons individuelles il a comme annexé les hameaux voisins des Mandrières et de la Cozonnière. Il fait maintenant vraiment figure de chef-lieu.

Quant aux lotissements, ils sont tous localisés dans un rayon de quelques centaines de mètres autour de ce noyau. La très grande majorité du territoire reste constituée de hameaux dispersés. Le village de paysans d’autrefois a totalement changé de visage: au terme d’une évolution amorcée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n’y a plus un ménage à vivre de la seule agriculture. Rien d’original en cela: c’est le cas de bien des communes de la périphérie des grandes métropoles! À en juger par les catégories socio-professionnelles des chefs de famille, Pollionnay est assez représentative de la moyenne nationale, ce qui la différencie de bien des communes de l’ouest lyonnais ou des monts d’Or. Avec un pourcentage de 18,3 % les cadres y sont beaucoup moins représentés. En revanche, avec 31 % de professions intermédiaires, 14,7 % d’employés et 10,9 % d’ouvriers, la proportion des autres catégories ne permet pas de la distinguer des autres collectivités de la France profonde. La prise en compte du niveau d’études conduit à des conclusions identiques.

Une minorité de l’ordre de 20 % est détentrice de formations allant à un minimum de 3 ans au-delà du baccalauréat tandis que 40 % n’ont pas poursuivi leurs études jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. En quittant leur ancien domicile pour venir s’installer à Pollionnay, les personnes en activité se sont éloignées du lieu d’exercice de leur emploi. Or elles sont au nombre de 1734. Il n’est pas question d’en trouver sur place où n’existent que 374 postes de travail. Les migrations quotidiennes en voitures particulières polarisées vers le centre de la métropole sont le lot quotidien du neuf dixièmes des Pollionnois. Le réseau de transports publics de l’OTL (Organisation des Transports Lyonnais) ne dessert pas directement la commune et la part des transports en commun concerne moins de 5% des travailleurs. On reconnaît à ce dernier trait le phénomène devenu banal de la rurbanisation. Le système d’approvisionnement en eau courante par puits individuels ne permettait pas de donner satisfaction à l’ensemble de la population.

Ce problème a été pris en charge au par les autorités municipales. On procéderait à des captages de sources et à des canalisations jusqu’à des réservoirs de distribution au niveau des hameaux. Les premiers travaux entrepris en 1907 ont dû être repris et complétés à partir de 1933. Une solution radicalement différente a été adoptée en 1963 par l’adhésion de la commune au SIDESOL (Syndicat Intercommunal de Distribution des Eaux de l’Ouest Lyonnais. L’alimentation est assurée depuis par pompage dans la nappe phréatique du Garon et stockage dans quatre réservoirs de distribution au niveau des différents hameaux. La lutte contre la sécheresse dans le secteur agricole relève, bien entendu, de l’initiative privée: la solution a été trouvée dans la multiplication des lacs collinaires. Au début du, on en comptait une dizaine comme celui de Presles. Avec l’installation de jeunes couples dans la commune, la première urgence pour la municipalité a été de permettre la scolarisation de leurs enfants.

La solution définitive a été adoptée par la construction d’un groupe scolaire après l’achat d’un terrain aux Presles, non loin du bourg. Les travaux de construction ont été réalisés selon les plans du cabinet d’architecte Sériziat. L’inauguration a eu lieu le 14 juin 1997. Le 5 décembre 1998 le groupe a été baptisé du nom du philosophe et académicien Michel Serres qui présidait à la cérémonie. Il va de soi que la scolarité n’est pas assurée au-delà de l’école primaire. Les collégiens sont dirigés vers le CES de Craponne à moins que les familles ne préfèrent l’enseignement privé au collège Saint-Sébastien de Vaugneray. Les lycéens sont dirigés sur Charbonnières. Les locaux de la mairie de 1857 ne pouvaient plus suffire au logement des services d’une commune en forte croissance, même après la libération de la partie consacrée à l’école en 1997.

La municipalité s’est mise en quête d’un bâtiment de dimensions appropriées aux besoins. Plutôt que d’entreprendre une nouvelle construction a été saisie l’opportunité d’une mise en vente. La maison, situé à l’entrée du bourg, avait été construite en 1930 par un pâtissier lyonnais comme résidence secondaire puis rachetée par un médecin de Villeurbanne. C’est sa fille, veuve Coche qui a consenti à cette transaction. L’inauguration a eu lieu le 10 octobre 2011. Quelques travaux d’aménagement ont été nécessaires. Ils ont été réalisés dans le respect du style puriste initial. Avec ses deux niveaux de trois travées, sous son toit de tuiles rouges à quatre pans, son élégant perron encadré de colonnes, le bâtiment fait honneur à la commune.

La médiathèque municipale offre accès à diverses activités culturelles (expositions, concerts, pièces de théâtre, contes, conférences), un poste informatique public d’accès à Internet et permet la consultation sur place ou l’emprunt de livres, CDs et DVDs. Ses collections sont renouvelées en partie sur budget municipal et en partie grâce aux services de la médiathèque départementale du Rhône dont documents sont réservables et livrés par navette mensuelle ou choisis et récupérés Chaponost. La convention avec la médiathèque départementale du Rhône permet par ailleurs aux inscrits de la bibliothèque municipale d’accéder à des services numériques spécifiques.Elle fait aussi partie du réseau Medi@val, regroupant 8 autres médiathèques de Marcy l’étoile, St Genis les Ollières, Grézieu la Varenne, Ste Consorce, Vaugneray, Messimy et Thurins. Les Pollionnois disposent aussi aujouird’hui d’une salle des fêtes. La situation de Pollionnay, adossée à la montagne à l’écart des voies de circulation mais dans la grande proximité de Lyon a pu, dans le passé, expliquer l’étonnant succès d’une célèbre entreprise. Le restaurant ouvert en 1932 par la mère Brazier au col de la Luère à 700 mètres d’altitude avait acquis une renommée internationale et était fréquenté par les plus grandes personnalités du monde politique et du Gotha international. Des avantages du même ordre aident à comprendre la nouvelle vocation de la commune pour le regroupement d’établissements de soins hospitaliers sur le replat des Presles. L’accès en est aisé, à deux pas du bourg.

La vue s’étend sur un immense horizon jusqu’à la chaîne des Alpes. La première institution s’est logée dans le château Desprez. Il s’agit de la très ancienne propriété d’une famille de notaires de Vaugneray au mais le bâtiment actuel a été construit vers 1850 par l’avocat et procureur royal Desprez qui en est resté propriétaire jusqu’en 1911. Il ne manque pas d’allure avec son toit mansardé couvert de tuiles écaillées. Sous le nom de Centre de soins de suite-réadaptation des Presles il a ouvert en 1955 et a compté jusqu’à 118 lits. La patientèle pouvait se détendre dans le parc à l’anglaise attenant avec son bassin à rocaille. Il a été transféré en 2018 à Sainte-Foy-lès-Lyon. Deux autres établissements de soins accueillent sur le même site des personnes âgées.

La résidence intercommunale Jean Villard peut accueillir une centaine de pensionnaires. Avec 80 places, les Aurélias, établissement privé, sont spécialisés dans l’accueil des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou présentant des troubles apparentés.

Patrimoine religieux

La chapelle de Larny, classiquement orientée vers l’est campe bien en évidence au-dessus de la route. Son modeste rectangle est étayé à l’angle sud-est et surtout sur le côté nord de puissants contreforts. Elle a perdu au-dessus de sa façade la baie qui abritait à l’origine un clocheton mais elle a depuis 1670 dans son angle nord-est son clocher trapu ajouré de quatre larges baies en plein cintre sous le toit à quatre pans couvert de tuiles rouges. Une fois entré dans l’édifice par la porte en arc surbaissé on retrouve sans surprise la simplicité suggérée par l’extérieur: la nef unique à charpente apparente est séparée de l’abside à fond plat couverte d’une voûte en berceau par un arc triomphal surbaissé. Une tribune en bois est éclairée par le fenestron de la façade.

Du mobilier on retiendra surtout la statue en pierre calcaire du représentant une vierge à l’enfant enveloppée d’un grand manteau passé sur sa tête et des pans duquel s’échappent des mèches de cheveu. Sur sa hanche l’enfant Jésus s’appuie sur sa poitrine en position oblique; il tient dans sa main droite la tige d’une pomme. A divers détails comme la moue boudeuse de la vierge, les orteils apparents et les cheveux bouclés de l’enfant on discerne une influence de l’art bourguignon. Le Christ en bois polychrome daterait.Dans l’environnement immédiat de la chapelle, sur son flanc nord l’ancien cimetière rappelle le temps où elle avait rang d’église paroissiale. Transformé en espace vert, il n’a conservé qu’un petit nombre de croix en fer forgé et en fonte de la première moitié du simplement fichées dans le sol gravillonné sans dalles ni inscriptions.

Près de la façade, une haute croix (3,80 mètres) en pierre calcaire se dresse au-dessus d’un fût original octogonal en tronc de pyramide. En regagnant la route, on peut reconnaître dans l’élégante maison sur son côté nord quelques traits typiques de l’habitat rural: « Le logis est toujours en étage au-dessus d’une ou deux entrées de cave en plein cintre. L’accès se fait par les aîtres, ensemble composé d’un escalier parallèle à la façade, d’une galerie et d’une souillarde fermée de deux murets en retour d’équerre… Le tout est abrité par l’avancée du toit ». On admirera la sveltesse des colonnes. Le nom de Lorette parle peu aux contemporains car cet ancien lieu de pèlerinage a été relégué à un rang secondaire au profit d’autres dont Lourdes est le plus célèbre.

Cette localité italienne proche de la mer Adriatique était depuis la fin du et restera pendant plus de trois cents ans le lieu de grands rassemblements religieux autour de la Sainte Maison: selon la tradition, c’est là que des anges auraient transporté depuis Nazareth la modeste demeure dans laquelle le Christ aurait été conçu. Dans la seconde moitié du, Etienne de Balarin s’y serait rendu afin de demander à la Vierge la guérison de sa fille malade. Son vœu ayant été exaucé, en exécution de ce testament son fils Yves fonde en 1592 la prébende attachée à la chapelle qui vient d’être construite. Une prébende est un revenu lié à l’exécution d’une charge. En l’occurrence, ce revenu consiste en divers biens fonciers dont une chènevière à la Quinsonnière.

Informations Clés

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Population

2.974 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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