Pontchâteau
Histoire de Pontchâteau
Pontchâteau est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 11 075 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes de Ponte Castelli en 1096, Castello de Ponte au, Pontem Castri en 1287. Pontchâteau tire son nom du pont et du château construits autour de la ville au cours du Moyen-Âge. En gallo, le nom de la commune se prononce ou.
Ces prononciations ont été retranscrites par écrit sous les formes Pont-Châtéo et Pouchâtéo selon l’écriture ABCD, Ponchatéw et Pouchatéw selon l’écriture MOGA, Pont-Chastèu selon l’écriture ELG. En breton sont attestées les formes Pontkastell et Pont-ar-C’hastell. La forme normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Pontkastell-Keren.
Dès la préhistoire, la région fut habitée ainsi que l’attestent plusieurs monuments mégalithiques, cf le fuseau de la Madeleine et la carte Sites mégalithiques de la Loire-Atlantique. Les Romains créent des défenses en Gaule et partout dans leur immense Empire contre les invasions qui s’annoncent. Il s’agit de mobiliser et d’utiliser des troupes venant de tous les coins de l’Empire. L’île de Bretagne est bien sûr sollicitée. Avec ses troupes qui vont stationner un peu partout on va trouver une famille qu’on a coutume aujourd’hui d’appeler les Gérontides. Il s’agit d’une lignée complexe, moitié brittonique (issu de lignées royales des peuples de l’île) moitié romaine dont le personnage clef est Gerontius, un général de l’armée impériale.
Il va combattre en particulier en dirigeant le contingent brittonique vers 400 de notre ère. Il sera éliminé en Espagne par l’empereur Constantin III mais sa famille s’implantera en Armorique où Gerontius avait eu un commandement. Le nom de Gerontius en brittonique est Gereint et son manoir situé à Pontchâteau, sur le Brivet, sera appelé Les-Gereint en breton (la cour de Gereint) qui deviendra l’Escrin puis les Crins ou les Crains. Le ruisseau à proximité a laissé un lieu-dit Frocrain de Frout-Cerent (le ruisseau de Gereint) dans le même langage. Sa famille très nombreuse a été très influente tant dans l’Église (de nombreux saints) que dans l’administration. Citons Congar, Cado, Erbin ou Erpin, Salomon ou Sela, Iestin, Sulien et Séry dont on retrouve les noms dans beaucoup de lieux de la presqu’île guérandaise.
Citons Herbignac et Penestin pour exemples. Un des fils de Gereint, Riwal Deroc sera le premier leader de l’Armorique post-romaine. Le général de troupes brittoniques Riotamus sera de sa famille qui livrera quelques-uns des derniers combats contre les germains sur la Loire près d’Orléans. Ses troupes battues seraient revenues partiellement vers Nantes en suivant la Loire. Le pont sur le Brivet était gardé par le château du baron. Il était probablement à droite sur la hauteur.
Deux tours encastrées dans les habitations tendent à le confirmer. Au pied du château, les commerçants viennent abriter des détrousseurs leurs marchandises. La ville naît, centre d’échanges entre le pays haut des terres du plateau et les marais du bas pays de la Brière: pont et château, noyau d’origine, d’où son nom. À la même époque les seigneurs du Pont fondent avec les moines de Marmoutier un prieuré. Pont-Château se trouvait, au Moyen Âge, sur l’une des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au, l’épopée du grand missionnaire Grignion de Montfort marque pour longtemps le terroir pontchâtelain et ses environs.
Une léproserie et une chapelle se trouvaient alors dans la forêt de la Madeleine, à environ de la lisière actuelle. Venu prêcher dans la région, saint Louis-Marie Grignion de Montfort voulut marquer son passage par l’érection d’un calvaire. Il choisit d’abord le site des Roches-Bises à quelques kilomètres au nord-ouest du bourg de Campbon. En raison de difficultés avec les comtes de Coislin, seigneurs du lieu, il reporta son choix sur un site au sud de la forêt de la Madeleine. L’ouvrage, commencé en 1709, ne fut terminé que quinze mois plus tard., peut-être mal informé, en ordonna la destruction.
Le calvaire actuel date du et abrite une trentaine de statues et édifices sur environ: un Chemin de croix avec personnages, la Scala Sancta (1891), une chapelle de pèlerinage (1873), un prétoire. On peut aussi y voir la statue du Père Grignion de Montfort représentée avec son symbole, la pelle du bâtisseur (cf. En 1790, le premier maire de Pont-Château est Jean-Baptiste Pellé de Quéral. À partir de 1793, les Pontchâtelains subissent sans trop de dégâts les occupations successives des chouans et des républicains. Dans l’ensemble, ils manifestent leur attachement aux prêtres réfractaires, dont plusieurs ont payé de leur vie leur service pastoral. Pendant les Cent-Jours, le marquis de Coislin, chef local de l’insurrection royaliste, a son quartier général à Pontchâteau.
Rayonnant avec sa troupe, il a quelques engagements à Campbon et à Guérande contre des détachements ralliés à Napoléon. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l’existence de la Poche de Saint-Nazaire, l’occupation allemande se prolongea à Pontchâteau comme sur l’ensemble des localités voisines de l’estuaire durant de plus (d’ au ), la reddition effective de la poche intervenant après la capitulation de l’Allemagne.