Pontivy

Histoire de Pontivy

Pontivy est une commune du Morbihan, en Bretagne, peuplée de 14 774 habitants. Sous-préfecture du département, la ville se situe au centre de la péninsule armoricaine, à la confluence du Blavet et de plusieurs voies de communication anciennes. Son nom dérive d’un pont jeté sur le Blavet associé au nom du moine celte saint Ivy. Selon la tradition, ce moine venu de Grande-Bretagne au cours de la migration bretonne vers l’Armorique aurait jeté quelques troncs d’arbres pour relier les deux rives du Blavet et fondé ainsi le village de Pond Ivy, le mot pond signifiant « pont » en breton. La commune a porté à deux reprises le nom de Napoléonville, sous le Premier Empire de 1804 à 1815, puis sous le Second Empire.

Le territoire de Pontivy ne livre aucune trace du Paléolithique ni du Mésolithique, périodes peu favorables à l’implantation humaine en Bretagne en raison de la couverture forestière dense et de l’absence de voies de circulation. Un menhir conservé dans le mur du cimetière de Pontivy, daté du Néolithique, témoigne de cette présence ancienne. Selon une légende locale, ce menhir partirait la nuit de Noël à minuit en direction du ruisseau de Saint-Niel, près de la chapelle de la Houssaye, en laissant à découvert un trésor.

Dès l’âge du Fer, la rive du Blavet est occupée. Plusieurs enclos du second âge du Fer ont été repérés rue Émile Masson, en plein centre-ville. La présence d’un cimetière du premier âge du Fer au lieu-dit Coët-Stival confirme cette implantation précoce. Les Vénètes, peuple gaulois de la région, ont laissé peu de traces, mais la présence humaine se prolonge à l’époque romaine, comme l’atteste la découverte en 1829 d’un trésor archéologique de 122 médailles romaines dans l’ancien village de Signan.

L’histoire chrétienne de Pontivy est ancienne. Selon Jean-Baptiste Ogée, saint Josse, moine et frère de Judicaël, roi de Bretagne, serait mort en odeur de sainteté le 13 décembre 660 dans un monastère de Pontivy, alors seule construction du site. La paroisse dépendait à l’origine de celle de Cohazé, dont Pontivy est resté une trêve durant plusieurs siècles. Du VIIe au XIe siècle, les chroniqueurs restent muets sur la localité. Au XIIe siècle, ce n’est encore qu’une humble petite bourgade englobée dans la paroisse de Noaial, première du diocèse de Vannes par son étendue. La présence d’une motte castrale surplombant le Blavet, suggérée par l’odonymie (rue de La Motte), précède la fondation de la ville moderne.

Un premier château, dit « Les Salles », est construit après 1128 par le vicomte Alain II de Rohan, à environ un kilomètre au nord-est du site de la motte. À la même période s’établit le pont médiéval, dans l’axe de l’actuelle rue du Pont. Pris et démantelé en 1342 par le comte de Northampton Guillaume de Bohun durant la guerre de Succession de Bretagne, ce premier château est remplacé par l’édifice actuel, élevé entre 1479 et 1485 par Jean II de Rohan. Un aveu de 1471 signale que Pontivy et Stival faisaient partie des 46 paroisses ou trêves composant la seigneurie proprement dite de Rohan, au sein de la vicomté.

Le « saut des poissonniers », signalé pour la première fois en 1461 et attesté jusqu’en 1675, voyait chaque Lundi de Pâques les marchands de poisson, qui s’étaient enrichis durant le carême, descendus en charrette par les bouchers jusqu’au Blavet, dans lequel ils devaient sauter et qu’ils devaient traverser à la nage. Des coutumes analogues existaient à Josselin et Quimperlé. La tradition de la quintaine était également observée par les nouveaux mariés. La soule, jeu très populaire dans la région, était organisée deux fois par an, le dimanche et le Mardi gras. Les troubles et les accidents qu’elle provoquait conduisirent les autorités à l’interdire à plusieurs reprises: par arrêté du sous-préfet le 15 janvier 1819, puis par le préfet du Morbihan le 11 mars 1848 et le 20 février 1849, et enfin par un dernier arrêté en 1857, qui semble avoir mis fin à la pratique. L’écrivain Émile Souvestre a consacré à ce jeu le récit Une soule à Stival, publié en 1835 dans Les derniers Bretons.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Pontivy s’inscrit dans le grand circuit textile breton. Le quadrilatère Saint-Brieuc – Corlay – Pontivy – Moncontour produit des toiles dites « de Bretagne », exportées vers l’Espagne et ses colonies sous le nom de bretanas, quintines ou pondivi. Ces toiles transitent principalement par Cadix, où sont établis des marchands français, notamment malouins, comme les familles Magon, de la Haye et Éon. L’essor textile entraîne la construction de nombreuses églises paroissiales, dont la plupart seront reconstruites au XIXe siècle.

Patrimoine religieux de Pontivy

La structure urbaine de Pontivy reflète une organisation fréquente dans les villes bretonnes nées au Moyen Âge: un château seigneurial, une église dédiée à un saint fondateur, une enceinte urbaine et, dans les faubourgs, des fondations monastiques. Au sein de cette trame, la ville rassemble un patrimoine bâti dense, avec quatre-vingt-dix-huit édifices recensés sur la base Mérimée, dont dix-huit monuments historiques. Le centre-ville conserve de nombreuses maisons à colombages des époques médiévale et Renaissance, principalement situées place du Martray et dans les rues du Fil et du Pont.

L’église Saint-Mériadec de Stival, dédiée au saint patron de la ville, conserve des retables et des voûtes peintes qui figurent parmi les ensembles religieux importants de la commune. La chapelle Saint-Ivy de la Congrégation, qui porte le nom du saint éponyme de Pontivy, abrite une représentation traditionnelle du saint, attestée par des cartes postales du début du XXe siècle.

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Population

14.774 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
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