Pornic
Histoire de Pornic
Pornic est une commune de 17 910 habitants située dans le département de Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire, au bord de la côte de Jade. Le nom de la ville est attesté sous la forme latinisée Castrum Porsniti, puis Pornit en 1130, Porsnith en 1187 et de Pornidio vers 1330; la graphie Pornic se rencontre dès le XIVe siècle. L’abbaye Sainte-Marie de Pornic apparaît en latin médiéval sous diverses formes: Sancta Maria de Pornido, de Pornitio, de Pornidio ou de Porto Nitido. Cette dernière, qui peut se traduire par « port florissant » ou « port accueillant », constitue une étymologie populaire forgée par un scribe médiéval à partir de Pornit. Pornic se situe dans la zone de transition linguistique entre le gallo et le poitevin; en gallo, le nom peut s’écrire Porni ou Porniq selon les conventions ABCD et MOGA, ou Port-Nitz selon l’écriture ELG. L’étymologie du toponyme demeure débattue par les spécialistes.
La présence humaine sur le territoire est très ancienne, comme en témoignent les bifaces et la hache en pierre polie qui suggèrent une occupation remontant à plusieurs millénaires avant notre ère. Les mégalithes encore visibles, dont un important groupe de dolmens à couloir de type transeptés, attestent un peuplement néolithique dense; une partie de ce patrimoine a été recouverte par les eaux en raison des variations du niveau de la mer. À l’époque carolingienne, Pornic fait partie du comté d’Herbauges, qui regroupe militairement les paroisses du bas Poitou face aux invasions vikings. En 851, le traité d’Angers signé entre le roi de Bretagne Erispoë et le roi de France Charles le Chauve permet aux Bretons d’élargir leur territoire vers le pays nantais et le pays de Retz. Au Xe siècle, le duc de Bretagne Alain Barbe-Torte fait élever une forteresse dans la vallée de Pornic pour protéger la cité des incursions vikings; il n’en subsiste aujourd’hui que les noms de la rue de la Douve et du chemin des Remparts, ainsi que le relief de la butte du Calvaire. L’histoire de la ville est étroitement liée à celle de l’abbaye Sainte-Marie, à l’origine de la commune voisine de Sainte-Marie-sur-Mer.
Pendant la Révolution française, une part importante des Pornicais soutient la République. Le 27 mars 1793, la garde nationale, conduite par le curé du Clion, sort de la ville pour aller chercher du blé; les troupes royalistes en profitent pour s’emparer de la place, mais leur ivresse permet aux républicains de la reconquérir le jour même. Charette s’empare ensuite de la ville, qu’il pille et incendie partiellement, avant d’évacuer devant la menace du général républicain Beysser. Au XIXe siècle, l’essor de Pornic comme station balnéaire est consacré par l’arrivée du chemin de fer en 1875 avec l’inauguration de la ligne Nantes – Sainte-Pazanne – Pornic, et par l’ouverture en 1853 de l’un des premiers casinos de France, cinquième après Dieppe, Boulogne-sur-Mer, Saint-Malo et Trouville. La ligne de Pornic à Paimbœuf, inaugurée en 1906, dessert les lieux de villégiature de la côte de Jade jusqu’en 1939. La ville accueille à cette époque de nombreux écrivains, parmi lesquels Gustave Flaubert, Paul Léautaud, Michelet, Robert Browning ou Julien Gracq, ainsi que des peintres comme Auguste Renoir, Henri Lebasque, Armand Guillaumin, Gustave Loiseau ou Max Ernst. Pornic est aussi le port d’attache du Saint-Philibert, vapeur construit en 1926 par les ateliers Dubigeon et coulé le 14 juin 1931 dans la baie de Bourgneuf, faisant près de cinq cents victimes. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le RMS Lancastria est coulé par l’aviation allemande le 17 juin 1940 et une partie des disparus est inhumée dans le cimetière anglais de Pornic; la ville est occupée par la Wehrmacht le 26 juin et le restera jusqu’en mai 1945, soit neuf mois de plus que la majeure partie de l’ouest de la France.
Patrimoine religieux
Pornic a adhéré à la charte Ya d’ar brezhoneg, votée par le conseil municipal, devenant la première commune de Haute-Bretagne à signer cette charte de promotion de la langue bretonne. Au-delà de ses dolmens à couloir de type transeptés, parmi lesquels les tumulus des Mousseaux, du Moulin de la Motte et des Hautes-Folies, ou les dolmens de la Joselière et du Pré d’Air, qui ont donné leur nom à la typologie Pornic-Notgrove, la commune conserve un patrimoine bâti notable. Le château des Brefs, édifié à l’origine en bois sur l’ancienne commune du Clion-sur-Mer pour servir de maison de quarantaine au port de Prigny, fut reconstruit en pierre, propriété des princes de Condé, puis rasé sous Louis XV avant d’être remplacé par un château de plaisance de style Louis XIII, restauré au XIXe siècle dans le style clissonais. Au siècle suivant, le château est modifié et agrandi, partiellement détruit pendant les guerres de Vendée, et menace de tomber en ruine; au XIXe siècle, il est acquis par la famille Bocandé, dont Stanislas Louis Xavier Bocandé fut maire de Pornic au milieu du siècle. Yvonne Dorigny, fille de Léon et Thérèse Bocandé, épousera plus tard Raymond Gallimard, frère et associé de l’éditeur parisien Gaston Gallimard. La présence dans la commune de l’abbaye Sainte-Marie, à l’origine de la commune voisine de Sainte-Marie-sur-Mer, témoigne quant à elle de l’ancienneté de l’organisation ecclésiastique locale, et les nombreuses paroisses de la côte de Jade rappellent l’importance de l’encadrement religieux dans une région marquée par la pêche, le commerce maritime et, plus tard, le tourisme balnéaire.