Pornichet
Histoire de Pornichet
Pornichet est une commune littorale de Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire, qui compte 12 121 habitants. Le nom de la localité est attesté dès 1380 et se maintient sans variation notable durant tout le XVe siècle, notamment dans des actes datés de 1444, 1457, 1466, 1468, 1478 et 1479. Les toponymistes interprètent Pornichet comme un diminutif en -et formé sur Pornic, port situé sur la rive opposée de l’estuaire de la Loire, selon un procédé courant de derivation toponymique que l’on retrouve par exemple entre Veules-les-Roses et Veulettes en Seine-Maritime. L’explication populaire qui rattache le nom à l’expression port abrité n’est pas validée par les linguistes, la graphie -et notée systématiquement dans les formes anciennes contredisant cette hypothèse.
Jusqu’à la creation de la commune en 1900, Pornichet n’était qu’un quartier partagé entre Saint-Nazaire et Escoublac, séparés par un étier qui serpentait entre les dunes de la baie du Pouliguen et la pointe du Bé. Les traces d’occupation humaine sont anciennes: une fabrique d’hameçons en silex a été retrouvée sur la falaise de Congrigoux, et la pointe du Bé conserve des vestiges gallo-romains liés à l’exploitation du sel. Pendant des siècles, la pêche et le commerce du sel constituent les activités principales du hameau, les gabarres empruntant l’étier pour rejoindre les salines situées au niveau de l’actuel hippodrome. Au milieu du XIXe siècle, le village comptait encore une soixantaine de paludiers travaillant les marais à l’est des dunes d’Escoublac.
Au milieu du XIXe siècle, l’exploitation et le commerce du sel demeuraient l’activité principale du village, qui comptait une soixantaine de paludiers. Les marais occupaient un vaste périmètre à l’est des dunes d’Escoublac. Bien qu’un décret de 1810 ait recommandé la fixation des dunes dans les départements maritimes, il fallut attendre 1845 et le rachat des dunes d’Escoublac et de Pornichet par Jacques-Yves Berthault, négociant nantais et créateur de la Société des Dunes, pour que débute la plantation des pins destinée à immobiliser les sables. Pornichet dut alors faire face à plusieurs défis: son sel se trouvait concurrencé par la production croissante des salins du Midi, et les salines furent progressivement abandonnées; le port et l’étier, mal drainés, s’ensablaient progressivement. Pour mettre fin à l’isolement de Pornichet, Saint-Nazaire créa en 1854 un chemin entre les deux villes et construisit un pont sur l’étier en 1855.
L’histoire de la commune bascule avec l’arrivée du chemin de fer à Saint-Nazaire en 1857. Dès 1860, des villas s’élèvent le long de la baie du Pouliguen, accessible alors uniquement par véhicules hippomobiles. Le président des journalistes français y fait construire sa résidence baptisée Les Algues, ouvrant la voie à de nombreux propriétaires, parmi lesquels des libraires et des éditeurs qui donneront son nom à la plage des Libraires. En 1870, Jacques-Yves Berthault revend sous forme de lotissements les dunes acquises en 1845. La gare de Pornichet est ouverte en 1879 et le Grand Hôtel de l’Océan, du Casino et du Golf, lieu d’un premier casino à Pornichet, est inauguré en 1882. En 1886, Pornichet compte plusieurs centaines d’habitants l’hiver et près de plusieurs milliers l’été. Le premier bureau de poste est installé dans ce qui était jusque-là la casemate des douaniers. Les marais salants laissés à l’abandon sont remblayés, ainsi que l’étier, les travaux étant achevés en 1899. La commune autonome de Pornichet est créée par décret en 1900.
Patrimoine religieux
Le patrimoine architectural pornichetin reflète l’essor balnéaire de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. La villa Ker Souveraine, datant de 1925, dite aussi villa Rose ou villa des Sirènes, est édifiée boulevard des Océanides dans un style néoclassique italien par les architectes Georges Vachon, qui en assura les plans et la construction, et Adrien Grave, responsable de la décoration intérieure; sa façade ornée de quatre sirènes lui a valu une inscription au titre des monuments historiques. La villa l’Orientale, attribuée à Antonin Viale en 1909, présente une inspiration mauresque avec deux façades identiques; destinée à une famille de retour des Indes, elle aurait été commandée par une femme entretenue. Détruite par deux incendies, elle a été réhabilitée à l’identique en 1995 par le maître d’œuvre Jean-Pierre Mayas, à l’exception d’un petit minaret juché sur le toit et des vitraux, jugés trop coûteux à reconstituer. Le château des Tourelles, situé sur l’avenue Léon-Dubas et construit en 1830 pour le baron Wanters, aristocrate d’origine belge, doit son surnom aux éléments d’architecture inspirés du style médiéval; bâti en granit, il fut cédé à Louis Flornoy, négociant et armateur, dont le fils le revendit, puis acquis dans les années 1930 par la mairie du IIe arrondissement de Paris qui en fit une colonie de vacances. Depuis 2013, il abrite un établissement de thalassothérapie quatre étoiles du Groupe Phélippeau. La villa Ar Bann a été construite vers 1880 par l’architecte Henri Van den Broucke pour le physicien Henri Becquerel. La villa Sigurd, du nom de l’opéra dans lequel son premier propriétaire Henri Sellier triompha, fut élevée en 1888 et accueillit l’actrice Sarah Bernhardt et le compositeur Ernest Reyer.